3 jours pour sauver le monde ❤️.

Claire Lissajoux
May 3 · 7 min read

La semaine dernière, j’ai eu la chance de participer au Sustainable Brands Paris et d’assister à toutes les conférences. Ce fut intense pour mon cerveau 🤯, mais tellement enrichissant, aussi grâce à toutes les personnes inspirantes que j’ai rencontré.

#SBParis19, c’est le plus grand événement européen sur le développement durable et l’innovation.

L’événement s’articule, durant 3 jours, autour de conférences, débats et workshops entièrement dédiés à l’innovation au service du développement durable avec une centaine d’intervenants tous plus pertinents les uns que les autres, des plus grandes compagnies internationales aux pure players.

Aujourd’hui, j’aimerais vous faire part de mes réflexions suite à toutes ces discussions.

Comme l’a si bien décrit l’agence @pixelis au sujet de l’évènement, le monde change très vite aujourd’hui. De nouveaux paradigmes sociaux et économiques sont en train et ont déjà vu le jour et l’engagement durable n’est plus une option.

Les talents sur le marché du travail, les clients, les actionnaires, les citoyens cherchent à donner un sens à leurs vies.

55 % des collaborateurs disent que l’engagement social ou environnemental d’une entreprise est un critère plus important que le salaire. Un nombre qui atteint 76 % chez les millennials.

*Source : Cone Communications, CSR Study, 2017

Les acteurs économiques prennent conscience de leur contribution à un monde meilleur.

Aujourd’hui, l’innovation digitale est normalement diffusée dans toutes les directions et instances de gouvernance des entreprises. Ce n’est plus un sujet stratégique puisque ce fut un enjeux de ces dernières années pour beaucoup de structures afin de rester compétitives et d’intégrer les nouveaux usages de notre société.

Alors que le développement durable reste une direction verticale des plus grandes entreprises, il devrait, selon moi, être diffusé comme le digital, partout dans les entreprises, à tous les niveaux, de façon transversale, puisque notre société est entrain de se transformer dans ce sens, à l’image du digital.

En effet, les consommateurs et citoyens remettent en question leurs habitudes de consommation, de circulation, de communication et recherchent des solutions plus responsables et durables. Toute la chaîne de valeurs de notre société est en train d’évoluer vers le développement durable, par nécessité.

Nécessité car la Terre 🌏 et tout notre écosystème nous le rappelle mais aussi car depuis quelques années une grande partie des membres de notre société exprime le besoin de se reconnecter avec nos besoins primaires, illustrée par cette fameuse “”.

Et si l’on réfléchi bien, chaque entité aujourd’hui existe uniquement pour répondre à un besoin, plus ou moins vitale sur la pyramide de Maslow. La tendance de ces prochaines années semble donc nous mener vers une reconnexion à nos besoins primaires.

Lors de la 1ère plénière Emmanuel Faber l’a bien illustré en disant :

“A brand doesn’t exist if it’s not usefull”.

Pour les grandes entreprises internationales comme Danone, L’Oréal, P&G… qui étaient présentes, cette remise en question n’est pas évidente et doit être portée non seulement par ses dirigeants mais aussi par tous ses collaborateurs, si elle souhaite enclencher un changement.

Et encore une fois Emmanuel Faber a eu les mots justes lors de son intervention :

Force est de constater, qu’il est beaucoup plus compliqué pour ces entreprises et pour leurs salariés d’être encore crédibles à 100% sur ces sujets.

J’ai assisté par exemple a plusieurs prises de paroles du groupe P&G représenté par Virginie Helias et Frantz Beznik.

Virginie Helias, lors d’un #HOTSEAT*, a présenté une dizaine de produits avec les innovations qu’ils avaient déjà réalisé et commercialisé. Elle a aussi expliqué leurs processus de validation d’un produit avec notamment une phase de test sur des écosystèmes marins. Enfin elle a pris un engagement :

50 % de réduction d’utilisation de plastiques vierges dans ses emballages d’ici à 2030.

Frantz Beznik, a lui exprimé sa vision et sa volonté de créer un système de recyclage circulaire de l’eau 💦 dans nos foyers, puisqu’une grande partie de leurs produits nécessite la consommation d’eau. Il considère, qu’ils sont aussi responsables de ce système qui est, soit dit en passant, incroyablement ridicule dans nos pays, puisque nous utilisons de l’eau potable dans nos toilettes alors qu’elle pourrait venir par exemple de l’eau que nous utilisons dans nos douches et éviers.

Philip Morris 🚬, a aussi été un #HOTSEAT marquant pour moi.

En effet, Huub Savelkouls, le CSO de Philip Morris International, a eu le courage (on peut le reconnaître) de venir parler de la vision du groupe. Il a notamment annoncé qu’une très grande remise en question du groupe était entrain de se faire, puisque la consommation de cigarettes a considérablement diminué dans le monde entier. Il a donc annoncé qu’ils tentaient de sortir du business de la cigarette, en proposant des produits alternatifs plus proches de la cigarette électronique.

