Participation en ligne : les effets secondaires.

Cela a commencé par un email à contact@nicecotedazur.org, une bouteille jetée à la mer au tout début de mon exploration française et de sa jungle administrative.

“Bonjour, je suis la co-fondatrice d’une startup civique. Nos valeurs ? Co-création et action. Je cherche ma collectivité pionnière en France. Mon aventurière. Celle qui se jettera avec moi dans cette aventure passionnante et semée d’embûches de la participation citoyenne. À qui puis-je parler ? — Chloé.” (Version légèrement romancée…)

Cette approche peut faire sourire. Mais ces mots tombent sur une assistante qui saisit l’opportunité et sait exactement où le faire passer. Je rencontre alors Nathalie : mes mots lui parlent, elle comprend l’enjeu, les gains et fonce. À la force de sa détermination et des alliés qui apparaissent en chemin, elle fait passer en quatre mois un concept presque jamais envisagé auparavant. Elle m’explique tout les méandres de l’administration et je l’outille comme je peux pour y parer.

A deux, on fait sauter les barrières, et on ouvre de nouvelles perspectives.

Et si les ambassadeurs de l’intelligence collective dans nos collectivités étaient surtout nos agents ?

Après la signature de notre partenariat, on travaille sur un terrain presque vierge et donc assez malléable : on définit les premières discussions qui prendront place, la communication qui les accompagneront, les attentes des uns et des autres.

Bilan quelques semaines après le lancement ?

La page Nice Côte d’Azur sur Civocracy, c’est presque 6000 visiteurs, 1200 inscrits, c’est trois discussions initiées par la Métropole et 60 contributions sur ces thématiques. C’est 240 idées citoyennes pour leur territoire et 5 discussions ouvertes par ses habitants.

Mais savez-vous quel est le meilleur d’une plateforme en ligne ? Ce que cela engendre sur le terrain et ce que j’appelle les “effets secondaires” : des rencontres entre des services qui ne se connaissaient pas, des événements où l’on croise les désirs citoyens et ceux qui pourraient les réaliser, des trublions qui pensent toujours parler pour les autres et (enfin) gardent le silence, des générations, des genres qui s’écoutent et se répondent.

À Lyon 4, ce sont des élus qui s’installent avec des ordinateurs dans les maisons de retraite pour recueillir des avis, des boîtes à idées installées dans des écoles par des élèves, des flyers déposés un par un par un agent dans les boîtes des habitants concernés.

Bien sur, tout n’est pas toujours tout rose : on a eu aussi des points d’exclamations mal placés, des “C’est nul”. On en a eu … trois exactement. Juste de quoi mettre de l’ambiance ?

Ce n’est pas fini.

Tout est encore à construire : il faut multiplier les expérimentations, et prendre les bonnes décisions suite à ces discussions, il faut savoir reconnaître quand on se trompe, il faut tester, itérer, persévérer. Il faut aller chercher ceux qui sont absents. On n’en est qu’au début, il reste de nombreux défis, beaucoup de surprises et d’effets secondaires inattendus.

On les attend !

Alors merci à vous : Nathalie, Véronique, Christophe, Camille, Faiza, Raphaël, Violaine, Matthieu, Loic et tous les autres.