Comment hacker son année de terminale

Comme la majorité d’entre nous, j’ai toujours été frustrée par l’école. C’est pourquoi, à la place d’une ennuyeuse année en terminale, j’ai obtenu mon bac en candidat libre avec mention et j’ai voyagé, travaillé dans une startup, et réalisé des projets.

Cette expérience était unique : En 1 an, j’ai eu l’occasion de plus en découvrir sur le monde et sur moi-même qu’en 16 ans à l’école.

Le bac en poche, j’ai désormais le choix entre continuer des études supérieures, travailler dans des startups ou lancer ma propre entreprise ! 
Tu trouveras dans cet article le récit de mes aventures et apprendras toutes les techniques que j’ai utilisées pour hacker ma terminale et obtenir mon bac en candidat libre, afin de suivre le même chemin toi aussi :)

“La route fut longue mais le chemin est beau.” Photo by Matt Duncan

0/ La préparation

Juin 2017, je suis au lycée en 1ère L, je passe le bac de français avec des notes correctes, mais le moral est au plus bas : les cours sont synonymes d’ennui, les profs de respect forcé, et devoir rester assise toute la journée sur ma chaise est simplement insupportable.

Mes options sont limitées : continuer en terminale à sécher les cours et obtenir mon bac sans aucune motivation, ou prendre le risque d’étudier à distance pour passer mon bac en candidat libre, en profitant de mon temps disponible pour réaliser des projets passionnants.

Après des discussions enflammées avec mes professeurs qui m’assurent que je n’aurai pas le bac de cette manière et avec mes parents inquiets de voir leur fille sortir du cadre traditionnel, ma décision est prise : je démissionne du lycée et je m’inscris au CNED !

L’école à la maison va me permettre d’avancer à mon propre rythme et d’être plus efficace, donc je définis au cours de l’été 2017 des objectifs : faire un stage dans une startup, réaliser un projet artistique, voyager et obtenir le bac.

I/ Le stage

Souhaitant découvrir le monde professionnel et aimant l’aspect innovant des startups, j’ai décidé de commencer mon année par un stage de 3 mois dans une startup Edtech (Education Technology). 
N’ayant aucune compétence à proposer ni la possibilité d’obtenir une convention de stage, la tâche s’annonçait compliquée. Durant ces 2 mois d’été j’ai donc travaillé à la préparation de ma candidature pour définir l’offre la plus susceptible de plaire.

J’ai postulé à une quinzaine de startups, les ai relancées 1, 2 voire 3 fois avant de recevoir une proposition d’entretien chez Les Sherpas. Victoire ! C’est avec joie (et stress) que j’ai passé cet entretien à Station F et que j’ai été retenue l’après-midi même.

C’est comme ça que j’ai déménagé de Marseille, ville où j’ai grandi, pour un nouveau monde : la capitale, le travail, les adultes.

Mes missions pendant ce stage concernaient notre blog et la construction d’un produit adressé aux lycéens. Mais j’y ai évidemment découvert un tas d’autres choses ! 
Nous avons par exemple eu la chance d’être suivis par l’équipe de BFM TV pour le documentaire Foundation : une expérience unique et plutôt amusante. J’ai aussi eu l’occasion de participer à des salons étudiants pour présenter notre produit, de la distribution de flyers jusqu’aux ventes.

Évidemment, ce challenge était loin d’être évident. Après des années de procrastination intense au collège et lycée, il est épuisant de se retrouver dans le rythme intense d’une startup et de devoir gérer le BAC en même temps. 
J’ai fait des erreurs, j’ai parfois eu des différends avec mon équipe, et j’ai aussi souffert du décalage du monde de mes amis encore au lycée et de celui dans lequel je me retrouvais.

J’en garde malgré tout un excellent souvenir. Il était très excitant de pouvoir travailler sur des projets qui ont une véritable valeur et d’être soudée au reste de l’équipe à travers une mission : développer notre startup. 
C’était une épreuve très instructive sur le plan personnel tout comme sur l’apprentissage de compétences techniques.

J’avoue, les salles poufs de Station F étaient mon lieu de travail favori… Et on a bien rigolé :)

#HACK: Comment réaliser un stage quand on n’a aucune compétence?

