A Paris, une marche contre le SIDA éminemment politique.

Jeudi 1er décembre, à l’occasion de la 29ème journée mondiale contre le SIDA, s’est déroulée à Paris une -courte- marche à l’initiative du collectif Act Up Paris, pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics à la lutte contre la maladie. Une marche sous le signe de l’amerturme et de revendications en cette année électorale. Malgré de nombreux soucis techniques, nous y étions, reportage.

A 18h, place de l’Hotel de Ville de Paris quelques 200 personnes s’étaient données rendez-vous pour faire entendre leur voix et rendre visible la lutte contre le SIDA. A cause du plan vigipirate et d’alertes attentat, le rassemblement avait été d’abord annulé, puis maintenu mais sous la forme d’un sitting. Au final, les militants ont obtenu la possibilité de réaliser un petit parcours (environ 1km) dans les rues du 4ème arrondissement. Mais la sécurité a été renforcée : à l’entrée du parvis de l’Hotel de Ville (point de départ de la marche), un barrage policier a été mis en place, occasionnant une longue queue.

En cette veille d’élection présidentielle, la manifestation à pris une tournure particulièrement politique, en témoigne la bagnière des organisateurs :

Avant le début de la marche, pendant près d’une heure dans le froid, les discours d’associations se sont multipliés pour alerter la foule sur la situation réservée aux séropositifs et aux populations à risques en France et dénnoncer le bilan de la Gauche tant à l’échelle nationale que municipale. Séropositifs, transgenres, prostitué(e)s… tous ont décriés devant un public conquis la faiblesse des moyens mis sur la prévention contre la maladie et l’accompagnement des malades, souvent marginalisés et poussés à la précarité.

Pour les personnes présentes ce soir-là, plusieurs thématiques : quelles réponses apporter à la censure de la campagne d’affichage ? Quels sont les enjeux que pose le programme très conservateur du candidat désigné à droite, François Fillon ?

campagne d’affichage pour la prévention de la maladie par l’utilisation du préservatif, censurée dans plusieurs mairie.

Sur place, presque autant de journalistes que de manifestants. Les millitants en profitent donc pour faire passer leur message. C’est le cas de Gérard, séropositif depuis 20 ans. Il regrette le manque de visivilité des malades, la trop faible politique de prévention à l’intention des jeunes ainsi que la carrence en structure d’acceuil. Cette marche est pour lui l’occasion de s’exprimer et d’être, il l’espère, entendu.

A l’initiative d’Act Up, plusieurs associations se sont rassemblées en petits groupes. Solidarité SIDA est elle aussi présente. Benjamin et Dino, millitent depuis 5 ans au sein de l’asso. Ils s’accordent avec le slogan de cette édition “Levons la main pour la prévention du VIH”. Ils en profitent pour rappeler des chiffres alarmants : 150 000 séropositif en France dont 25000 qui s’ignorent des données stables depuis 5ans, il n’y a plus de baisse observée et même une hausse chez les populations à risques. “C’est une urgence mondiale” rapellent-ils.

Aux alentours de 19h, la marche débute, très encadrée par un cordon de CRS. Le petit groupe multiplie alors les slogans.

Un aperçu de l’ambiance en vidéo :

Aux abords de la marche, les passants sont intrigués, mais soutiennent l’initiative. Une jeune fille, Marie, qui passait par là décide même, à leur passage, de rejoindre le cortège. “C’est fou qu’il y est si peu de monde. Je n’étais pas au courant de ce rassemblement, on n’en parle pas assez”.

Slogans, revendications, interpellations des pouvoirs publics…malgré le faible nombre, les assocaitions espèrent avoir été entendues et compte sur cette échéance électorale pour peser sur le débat et faire avancer la lutte contre le SIDA.

Chloé Berthod.