Je suis coupable.

D’être une mère imparfaite.

CC0 Public Domain — Pixabay

Hier mon petit pirate était à l’hôpital. Et pas moi.

Quoi, toi sa mère tu ne l’as pas accompagné ?

Non je ne pouvais pas. Je n’avais aucun empêchement. Aucune excuse. C’est juste que je ne pouvais pas.
Depuis que mon grand pirate a été à l’hôpital pour la même opération (pose de yoyos et végétation), et que j’ai vu la goutte de sang sous sa narine, et assisté à son réveil grognon, mon estomac s’est vrillé.

Cette 1ère fois, il s’est tellement vrillé que j’ai fait un syndrome vagal (suis devenue toute blanche, jambes flagadas, envie de vomir, transpiration excessive, soif). Et que l’infirmière m’a engueulée :

Mais enfin quand même c’est votre fils qui sort du bloc, pas vous !

Oui ben justement. La chair de ma chair… et blablabla…

Depuis, c’est leur papa qui s’occupe de ce genre d’événements (il a autant d’amour et de câlins à donner que moi non ?). Pour la 2ème pose de yoyos de grand pirate, c’était papa encore. Pour celle de petit pirate, c’est papa. Il est parfait papa, il rigole, il joue à Piratatak (de Djeco, recommandé par les Voyageurs Immobiles de Lamure sur Azergues).

OK mon petit pirate, tu m’as dit que tu avais pleuré à l’hôpital quand tu t’es réveillé parce que tu voulais maman. Même pas parce que tu avais mal. Tant mieux que tu n’aies pas eu mal. 
Et reçois mes excuses pour mon absence. Je n’en étais pas capable. Moi je peux assurer le quotidien, me lever pour tes cauchemars, mais ça je n’ai pas réussi.

Pendant que tu te faisais opérer (pour que tu entendes mieux et que tu sois moins malade), j’écrivais mon article de la journée
Pendant que tu dors pour récupérer de ton opération, j’écris.

De toute façon, on en demande toujours trop à une maman. 
On doit faire ci. 
On doit faire ça.
As-tu pensé à ça ?
Ah parce que toi tu fais comme ça ? 
(et je vous fais gré des intonations qui vont avec)
Bref une mère au regard des êtres est toujours imparfaite.
Ah tu bois un verre de vin… mais tu es enceinte quand même ?
Tu lui donnes encore le sein, là ? C’était y a 10 min déjà non ?
Et pourquoi tu le laisses pleurer là ? 
Je pourrais tout lister. Je m’arrête là.

Je suis imparfaite. Comme mère.
Comme femme. Comme chef d’entreprise. Comme sportive. Comme amie.

Le seul truc que j’arrive à bien faire ? ETRE MOI !
(avouez que c’est quand même pas mal, non ?)

CC0 Public Domain — Pixabay
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