Es-tu plus hype que

Google ?


Si toi aussi tu as déjà découvert un groupe de musique qui cartonne, un restaurant qui a dynamité tes papilles ou un lieu insolite dans ta ville que Google n’avait même pas encore remonté en tête des résultats de recherche, alors oui, tu es plus hype que Google !

Google dicte notre manière d’accéder à l’information de par ses algorithmes. Nos résultats de recherche ou d’accès à un flux organisé sont influencés par la popularité des recherches de masse. Ainsi, le géant nous “mâcherait” le travail pour nous fournir le contenu le plus en adéquation avec notre profil utilisateur. Mais ne perdons-nous pas alors une grosse part de sérendipité aujourd’hui ?

Internet est un flux continu d’informations dominé par des algorithmes qui s’intéressent désormais à notre vie entière. Tels des serial killers, sans même nous connaître IRL, ils finissent par tout savoir de nous en additionnant une somme de détails que nous-mêmes laissons au fil de nos connexions et aventures sur la toile. Ainsi, à force de chercher depuis son domicile de nombreuses adresses de rues, d’avoir des trajets routiniers, Google détermine les localisations de notre logement, de notre lieu de travail sans même que nous les ayons déclarées. Les résultats de recherche proposés finissent par s’adapter à nos habitudes.

Où est passé la serendipité ?

Si les algorithmes amoindrissent les chances de vie de la serendipité, un canal souterrain de l’information existe.

Cette information, moins populaire, moins sujette au buzz, à la popularité, arrive à transiter au sein de microcosmes pas des moins intéressants. C’est l’underground de l’information, plus confidentiel et souvent perçu comme beaucoup plus hype par les early adopters.

Un petit groupe de musique vu dans un bar, un nouveau resto au coin d’une rue, un lieu de la ville qui sort des sentiers battus et révèle ses trésors, etc. Cultiver la sérendipité nécessite d’avoir un état d’esprit ouvert, aventureux, expérimental, résilient. Le facteur hasard entre aussi en jeu, chose que n’offrent plus les résultats de recherche Google aujourd’hui.

Le fruit de cette sérendipité se partage avec seulement quelques proches, comme pour préserver le cool. Alors on envoie une photo par MMS ou encore un lien soundcloud du groupe electro-pop découvert par mail. C’est une susurration urbaine, un petit bruit qui vient faire résonance auprès d’un cercle restreint.

Ce tunnel de communication et d’échanges privilégiés et personnalisés, ne passant pas par des recherches Google, existe également en ligne, il s’appelle dark social.

Dark Social, espace réel et sans masque ?

Le dark social fait référence aux contenus partagés dans l’ombre des médias sociaux, par SMS, mails, messageries instantanées. Leur volume ne peut être mesuré par des outils analytics standards. Ce terme a été employé dès 2012 par Alexis C. Magrigal, alors journaliste à “The Atlantic”.

C’est une communication privée, un copier/coller de liens, tout simplement. L’information transite de pair à pair, dans un premier cercle relationnel. Pas de like, de partage, d’indice de popularité, dans le dark social network, le voyeurisme et l’exhibition sont sur le banc de touche.

Ce réseau informationnel souterrain représente plus de 60% des partages sur la toile. Loin d’être négligeable, de nouveaux produits de tracking ont vu le jour dans le but de mesurer le poids de ce dark social. Po.st : “Capture what you’ve been missing” est l’un d’eux. Il propose plusieurs outils pour connaître le nombre de personnes qui copient/collent du contenu (url ou bouts de texte).

Ce bruyant murmure prend de plus en plus d’ampleur avec la multiplication des applications mobiles de messageries instantanées. C’est avec notre premier cercle relationnel que nous partageons de nombreuses informations ciblées. Nous les regardons avec intérêt, puisqu’elles sont diffusées par des personnes de confiance, des personnes que nous connaissons bien, qui partagent des centres d’intérêts communs. Notre attention se focalise d’autant plus sur ces partages privés que sur un flux constant d’informations diffusées par n’importe qui.

Tous ces liens voyageant dans le dark social sont souvent le fruit de la serendipité, de pérégrinations numériques inattendues, de découvertes heureuses et stimulantes que chacun partage avec ses proches.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.