Workshop: Construire des territoires zéro déforestation : des filières responsables vers une approche territoriale

Forum convergences Lundi 5 septembre 2016, 15:00, Salle des engrenages

Le constat est alarmant, et il est rappelé par l’organisation Transition, co-organisateur de ce Workshop: « Entre 1990 et 2015, la planète a perdu 129 millions d’hectares de forêt! » Il y a urgence à trouver des solutions contre une déforestation intensive et parvenir à un business model durable. C’est évidemment l’objet de ce workshop, réunissant des acteurs clés du secteur mais aussi toutes celles et ceux désirant participer à l’élaboration de réponses durables, respectueuses des équilibres locaux.

Autour de trois personnalités -Bruno REBELLE, directeur général de Transitions, Joane HUSSON, Directrice de la communication de FERRERO et enfin Céline SCHNEIDER, directrice pour une politique européenne des filières durables, sont réunies des représentants d’ONG tels que Planète Amazone, Green Peace ou encore Man&Nature, des représentants politiques tels que Widya Sadnovic, premier secrétaire à l’ambassade de la République d’Indonésie en France ou encore des représentants d’entreprises comme Nestlé ou Carrefour.

onçu comme un catalyseur d’intelligence collective, le workshop invite les participants à se répartir dans cinq groupes de travail:

Indonésie, Afrique centrale, Brésil, évaluation des risques et enfin des modèles économiques responsables. L’organisation des groupes est laissée au choix des participants -post-it, paper-boards — mais la consigne est claire et c’est la même pour tout le monde:

faire émerger une feuille de route des engagements prioritaires pour répondre aux objectifs : « Zéro déforestation » à la fin de la journée.

Deux temps pour l’exercice. D’abord mettre la focale et identifier les pressions

empêchant la mise en oeuvre d’une stratégie durable. Puis travailler à la recherche de solutions.

Quelques morceaux choisis de choses entendues ça et là, en naviguant entre les tables.

Concernant les freins à la réduction de la déforestation :

Ont été évoqué le manque de volonté politique, de ressources ou de techniques dans le groupe d’Afrique centrale. Il a été aussi question du manque d’information des consommateurs sur les problématiques de la déforestation qui pourrait faire peser une pression plus importante sur les industries responsables de la déforestation.

Mais la difficulté des ONG à communiquer entre elles et à s’entendre sur une définition commune de « Landscape approach » ou l’approche par l’environnement, n’est pas chose facile. « Il nous faut reconnaître que nos modes de fonctionnements passés n’ont pas abouti à un résultat satisfaisant, et que l’on doit donc travailler autrement en s’adaptant aux exigences territoriales » explique le porte parole du groupe de travail Indonésie.

Les pistes de solutions d’un public multi-acteur :

L’une des solutions évoquées serait de rejoindre l’alliance française pour une huile de palme durable qui possède un réseau professionnel multi acteurs qui permet de les impliquer tous dans le processus de changement qu’ils soient producteurs, entreprises, gouvernements, ONG. Comme le souligne Bruno REBELLE : « Personne individuellement a la solution, c’est ensemble qu’on peut y arriver en échangeant avec tous les acteurs pour trouver une solution commune. »

D’autres propositions ont été partagées durant la restitution finale du workshop, on peut en citer quelques-unes :

Adapter la stratégie à la dynamique locale est l’une des solutions les plus entendus durant cette après-midi.

Une traçabilité des produits et sa transparence utilisant de l’huile de palme sont des conditions sinéquanones pour tendre vers un objectif zéro déforestation.

A la fin de cette séance de plus de 2h de réflexion commune, les réponses à la question « Est-ce que ce workshop a répondu à vos attentes ? » soulèvent quelques espoirs pour l’avenir. Laura Barreira, Asia Pulp et Paper : « Oui, cela m’a permit de connaître d’autres perspectives de changements que je ne connaissais pas. Les relations qu’on a pu se faire fut très enrichissantes. J’encourage les acteurs voulant s’engager dans le processus anti-déforestation d’adopter le « landscape approach » nous l’avons appliqué depuis maintenant 3ans et on observe déjà les impacts positifs. »

Malgré que l’objectif “Zéro déforestation” ne soit pas encore réalisable avant au moins 2030, le message de cette demi-journée reste clair: “ Agir ensemble , en collaboration avec et pour les acteurs liés de près ou de loin à la problématique de la déforestation.”

Le prochain rendez-vous à ne pas rater en 2017 : l’assemblée rassemblant tous les peuples indigènes en Amazonie avec notamment la participation de « Planète Amazone » pour faire un point sur les résultats des 17 propositions faites à François Hollande, président de la république française et Ban Ki Moon,secrétaire général des Nations Unies, concernant l’implication et la collaboration des populations locales dans les fonctionnements des grandes entreprises responsables de la déforestation sur le territoire des indigènes.

[1] Un workshop est un mot anglais qui désigne un atelier axé sur un thème de travail au sein d’un congrès ou d’un salon professionnel. La présence du suffixe -shop induit en erreur et peut faire penser à un commerce.