Economie circulaire et aménagement urbains : relever le défi des chantiers exemplaires :

Mardi 06 septembre 2016, 14 : 30 , Salon d’honneur

Quatre intervenants et quatre parcours pour faire le tour de l’économie circulaire. : Raphaël MASVINGER, le voyageur et co-fondateur de circul’R, Christophe DUMAS, l’industriel, directeur matériaux à EUROVIA, Timothée BOITOUZET, l’architecte et fondateur de WOODOO et enfin Christophe DUMAS, Directeur de l’innovation à SOGEPROM filiale de la société générale sont réunis autour de la modératrice de la session, Pia Leficher ,déléguée générale de C2C Community. Elle introduit la discussion en rappelant quelques éléments structurants sur le sujet: « Dans le secteur du BTP, l’ADEME répertorie 250 millions de tonnes de déchets produits par an représentant 70% du total tandis que d’ici 2050, 75% de la population habitera en ville. si le problème apparaît comme insoluble, l’économie circulaire apparaît comme une solution. »

« Le craddle to craddle » ou « éco conception »

François Michel LAMBERT, président de l’institut de l’économie circulaire interviewé dans une vidéo projetée par le représentant d’EUROVIA, explique : « Le carddle to craddle est un modèle de développement qui se focalise sur la ressource: quand on régénère de la matière venant du BTP, on ne trouve pas que de la matière qui peut faire du granula, on peut aussi trouver du métal transformable en lingots, du bois pour construire des meubles, du plastique ou encore des poussières qui peuvent servir dans le ciment. Le modèle se propose de sortir de l’économie du gaspillage, pour entrer dans celle de l’intelligence collective. »

Un modèle qui commence à faire son chemin dans l’immobilier. Christophe Dumas, promoteur, l’affirme: « Dès la conception, nous essayons d’anticiper sur la façon dont les matériaux pourraient être réutilisés. Mais sur ce dossier, il nous faut davantage collaborer avec les les industriels car ce sont eux les donneurs d’ordre. .»

Timothée BOITOUZET, l’architecte intervient pour sa part sur l’utilisation du numérique également présent dans le bâtiment : « Les outils à notre disposition sont aujourd’hui de plus en plus performants. IL existe « Upcycléa » pour la traçabilité des matériaux ou encore « BIM », un logiciel qui permet d’accéder à une grande variété d’informations, notamment grâce à une maquette numérique de gestions des chantiers. . »

Si l’intérêt pour l’économie circulaire va croissant, les intervenants identifient en conclusion une difficulté majeure pour le déploiement des bons gestes à grande échelle. La réglementation.

Deux matériaux visionnaires pour l’objectif 3 zéros :

Le bois est un matériau extraordinaire car il permet de capter le C02 mais il a une résistance limitée. La découverte du bois translucide de Timothée BIZOUTET va permettre de rendre cette matière résistante. Toutes les essences peuvent être utilisées ce qui multiplie les possibilités. Le projet est en cours et les premiers prototypes vont se créer dans quelques mois.

Le bambou, comme l’explique Raphaël MASVINGER. Globe-trotter, il a voyagé à travers le monde pour découvrir les acteurs de l’économie circulaire « Bali green school est une école construite dans la jungle avec des matériaux 100% naturels.Ce projet est né en 2008 et s’étale maintenant sur 4 hectares. La construction est faite essentiellement en bambou. Ses propriétés sont fantastiques : économique, extrêmement solides et flexibles, il peut pousser partout et régénère très facilement. 3 ans après sa plantation on peut l’utiliser contrairement au bois où il faut attendre entre 20 et 50 ans. Enfin les forêts de bambous captent 30% de gaz à effet de serre de plus que les forêts normales.»