“L’homme pressé” par Jean Charbonnier

J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer Jean Charbonnier au légendaire salon de Baba Conrad Sarr à Paris le dimanche 25 septembre 2016. Nous avons immédiatement sympathisé. Par la suite nous avons échangé longuement et l’idée est venue d’écrire un article sur la genèse de SkinTie pour une parution dans “Hipster”, un magazine mode, style et culture d’une qualité et facture incroyable.

Fan-Pei Koung by MXphotography for SkinTie

La plume de Jean est hors du commun. Je vous livre en avant-première son article.

Bonne lecture!

“L’homme pressé” par Jean Charbonnier

“Tel le personnage de Paul Morand, CS lutte contre le temps et ne s’arrête jamais. Entrepreneur, inventif, décalé, après un parcours semé d’expériences, il cumule une activité professionnelle scientifique régulière et une “danseuse” qui lui est apparue lors d’une soirée. Il vit à SF depuis une vingtaine d’années, il est curieux de tout, ouvert au monde qui l’entoure et attentif au moindre détail, fruit de son expérience dans des domaines divers.

Invité à une Junior Prom, première “surprise partie” traditionnelle des étudiants à la sortie du lycée, il cherche à comprendre le dress code de la soirée. Il découvre chemises blanches, vestes et cravates.

Markéta Galuszková by Jonathan Saunders for SkinTie

Bien que possédant une collection de cravates, il ne voulait pas adhérer au principe d’en porter une, alors il décide de la nouer directement sur sa peau et de glisser les pans sous sa chemise.

Arrivé au coeur de la fête, il est observé et immédiatement copié par la majeure partie des hommes qui trouvent son geste totalement excentrique.

L’homme est poète, solitaire autant qu’ urbain, amoureux de la vie et des êtres humains, et malgré tout fashion victim.

La nuit suivant cette party, il fait la synthèse de son geste et remarque que la cravate, longue sous la chemise, crée une gêne et gratte le corps. Il choisit alors un acte radical et, d’un coup de ciseaux, il coupe sa cravate.

Fort de cette nouvelle invention, la cravate courte portée directement sur la peau, et après des recherches destinées à s’assurer que cela n’existait pas, les ascots et autres lavallières ayant des codes différents et bien établis, il lui fallut trouver un nom et “SkinTie” s’est imposé dans son esprit.

L’idée évolue et la cravate se transforme en objet composé de deux parties, permettant de l’ôter rapidement pour l’offrir. Le symbole est puissant, offrir une cravate qui a touché la peau, qui est empreinte de l’odeur du corps n’est pas un acte anodin, l’acte est une démarche de séduction, tout en pouvant aussi être un simple présent.

Mix and Match

Avec l’aide d’un styliste et à la faveur d’une synchronicité, il rencontre un industriel de la cravate, qui travaille avec des fabricants chinois acceptant de réaliser de petites séries, sur la base de 30 000 échantillons disponibles.

Il choisit de sélectionner 11 modèles, les prototypes arrivent et sont de très belle facture.

Les soieries n’ont rien à envier aux célèbres maisons parisiennes.

Les premiers modèles sont reliés par des agrafes, une amélioration est prévue avec des aimants.

Immédiatement le mixage de 2 cravates s’est imposé, créant une tendance qui n’avait jamais été vue .

Dans l’âme de CS, la notion de partage et de don est primordiale. On en vient même à une certaine forme d’échangisme du don et de la soie. La SkinTie devient vite une arme de séduction lorsque un être propose à un autre : “ Voulez vous porter une skintie avec moi ce soir ?”, et si une skintie est échangée, c’est une proposition à la limite de la transgression, qui signifie presque “ voulez vous porter la douceur et l’odeur de mon corps ?”

Trésor intellectuel, provocation, aventure, le credo de CS est “untie your life”, délier votre vie, débarrassez vous de ces cordes/codes qui vous entravent dans votre liberté.”

Merci à toi l’ami !

CS