  • Trouve un secteur d’activité qui te passionne (pour moi l’éducation).
  • Publie 1 ou 2 articles intéressants sur ce sujet via Medium.
  • Fais une liste de startups et trouve plusieurs emails de contact (utiliser LinkedIn et EmailHunter pour trouver l’email du PDG, responsable RH…).
  • Ecris un email court de candidature spontanée pour proposer de réaliser 1 ou 2 missions simples de manière gratuite en stage.
  • Légalement, en étant mineur(e) et sans possibilité de convention de stage, il faut obtenir un statut d’Auto-Entrepreneur appelé EIRL pour faire un contrat.
  • Il faut postuler à un maximum d’entreprises possibles (minimum 15) pour avoir une chance d’être pris quelque part, et relancer 1 fois par semaine jusqu’à obtenir une réponse.
  • Fake it t’ill you make it : sois proactif et toujours prêt à faire des choses nouvelles. Internet est ton meilleur ami pour des réponses aux questions.
  • Fais l’effort de mettre ta timidité de côté pour demander de l’aide, rencontrer des personnes exceptionnelles et créer du réseau.
  • Sois curieux : c’est la meilleure manière d’apprendre.

II/ Les formations business & activités culturelles

Cette année était l’occasion pour moi de participer à des cours de dessin et de voyager. J’ai aussi eu la chance de m’instruire sur divers sujets en participant à des workshops et des conférences.

Workshop “Lanceurs d’alerte et Démocratie” à La Ruche, Paris

J’ai également participé à Lion et Reverse, 2 formations proposées par The Family. La pédagogie mise en place est unique et elles sont toutes les 2 gratuites.

La première est destinée aux employés de startup qui souhaitent apporter de la valeur à leur startup et mieux comprendre la jungle qu’est le monde de l’entrepreunariat. Chaque samedi durant 8 semaines, j’ai pu assister à des cours réalisés par de grands entrepreneurs, et approfondir mes compétences sur divers sujets. C’était très formateur d’y prendre part !

Cours par Jean de La Rochebrochard à Lion

Reverse est une formation réservée aux moins de 23ans. 
Pendant 3 mois, nous nous sommes retrouvés à 15 élèves le samedi de 10h à 18h, « en principe » pour écouter les cours d’Oussama Ammar et rencontrer des entrepreneurs. Mais ce qui s’est passé fut bien plus extraordinaire. Nous sommes devenus un groupe de collaborateurs sur nos projets mutuels, et avant tout des amis.

Ce que j’ai trouvé à Reverse n’est pas seulement des cours exceptionnels et des gens talentueux, mais de l’amour et de la solidarité. Ce fut une expérience humaine à part entière.

La team a organisé une soirée lors de mon départ pour Marseille, le temps que je passe les épreuves du bac !

Au fil des semaines, nous avons appris à nous auto-gérer. Nous nous retrouvions chaque samedi dans les locaux de The Family, et chacun eu l’occasion de réaliser son propre cours aux autres élèves. Nous avons aussi mis à profit nos savoir-faire pour développer des muses (revenu passif), qui faciliteraient la création de projets par la suite. Au-delà de devenir des pros du business, Koudetat nous a appris l’autonomie, le respect et la bienveillance. Des qualités inexistantes à l’école et pourtant si précieuses !

-D’ailleurs on rouvre les inscriptions pour la prochaine session ! Plus d’infos sur : joinreverse.co 👈

#HACK: Comment réaliser la formation de ses rêves ?

  • Vérifie les avis en ligne et contacte des anciens élèves pour être sûr de la qualité des cours et enseignants de la formation que tu souhaites réaliser.
  • Publie sur Youtube une vidéo de 30–60 secondes pour expliquer pourquoi tu souhaites réaliser cette formation.
  • Postule officiellement à la formation et envoie également un email aux organisateurs avec un lien vers ta vidéo pour montrer ta motivation.
  • Maximise ta formation en t’ouvrant aux autres et en proposant ton aide. La bienveillance et l’entraide forment un cercle vertueux qui te permettra de créer des liens avec des gens intéressants.

III/ Pendant ce temps, j’ai passé mon BAC

Au milieu de tous ces apprentissages, mon premier challenge restait d’obtenir mon BAC. C’était la condition pour laquelle mes parents avaient accepté de me laisser libre de vivre mon année de terminale de cette manière. 
Ce fut la chose la plus dure que j’eus à faire de ma vie.

La première raison fut sans doute mon manque d’organisation et de méthode. L’école nous a rendu tellement passifs à force de désintéressement et de “mâchage de travail” que cette compétence plus qu’essentielle est passée à la trappe. Au fil des mois j’ai donc appris à développer des techniques pour apprendre le plus efficacement possible.

La seconde raison fut l’amère expérience de démarrer mon année avec le CNED. Cette institution censée apporter une alternative à l’école traditionnelle est en réalité le meilleur moyen de rater son BAC. Les cours sont de mauvaise qualité et la disponibilité des professeurs est minime. Au-delà de ça, la plateforme que l’on imagine adaptée aux élèves est un cauchemar de lenteur et de bugs perpétuels.

