Libération de Mossoul : l’enjeu des civils

Libérer Mossoul : tel est le but de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, en soutien aux offensives des forces irakiennes. Depuis plus de deux ans, la ville est devenue le fief de l’Etat Islamique au Moyen-Orient. Plus d’1,5 millions de personnes y vivraient encore, retenues contre leur gré par l’organisation.

L’offensive de la coalition internationale a été lancée lundi dernier en Irak. Droits réservés : AHMAD AL-RUBAYE / AFP

L’information a fait le tour de la planète : dans la nuit de dimanche à lundi dernier, la première offensive de la coalition internationale pour libérer Mossoul a eu lieu. Le but ? Reprendre la ville des mains de Daesh, et libérer les centaines de civils détenus en otage. Mais selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian,la bataille sera longue : elle risque de durer « plusieurs semaines, voire des mois ». Depuis trois jours, les troupes terrestres ont pour l’instant avancé rapidement. En ce mercredi 19 octobre, les forces gouvernementales irakiennes s’apprêtent déjà à reprendre Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d’Irak, située à moins de quinze kilomètres du fief de l’EI… Mais la situation humanitaire, déjà très compliquée en Irak, risque de fortement empirer.

Aujourd’hui, plus d’1,5 millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont encore prisonniers de Mossoul et l’Etat Islamique. Leur présence fait craindre une fuite massive de la population, dès que les premières offensives militaires auront lieu. Selon l’ONU, plus de 200 000 personnes pourraient être déplacées en moins de deux semaines, et ce chiffre pourrait augmenter avec le temps… Un constat alarmant lorsque l’on sait que les camps existants ne peuvent accueillir que quelques dizaines de milliers de réfugiés. Dans ce contexte, plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l’instauration de « couloirs sécurisés », qui permettraient aux civils de fuir la violence des combats.

Le président américain, Barack Obama, a prédit mardi que Mossoul serait une bataille « difficile ». Au cours d’une conférence de presse commune avec le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, il a également abordé le sujet des civils irakiens : « Nous nous concentrons sur la sécurité et l’aide humanitaire pour les civils qui échappent aux combats, ce sera une priorité absolue pour nos deux gouvernements. » A ce jour, Daesh compterait entre 5 000 et 6000 combattants à Mossoul, et l’organisation serait prête à utiliser les civils comme « boucliers humains » face à l’offensive en cours. Le 25 octobre prochain, 12 homologues de la coalition se donneront rendez-vous à Paris pour discuter du déroulement des opérations… et de la protection des civils de Mossoul.

Le discours de Barack Obama dans les jardins de la Maison Blanche sur l’offensive de Mossoul. Droits réservés : AFP

Céline DELBECQUE