Mon père, ce fléau.

Ca y est Papa est parti. #Penséesd’uneadulteabandonnéequis’adressentauxautresadultesabandonnésquiauronteuletempsdesepenchersurcetexte.

(à écouter avec :https://www.youtube.com/watch?v=eu0KsZ_MVBc )

Stromae le dit lui même : “où es-tu Papa ? où es-tu caché ?”

Mon père est parti dans des conditions originales, parfumées au café (il sentait le café il en buvait tout le temps) et la clope (il fumait énormément), sur une mélodie de guitare folk (parce qu’il en jouait divinement bien).

Vous aussi, j’en suis sûre, avez de quoi caractériser ce père qui n’est plus ou pas. Sans doute gardez vous un souvenir positif ou non, mais vous êtes amenés à le qualifier, dans tous les cas.

Et oui, la fuite du père ce n’est pas banal, et ce n’est pas chose aisée de grandir sans figure paternelle. Qu’il parte physiquement ou qu’il abandonne son rôle, tel un mâle dominant qui, après avoir assuré sa fonction d’homme reproducteur prend la fuite en forêt comme un cerf courant au vent, abandonnant sa progéniture à la mère protectrice: quel fléau.

Il est plus facile pour un père d’avoir un fils que pour un enfant d’avoir un bon père. Jean XXIII.

QU’ADVIENT-IL DE CE FAON SANS REPÈRE ASSISTANT AU DÉPART DE SON PÈRE ? #bambi #criducoeur #❤

J’ai constaté auprès de celles et ceux (et moi-même) qui subissaient cette fuite malfaisante qu’ils devenaient un peu control-freak, tellement flippés de leur abandon qu’ils essayaient de garder la tête froide avec une objectivité constante et une froideur du sentiment (je ne nie pas le bon fond de tout ça, mais bon dieu que ça pompe l’air de ceux qui nous entourent).

Manque plus que ta maman soit elle aussi traumatisée de l’abandon, passionnée du ménage, de l’aseptisation constante de sa personne, de toi et de son environnement, pour que tu deviennes toi aussi, toujours plus dans le contrôle constant de toi même. Ne laissant rien transparaître, ne laissant rien apparaître, répondant «mais oui ça va SUPER !» quand on te demande comment tu te sens, alors qu’au fond de toi ça bouillonne de rage et de souffrance lorsque tu ressens qu’on t’abandonne à nouveau… ah, l’ego.

La vérité c’est que l’enfant au fond de toi souffre, en silence, et manifeste son existence lors de moment clefs. #crisedangoisse

Chaque situation difficile à gérer émotionnellement devient un obstacle insurmontable et étrangement, ce n’est pas (voire jamais) ta faute: tu as mal, du coup tu fais des choix de merde et tu accables les autres de ces mauvais choix alors que tu pouvais juste ne pas les faire, sacripant.

De plus, ton côté passionné du contrôle est là pour te faire passer pour quelqu’un de parfait, d’irréprochable : tu as une réponse à tout, un avis sur tout, tu as limite tout vécu comme si tu avais l’âge d’un séquoia, avalé une boîte entière de “Moraline” (la “Moraline” est un médicament imaginaire inventé de toutes pièces par mon Ex -et dont l’appellation me fait encore sourire- avec comme composants principaux des leçons de moral et des jugements de valeurs, aux effets secondaires qui lui prenaient bien la tête).

Je parle en tant que fille et jeune femme en devenir à l’aube de ses 25 Printemps, et je sais que mon père, ce fléau c’était transformé en mon Ex, ce héros.

Il était devenu par extension ma seule référence masculine de confiance. Par conséquent, je lui en ai fait baver grave comme un poney délivré de ses rênes qui part en ruade lorsqu’on cesse de le laisser dormir debout dans son box: émotionnellement incontrôlable.

(Ceci lui vaudra un autre article, c’est nécessaire, sachant que je suis restée 7 ans 1/2 avec, que je le connais depuis mes 15 ans et que je suis certaine que cela va encore toucher certains d’entre vous).


