Chasses amoureuses : trapper l’humain dans son habitat naturel

Par Camylle Gauthier-Trépanier

Depuis un moment déjà, j’avais envie de lire l’ouvrage de Mia Caron, en particulier pour la collaboration avec Bach dont j’aime beaucoup le travail. C’est donc avec excitation, mais sans trop savoir à quoi m’attendre que j’ai ouvert Chasses amoureuses : trapper l’humain dans son habitat naturel. L’ouvrage regroupe 69 courtes histoires axées sur le thème de la rencontre amoureuse. L’auteure y explique en avant-propos que le projet est né de son propre désir d’aller davantage à la rencontre des gens plutôt que de se cacher derrière son écran.

Chaque histoire au titre ludique présente donc la rencontre de deux personnages, l’un visiblement intéressé par une personne se trouvant au même endroit. Que ce soit au parc, au dépanneur, au cours de cuisine ou pendant un pique-nique, le tout c’est d’oser faire un premier pas, aussi simple soit-il. Les courts récits s’adressent donc directement au timide lecteur pour lui suggérer une façon d’aborder le beau ou la belle qui a attiré son regard. L’auteur montre qu’il y a toujours une façon d’aborder quelqu’un, que ce soit en se renseignant sur le quartier ou sous prétexte d’envoyer une recette par courriel, mais surtout qu’il n’y a rien à perdre à essayer Caron s’adresse aux lecteurs grâce à des conseils pratiques et des « trucs de pro ». Ce faisant, elle ne nomme qu’un des personnages de chaque histoire et seules les illustrations de Bach permettent de mettre un visage sur ces hommes ou ces femmes à la recherche de l’amour. Quelques aventures mettent en scène des couples homosexuels hommes et femmes. Il y en a peu, mais elles apportent une touche de diversité à ces courtes histoires romantiques.

Les illustrations toutes en turquoise et noir sont épurées, mais dynamiques. Elles contribuent au ton léger des récits, lesquels sont composés de quelques phrases qui riment et de jeux de mots plutôt ludiques. Le texte, dans les mêmes tons de turquoise et souvent sans phylactères, est intégré directement aux illustrations, les bonifiant de sorte que le tout reste bref, mais tout à fait vivant. La gamme d’émotions des différents personnages est bien représentée par Bach qui excelle ici à décliner toute sorte de personnages charmants, des plus dynamiques aux plus casaniers. Le tout coule bien et se lit donc rapidement même si le format se prête mieux à une lecture périodique.

Un seul de ces courts récits se solde par un échec. Comme le dit si bien l’auteur : « Ne pas se décourager et cultiver la persévérance! » (p. 109) Je l’avoue, j’aurais préféré retrouver dans cette bande dessinée un peu plus de tentatives d’approche ratées. L’auteure et l’illustratrice semblant toutes deux maîtriser l’humour, un peu plus de ce côté désopilant m’aurait bien plu.

Chasses amoureuses : trapper l’humain dans son habitat naturel se révèle l’aboutissement d’une collaboration très intéressante entre Mia Caron et Bach (que j’aimerais bien voir se renouveler). Un petit baume au cœur pour les cyniques et un bon moment pour tous les autres. À lire à petites doses et à garder à son chevet pour retrouver le sourire pendant les moins bons jours.

Bibliographie
Chasses amoureuses : trapper l’humain dans son habitat naturel
Mia Caron, illustré par Bach
Parfum d’encre
2016
141 pages


Originally published at larecrue.org on February 15, 2017.

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