Choisir sa formation. En présentiel ? À distance ?

Présentiel, totalement ou partiellement à distance… si le choix se présente, quelle formule vous conviendra ? Voyons ce qui caractérise les 3 types de dispositifs.

I. Les formations en présentiel

Elles permettent de regrouper les apprenants dans un même lieu, sur un même temps. Formule canonique, elles restent les plus proposées dans les différentes instances d’enseignement et de formation.

1.1) Un cocooning motivant

Ces dispositifs, en face à face, permettent une continuité de mœurs et d’habitudes acquises au cours de la scolarité : les relations et les explications sont directes, immédiates, en salle, avec des équipements familiers.

Le sentiment de faire groupe, d’appartenir à un collectif “réel”peut produire l’effet d’entraînement, boosté par l’échange sans filtre avec les formateurs.

« Ancestrale », la formule joue aussi la carte de l’innovation, avec des pratiques pédagogiques connectées au 21è siècle (travail collaboratif, à distance, classe inversée, scénarios pédagogiques, plateforme pour archiver les cours… ).

2.1) Cela dit…

Une formation en présentiel est aussi un espace social contrôlé, avec son règlement intérieur, ses horaires, ses us et coutumes. Cette rigidité peut donc aussi freiner l’investissement personnel. Les jeux d’influence du groupe, des leaders… peuvent aussi grever les apprentissages. De plus, l’enseignement magistral reste très répandu. L’usage du numérique nécessite des compétences spécifiques ; elles sont plus ou moins présentes dans les viviers de formateurs et d’enseignants en poste.

II. Le tout-à-distance

Le formateur et les apprenants ne sont pas réunis physiquement. Les contacts se font par l’intermédiaire d’Internet. Les MOOC et formations des universités d’entreprise en sont des exemples. Les contenus de la formation sont mis à disposition régulièrement sous forme de vidéos et/ou de fichiers. Des activités et évaluations formatives et évaluatives sont programmées.

2.1) Des avantages certains…

Souplesse et liberté

Pas de regroupement, pas de pénalisation pour absence, libre gestion du temps ... l’offre peut séduire les plus contraints par leur profession ou leur vie privée. La liberté est le maître-mot : où je veux, quand je veux, ce que je veux (ou presque) grâce à l’accès permanent aux ressources, au tutorat proposé et aux formules à la carte parfois proposées.

Pour apprendre ou réviser ensemble, les groupes de travail se forment de façon informelle. Le sentiment d’appartenir à une communauté est bel et bien possible.

Les plus timides, sécurisés, décomplexés par l’absence de contacts réels, peuvent clavarder ou participer aux activités avec plus d’audace.

Autonomie intellectuelle renforcée

S’astreindre des créneaux de travail, choisir une stratégie d’apprentissage, repérer seul les données pertinentes au cœur des ressources à disposition, identifier ses difficultés, interpeller le formateur à bon escient, garder la motivation tout au long de la formation… d’une manière globale, la formation à distance permet de développer des compétences transversales telles la métacognition, la gestion de l’autonomie.

Culture numérique

Innovant, l’apprentissage en ligne donne par ailleurs aux apprenants le sentiment de participer à un phénomène moderne, qui permet d’utiliser, de développer et de faire valoir des compétences numériques.

Compétences collaboratives augmentées

Les activités individuelles sont parfois couplées avec des travaux coopératifs à distance. Ceux-là nécessitent de surmonter les distances spatiales, temporelles et parfois cognitives et/ou linguistiques qui séparent les différents apprenants. Parce que les interactions sont virtuelles et/ou asynchrones, les activités collectives développent des capacités de négociations, de compromis, d’empathie, d’écoute active. Le conflit socio-cognitif, (insufflé par le « groupe classe » en présentiel) est donc possible en formation à distance. Il est même d’une qualité supérieure vu l’absence de face à face facilitant.

2.2) Cela dit…

Génération “papier crayon” s’abstenir

Le tout à distance ne peut pas convenir à chacun. Il est plutôt conçu pour la génération “mulot” : pour apprendre, il faut communiquer en ligne, être à l’aise avec les logiciels préconisés, parfois très variés, surmonter les problèmes techniques…

Taux d’abandons élevés

Le taux très élevé des abandons aux formations MOOC en atteste : travailler seul ne va pas de soi. Sans feed-back immédiat du formateur, il est complexe pour certains d’identifier ou d’exprimer les obstacles rencontrés. L’absence de face à face, de langage non verbal, de régulation immédiate peut générer un sentiment d’isolement et grever la motivation.

Loin des yeux…

La distance complexifie la gestion du travail collaboratif ; en cas de désaccord ou de conflit, il est compliqué de régler les problèmes relationnels et de s’exprimer par chat ou mail.

III. Les formations hybrides (ou blended learning)

Ces formations mixent les sessions de présentiel et l’enseignement à distance. Loin d’avoir siphonné les effectifs des formations traditionnelles, les formations hybrides permettent de diversifier l’offre de formation disponible.

3.1) Les plus-values du mixte

Plus souple que le 100% présentiel

L’accès asynchrone et illimité aux supports pédagogiques, aux capsules (cours vidéo) en ligne, consultables aisément depuis tout poste informatique, réduit la pression générée par l’exigence d’une présence physique aux cours.

En fonction des organismes de formation, l’absence aux classes virtuelles est tolérée, voire admise, contrairement aux formations “tout présentiel”, peu souples et souvent peu compatibles avec les agendas familiaux et professionnels.

Le collaboratif et les classes virtuelles pour booster les intersessions

Travaux de groupes, hangout, classes virtuelles sont des leviers pour éviter l’effet d’esseulement et la démotivation entre 2 sessions de présentiels.

L’innovation dans les apprentissages

Novateur, le concept des classes virtuelles est conjugué avec le travail à distance (individuel ou collaboratif). Ils permettent de développer des compétences numériques et d’autres stratégies d’apprentissage, qui rendent proactif.

Soft skills

Comme pour le tout-à-distance, entrer dans un dispositif mixte développe des compétences relationnelles spécifiques, pour interpeller et interagir à distance en bonne intelligence (en prévision du regroupement suivant…).

3.2) Démotivation et blocages au coin du bois

Des compétences numériques sinon rien

Comme les dispositifs e-learning (100% à distance), les formations mixtes nécessitent des compétences numériques. Elles excluent ou désavantagent nombre de candidats si elles ne prévoient pas de modules de formation aux outils et logiciels utilisés.

Le tutorat, vital malgré les regroupements

Si elle n’est pas compensée par une réelle proximité tuteurale, la distance peut mener au découragement et à la frustration : les moins motivés ou les plus en difficulté se découragent entre 2 sessions de regroupement. L’autoformation est une illusion, même et surtout en formation hybride ou à distance : les formateurs et les pairs sont nécessaires.

In fine

En présentiel, hybride, à distance… l’offre de formation est plurielle. Les trois formules sont d’emblée entrées dans la logique du numérique. Elles composent avec le « réflexe Internet » des apprenants. Chacune porte en son sein ses avantages et ses limites. Toutefois, plus la distance s’inscrit dans l’ADN du cursus, plus fort résonne le principe de l’apprenance (ou faculté d’apprendre) .

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