Harcèlement scolaire

Se libérer du passé

De nos jours, nous parlons souvent du « bullying » ou harcèlement scolaire. Pour ceux qui l’ont vécu, c’est une expérience assez traumatisante qui a plusieurs facettes.

La honte, dans un premier temps. Celle de ne pas être capable d’être apprécié de ses camarades de classe et celle de n’oser en parler de peur que la « maladie du rejet » s’amplifie.

L’impuissance, car nous ne savons pas pourquoi, d’un coup d’un seul, notre monde c’est effondré et nous ne pouvons rien y changer.

Enfin, le rejet et celui-ci est très violent, car quand c’est une classe qui ignore une personne, la bouscule, l’insulte, voire a des gestes plus agressifs, ce n’est plus le rejet d’une personne mais de la société dans laquelle nous allons vivre un an ou plus.

Cette situation je l’ai vécue alors que j’avais douze ans, alors que certains pensaient que j’étaient agressive ou asociale, j’étais en réalité passablement détruite à l’intérieur. De ces insultes j’ai développé dans l’adolescence un caractère sauvage et guerrier pour me préserver du mieux que je pouvais. Mais à l’intérieur de moi, c’était une toute autre histoire. Une déchirure profonde c’était créée dans mon univers. Au fil des jours et des bousculades, durant une année, tout humain sur mon chemin s’est transformé une menace potentielle. La bienveillance n’existait pas, un bonjour devait fatalement finir en moquerie ou en insulte, malheureusement même de la part d’enseignants qui suivaient la même énergie sans le réaliser.

Chaque jour, je me suis renfermée un peu plus. J’en suis arrivée à me moquer de moi-même pour éviter que les autres puissent me blesser, espérant, dans un certain désespoir, que cet humour noir allait changer leur regard. Au niveau de l’estime de soi, c’est le pire méchanisme de protection qu’on puisse choisir, car il vire à l’auto-insulte, la dévaluation personnelle, la dégradation de l’image de soi. Après cette année dans une classe ou plus de la moitié m’ignorait et l’autre partie m’agressait verbalement et parfois par des coups de pieds ou arrachage de sac, je n’ai plus envisagé pu le contact humain comme avant.

La classe suivante n’avait pas les mêmes personnes et était très gentille, toutefois la peur s’était déjà installée. Elle c’était ancrée si profondément que mon plus grand jeu était de mettre au défi les murs et tapisseries d’être plus invisibles que moi. Cette peur était si viscérale que ces nouveaux camarades de classe ont mis une année et demi à pouvoir discuter avec moi sans que je me méfie d’eux et de leurs intentions. Cela a dû leur sembler étrange, mais je n’aurais jamais pu mettre en mot la peur que j’avais alors.

Avec le temps, j’ai reconstruit mes relations avec les autres humains, j’ai un cercle d’amis de qualité et des interactions sociales très agéables. J’ai également compris que c’était le manque d’estime de moi qui avait conduit les autres à me “marcher dessus”. Partant du principe que cette vie je l’ai choisie et arrangée pour vivre un éveil au travers d’émotions et d’expériences, j’ai aussi dû faire la paix avec moi-même pour m’être imposée cette souffrance pour grandir et apprendre. C’est une des expériences qui m’a amené sur le chemin du pardon.

Pourtant tout en sachant cela, les traces sont parfois encore présentes, et elles ont la capacité de refaire surface dans les situations les plus improbables. Ces derniers temps, je me suis retrouvée sur les « bancs » d’une école différente. Une université éphémère abordant des sujets tels que l’éducation, la percéption de soi, le coaching, la capacité de parler en public, de créer ses projets, son business, de manière consciente et dans l’optique d’apporter des changements positifs dans notre monde au travers des gestes concrets. En soit l’expérience est fascinante et les personnes présentes riches en expériences de vie. Mais à ma grande surprise, je me suis retrouvée à faire face à de vieux réflexes que je n’avais pas vu depuis longtemps.

Ces réflexes sont ceux de la protection par l’isolement. Là où mon réflexe me semblait improbable, était que ces gens, qui étaient là avec moi, étaient réellement dans la bienveillance et le non jugement. Alors comment cela a refait surface ? Simplement par une envie humaine commune à tous : l’envie d’appartenir à un groupe, de se sentir acceptée.

Sortir de ses schémas ou anciennes habitudes demande d’être attentif à ces changements d’états émotionnels qui vous tirent vers le bas et de choisir de changer de réalité. En effet, nous pourrions plonger, retrouver ce sentiment de non acceptation, cette perception de rejet et nous sentir à nouveau victime. Nous aurons du coup la parfaite excuse pour déclarer que “personne ne me comprends, ne m’aime”. Mais nous pouvons aussi décider que cette expérience a déjà été faite dans le passé et qu’il est nul besoin d’y retourner. C’est ce que j’ai fait. Il m’a fallu un petit temps de recul pour faire le point avec moi-même puis j’ai choisi de changer de réalité.

Demandez-vous : le malaise est-il réel où a-t-il été activé par des ressemblance à une situation passée ?

En effet les neurones étant plutôt de tempérament à prendre le premier raccourci, elles pointeront dans la similitude qui a eu l’impact émotionnel le plus fort pour vous dans vos archives intérieures.

Questionnez-vous : depuis ces mésaventures, avez-vous vécu des éxpériences qui contredise cette expérience ?

Dans mon cas, étant une férue de formation continue, j’ai en tant qu’adulte, eu le plaisir de suivre des formations avec des gens très intéressants dont certains sont même devenu des amis.

Décidez si les expériences positives plus récentes peuvent être votre nouveau référencement.

En cela vous commencer à reprogrammer votre réalité en faisant une mise à jour de vos référence neuronales (comme une mise à jour d’un logiciel).

Prenez le temps de respirer et de décider que votre réalité change dès maintenant !

En changeant ma perception et en m’ouvrant à une nouvelle réalité, j’ai eu la surprise de voir dès le matin, des personnes venir à ma rencontre avec un grand sourir et entamer des discussions avec moi. En faisant le choix d’accueillir de nouvelles possibilités dans ma vie, j’en ai changé le cheminement.

Et vous ? Qu’avez-vous envie de changer ?

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Auteure: Christel Mesey
Site:
www.souffleursdejoie.com & www.christelmesey.com