Illustrer la notion de start-up par la parentalité ><

Clément Jacquemaire
Mar 1 · 4 min read

La semaine dernière, dans le cadre du sprint inter-matrice de février, je tenais une conférence sur la notion de startup. Depuis, je suis devenu papa d’un petit garçon. Quel est le rapport, me direz-vous ? Et bien, durant sa première nuit à la maison, mon cerveau sans doute pour rassurer l’entrepreneur qui sommeille -ou du moins aimerait dormir- m’a rappelé en mémoire ma slide suivante :

Cette définition couramment rebattue dans l'écosystème pourrait-elle être illustrée par l'exemple de la nouvelle parentalité ?

Cela fait écho à un podcast de Pauline Laigneau avec Stéphanie Gicquel qui reconnaît que "devenir parent est une forme d'entrepreneuriat". En effet en tant que jeune papa et entrepreneur, je trouve effectivement qu'il y a des similitudes.

L’organisation est temporaire dans la mesure où mes pratiques et mes connaissances actuelles sont insuffisantes pour faire face aux événements qui surviennent d'heure en heure. Heureusement, je forme une team solide et complémentaire avec ma compagne ; même si les rôles sont répartis, nous n’hésitons pas à nous porter assistance, à sortir de notre cadre de prérogatives voire à chercher les moments où nous sommes les plus pertinents.

Comme beaucoup de parents, nous tâtonnons pour comprendre notre enfant et pour rôder les process de sa toilette ou de son change. Les tentatives sont plus ou moins fructueuses. Nous ne doutons pas que les solutions que nous trouverons seront scalables, c'est-à-dire qu'il sera pour nous de moins en moins difficile de changer une couche, de lui enfiler un body et de lui faire prendre son bain.

Nous attendrons tout de même un peu avant de penser la répétabilité ! Un enfant nous comble déjà de joie ! Un jour peut-être, sûrement ?

Enfin, la dimension profitable de notre recherche se manifeste par les moments partagés à trois à deux : parent-enfant ou parent-parent. La sérénité qui se dégage d'un enfant endormi est incroyablement puissante et source d'apaisement profond.


Toutefois, l’analogie s’arrête là. Et d’ailleurs, je ne vis pas mon nouveau statut parental comme un entrepreneur peut vivre sa création d’entreprise. C’est pourquoi dans mon intervention, je ne me limite pas à cette simple définition des start-up bien trop marquée économiquement ! En effet, cette définition influence énormément le développement des start-up qui prennent pour modèle la Silicon Valley et appliquent le lean startup. En fait, elle sert aussi aux investisseurs - venture capitalist (VC) - qui y voient des critères simples d’évaluation des projets entrepreneuriaux. Ils ont dans leurs besaces leurs méthodes pour jauger les équipes. Cette définition porte toute l’attention sur le potentiel de croissance et d’accès à une position monopolistique.

J'ouvre donc rapidement un contre-champ avec les apports de David Heinemeier Hansson, créateur du framework web Ruby on Rails, CTO de Basecamp, et de Jason Fried.

Dans leur ouvrage ReWork: Change the Way You Work Forever (2010), ils mettent en avant l'importance d'entreprendre comme levier de réalisation personnelle où l’entrepreneur cherche et trouve ses propres motivations :

  • travailler pour soi, à son propre rythme, dessiner son propre chemin, sans se préoccuper de ce que pensent les types en costards ;
  • créer un produit et le vendre directement à des gens qui attachent de l’importance à ses qualités ; aligner mes motivations financières avec le service rendu à mes utilisateurs; ce n’est pas la même chose que d’essayer de capturer l’attention des gens pour la revendre au plus offrant ;
  • creuser son sillon, créer une relation à long terme avec ses collègues et ses clients ;
  • avoir le plus de chance d’atteindre la stabilité financière : dans l’absolu, 30% de chance de gagner 3 millions est égal à 3% de chance de gagner 30 ou 0,3% de gagner 300 millions. Mais les stratégies pour atteindre ces hypothèses sont fort différentes ;
  • avoir une vie après le travail, et ne pas penser qu’aux actus technologiques et financières.

Je rejoins cette vision de l'entrepreneuriat. Trop souvent les médias grand public mettent en avant les résultats économiques d'une start-up et les fondateurs récitent leur success story en éludant la dimension humaine et personnelle qu'ils entretiennent avec leur démarche entrepreneuriale.

Ainsi, j’agis quotidiennement pour mettre au cœur de mes actions des valeurs fortes comme la transmission, le respect et la liberté. Il y en a d'autres et je m'interroge chaque jour sur la plus belle façon d'éveiller mon fils aux siennes.

Clément Jacquemaire

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Philoneist, freelance software craftsman Python, entrepreneur