Profession : “hôte” Airbnb

La petite plateforme californienne est devenue grande. Terminée, la simple mise en relation de particulier à particulier. Bienvenue dans l’antichambre d’un business immobilier à part entière, auquel Bordeaux n’échappe pas.

Airbnb est-elle encore une plateforme d’économie sociale et solidaire ? “Bienvenue à la maison”, affiche le site sur sa page d’accueil. Mais aujourd’hui, près de 85 % des annonces recensées à Bordeaux seraient uniquement dédiés à la location à la nuitée, selon Rue89 Bordeaux. Fini les longs séjours partagés avec son hôte, affalé sur le canapé. Aujourd’hui, Airbnb fait de plus en plus office d’appartement-hôtel privatisé.

Et pour cause, la grande majorité des appartements sur Airbnb ne sont pas habités par leur propriétaire. Un business juteux pour les hôtes, qui sont de plus en plus nombreux a essayer d’en vivre et deviennent de véritables professionnels de la location. Envolé l’hôte et les breakfasts pris ensemble : la logique commerciale a pris le pas sur l’économie du partage.

La grogne des hôteliers

Les hôteliers voient d’un mauvais œil cette nouvelle concurrence. Preuve s’il en fallait de l’importance qu’a pris le site sur le marché de la location immobilière. Il y a trois ans, l’Umih, un syndicat professionnel hôtelier, a attaqué 4.000 propriétaires de chambre d’hôtes pour les obliger à se conformer à la loi. Thierry Gaillac, vice-président en charge de la branche hôtellerie de l’Umih 33 et par ailleurs directeur général de l’hôtel Burdigala à Bordeaux, réagit à ce qu’il considère comme “de la concurrence déloyale”.

Cette professionnalisation n’est possible que si le loueur est propriétaire du logement. Juridiquement, rien ne s’oppose à ce qu’il loue son logement principal. Si c’est une résidence secondaire, il doit se déclarer auprès de la mairie. Des règles assez libérales, qui donnent naissance à un marché très lucratif sur la plateforme de San Francisco. Pour les titulaires d’un bail de location, les règles sont plus strictes.

L’image d’Épinal d’Airbnb, chef de file du logement au sein de l’économie sociale et solidaire, a fait long feu. Entre 2010 et 2015, le groupe a réalisé une progression de 350 %. Un phénomène qui fait tâche d’huile et qui marque une nouvelle étape dans le processus “d’uberisation” de l‘économie’.

Camille Humbert et Clarisse Martin

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