Ce qui m’a fortement choqué, c’est qu’il n’a pas une seule fois mentionné l’impact de ses produits sur l’environnement et notamment les océans 🌊.

Je lui ai donc posé la question suivante :

Je vous laisse en tirer les conclusions que vous souhaitez.

Toutes ces grandes entités comme l’Oréal, IKEA, P&G, Danone ou PMI sont plutôt conscientes que leurs avancées sont très insuffisantes par rapport à l’impact qu’ils ont sur notre société et ceux qui agissent le plus en prennent la responsabilité personnellement en tant que citoyens car ils sont conscients du pouvoir qu’ils ont sur l’impact de leur société.

Élément intéressant, tous ont, à plusieurs reprises, parlé de collaboration et de co-création afin de créer des solutions plus impactantes et a plus grandes échelles, car ils reconnaissent avoir besoin d’aide pour y parvenir.

La méthodologie User Centric est plus que jamais au centre des stratégies marketing et commerciales. Et je pense qu’il est en effet, nécessaire pour ces groupes d’en tirer profit à 100% afin de comprendre rapidement et de créer des solutions aux grandes problématiques sociales et environnementales que nous rencontrons. #GOODVERTISING

Un autre point, a été souligné par ces représentants de grands groupes, après avoir précisé qu’ils sont plus que jamais à l’écoute des consommateurs : le rôle du consommateur en tant que citoyen d’agir. Le rôle du citoyen étant de guider ces marques directement via leurs consommations mais aussi grâce à un véritable dialogue.

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui des outils pour les consommateurs, leurs permettant d’avoir une véritable influence sur les marques et ce qu’elles produisent. Plutôt que de s’en servir la plupart du temps pour exprimer un mécontentement, les consommateurs peuvent saisir cette opportunité pour créer une collaboration avec ces marques. Rappelons que derrière ces entités, sont des êtres humains comme vous et moi qui sont tout autant conscients et inquiets de ce qui les attends demain.

L’une des conférences qui m’a le plus passionné a été celle de Clara Gaymard, Michel Bauwens et Alexandre Kouchner. La problématique était :

Un sujet qui est aussi au coeur du débat des manifestations des #GiletsJaunes qui clament souvent à la mort du #capitalisme.

Le point de vue soulevé par Clara Gaymard, co-fondatrice de Raise, fut très pertinent :

Finalement, si l’on prend une vision très large du capitalisme, on peut le définir comme l’accumulation de richesse. Aujourd’hui, notre valeur 1ère de richesse est l’argent 💸 qui permet l’accès à la propriété privée. Mais si l’on place notre échelle de valeurs ailleurs, plutôt par exemple sur l’impact que l’on a sur la société, l’argent devient seulement un moyen d’obtenir une richesse encore plus grande !

Le fond d’investissement Raise, créé par Clara Gaymard en est un bon exemple.

Imaginons que vous êtes une entreprise sociale et que vos résultats sont définis par le nombre de personnes que vous avez aidé, la nature de notre système va nous pousser à accumuler encore plus de moyens pour aider encore plus de personnes. Ce qui va créer un cercle vertueux. Le seul problème aujourd’hui c’est que tout le système n’a pas la même échelle de valeurs.

Personnellement, je suis persuadée que les modèles de l’#ESS vont se généraliser et devenir l’économie de demain.

Michel Bauwens l’a souligné en posant la question suivante :

“What if we create an impact system?”

Ce qui est sûr, aujourd’hui c’est que nos sociétés et la façon dont nous les avons construites sont amenées à changer. Ceux qui l’ont compris commencent déjà à se mettre en marche, mais sont encore nombreux ceux qui n’ont pas envie que l’on chamboule leurs quotidiens.

Durant ces 3 jours une équipe de 50 jeunes appelés les #YouthHacktivators étaient présente pour challenger toutes les personnes et entreprises représentées lors des conférences et ateliers.

Pour résumer ces grandes réflexions, ils ont rappelé avec un discours très fort à tous, qu’il est temps d’AGIR et pas seulement de penser ou réfléchir, que nous devons tous avancer ENSEMBLE, ne pas se renvoyer la balle et faire face aux enjeux qui nous attendent, nous n’avons plus le CHOIX et nous sommes prêt pour passer à l’action.

Malheureusement, je ne peux pas partager avec vous toutes les choses dites, qui ont provoqué en moi tellement d’émotions, de la peur, de l’espoir, de la motivation, de la joie, de l’énervement… Mais vous pouvez retrouver les éléments les plus marquants pour moi sur mon twitter :

Et visionner une grande partie de ces moments sur la chaine Youtube de SB Paris 19.

P.S : Bravo et merci à L’équipe Pixelis pour ce superbe évènement, 100% #responsable.

N’hésitez pas à réagir sur cet article et les différents sujets abordés.

Claire Lissajoux, freelance positive en marketing et co-fondatrice du collectif Wave for the planet.

Claire Lissajoux

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#engagée #oceanlover #freelance #créative Marketeuse. Créatrice du collectif @wavefortheplanet