Montrez moi ce père que je ne saurai voir.

Forcément, cette figure paternelle tant fragilisée par les frasques houleuses d’un Papa en fuite (face à son propre devoir hein, on s’entend bien) ne fait que trouver son exaltation à travers le transfert qu’on en fait sur les hommes de nos vies. Et là, ça devient flippant.

Il faut l’assumer et surtout travailler sur ce point en vieillissant, sous peine de vraiment devenir barge, prêt à demander de l’affection tel un mendiant du cœur à toute personne susceptible de remplir ce rôle: “donne moi, aime moi, hein dis, s’il te plaît, donne moi cette affection que je n’ai pas, donne moi ces repères que j’ignore dans ma vie, s’il te plaîîîît ?!”, quitte à multiplier les partenaires sexuel(le)s pour nourrir ton petit Ego qui dit “miamiam” (clique là pour en savoir plus). #creepyvoiceactivated

Mentors à la rescousse ?

Sincèrement, je connais des gens tellement désespérés (allez j’avoue, moi compris) de ne pas avoir eu de papa qu’ils ont fini par en voir partout: le professeur de philosophie ouvert sur le monde, le grand frère protecteur, le petit ami rassurant en tout point, le grand père aimant, le meilleur pote a qui on dit “amen” à tout, la bande d’amis “meutes de loups” où l’on se sent plus forts et rois du (de son propre) monde … tout ça pour contrecarrer cette perte douloureuse de (re)père(s) et qui, tapis dans l’ombre, attend que tu grandisses de plus en plus pour surgir dans un nuage de fumée grandissant et sombre, prêt à te pousser contre le mur violent des responsabilités de ta jeune vie d’adulte.

Le père qui n’enseigne pas ses devoirs à son fils est autant coupable que ce dernier s’il les néglige. Confucius.

Les femmes, championnes du double rôle ?

Eh oui mesdames, c’est encore à nous que revient la palme du courage. ( /!\ je préviens, je reconnais totalement le fait que beaucoup d’hommes ont du courage, aussi).

Imaginez qu’après avoir perdu toute notion de dignité avec notre vagin post-grossesse -devenu aussi flasque et déformé qu’un bout de Leerdamer en fin de carrière dans le fond du frigo- nous avons encore la capacité d’éduquer les enfants sortis par voie basse de ce salaud de cerf en rûte qui nous a servi de progéniteur.

Et là je dis “clap clap”, “applause”, “well done and dance, bitches”. Seriously, you deserve it.

Je dis cela vu que nous sommes en capacité d’assumer ces deux rôles terribles, tel un hippocampe mâle qui donne naissance à une centaine de bébépocampes ou un escargot femelle se transformant en mâle pour assurer la survie de sa race. Nous sommes des génies dont la double casquette père/mère fait de nous des warriors de folie.

Dieu merci nous ne sommes pas les seules, saluons par ailleurs le courage de tous ces frères et soeurs aînés qui ont osés assumer ce rôle parental eux aussi, ces petits copains aimants qui nous ont donné la chance d’être enfin aimées et comprises, cet oncle fou qui a réussi à t’emmener au cinéma profiter de la sortie de ce nouveau dessin animé que tu voulais voir, ce grand père givré qui t’a expliqué des détails croustillants de sa vie sexuelle passée, ce meilleur ami qui est devenu ton pilier masculin, et ce père qui, parfois, a réussi à être un père pour toi, quand même (même si ça a été difficile, complexe et admissible sur le tard dans ta petite tête de control-freak pleine d’ego #toimemetusais).

La sincérité aura raison de tous nos maux, je vous assure. Que mes mots, eux, les soulagent : si ce texte a pu être un petit miroir vous confrontant à votre propre réalité, sachez que je suis derrière avec un grand sourire et que je vous prouve que vous n’êtes pas seuls.

Ne l’oubliez pas. Cheers !