30 secondes d’attente à chaque chargement de page. Vous comprenez pourquoi j’ai laissé tomber ?

J’ai donc décidé d’arrêter d’utiliser ce service en février. À partir de là, j’ai révisé mes cours uniquement à l’aide d’internet et de livres, afin de trouver un moyen de m’intéresser et donc d’apprendre plus facilement.

Mes cours se résument à 1 cahier, une pochette et quelques livres. Le reste se trouve dans mon ordinateur.

Ce qui fut génial, c’est que j’ai découvert que l’on apprend des choses intéressantes à l’école. Par exemple, j’ai réalisé à quel point l’histoire est une matière passionnante. Jusqu’à lors désenchantée par des cours insipides à l’école, c’est en lisant des livres d’historiens et en regardant des vidéos de l’Ina sur les chapitres de mon programme que j’ai compris son utilité. 
Pour la première fois dans mon parcours scolaire, en ayant pour seule contrainte celle que je m’imposais, j’ai trouvé de l’intérêt à mes cours.

Mon autre constat est que personne ne peut comprendre la vie et les problèmes d’un candidat libre, à part un autre candidat libre. À l’heure actuelle, il n’existe aucune institution compétente permettant d’accompagner ces élèves, qui sont pourtant + de 20 000 chaque année à passer leur bac. C’est pourquoi ces élèves se sentent très seuls. Pour s’en sortir, il est essentiel d’avoir un entourage attentif aux régulières démotivations que l’on peut traverser.

De plus, j’ai rapidement compris que rester enfermé(e) chez soi seul(e) tous les jours pour travailler est la chose la plus déprimante possible. 
J’ai donc enchaîné bibliothèques et espaces de coworking pour finalement être accueillie dans les locaux de The Family pour finaliser mes révisions. 
Les entrepreneurs et freelancers ont en commun avec les candidats libres cette solitude et cette incompréhension du monde extérieur. Pourquoi vouloir quitter le rang alors qu’il est tellement confortable ?

“Un oiseau né en cage pense que voler est une maladie” Alejandro Jodorowsky

L’année s’est terminée par les épreuves du BAC, moment également rude. J’avais peur d’être trop décalée du système pour y arriver et jusqu’au 6 juillet (jour des résultats), j’ai profondément douté.

Pendant les épreuves et après les résultats — J’ai fait part de tous mes états d’âme à la team Koudetat…

C’est avec joie que j’ai finalement pu découvrir que oui, mon pari était réussi. Malgré les nombreuses difficultés, pleurs et exaspérations, j’avais réussi.

#HACK: Comment avoir son BAC en candidat libre ?

  • Révise en ligne grâce à des startups qui proposent des cours et vidéos de meilleure qualité que ce que tu peux trouver à l’école traditionnelle.
  • Prépare un planning de travail pour chaque matière et des objectifs en fonction de tes intérêts et des coefficients. Le simulateur de notes est un super coéquipier.
  • Demande à une personne de ton entourage de devenir ton “mentor” et fixe un jour et une heure pour une discussion de 30 minutes afin de faire le point sur ta progression chaque semaine.
  • Analyse les attentes des correcteurs et examinateurs pour concentrer ton travail sur celles-ci. L’utilisation de citations ou “mots magiques” dans sa copie permet d’avoir l’air expert sur le sujet… même si ce n’est pas le cas :).
  • Concentre toi sur 2–3 matières à fort coefficient et qui t’intéressent le plus afin d’avoir la note maximale qui permet généralement d’assurer le bac.
  • Trouve l’équilibre entre exigence et tolérance avec toi-même. Travailler seul demande beaucoup de discipline que tu vas acquérir au fil du temps. Il est normal de faire des erreurs. L’essentiel est de ne pas laisser tomber.

IV/ Le bilan et la suite

+ de 15 conférences et workshops🛠
Des voyages et projets artistiques🚀
+ de 128 heures de cours à l’entrepreunariat📝
Des rencontres avec les plus grands entrepreneurs👫
Un groupe d’amis et de futurs associés💖
+ d’une dizaine d’abandons👎
Un BAC mention assez bien🔥

Effectuer mon année de terminale à distance fut la chose la plus difficile que j’ai entreprise, et par contraste la plus exceptionnelle. Je ne regrette pas d’avoir fait l’effort de cette démarche, qui m’ouvre aujourd’hui un avenir radieux.

J’ai décidé de ne pas poursuivre d’études supérieures pour le moment, afin de réaliser un nouveau stage et un voyage à l’étranger.

Je commence à peine un stage de 6 mois à The Family, où j’aurai l’occasion de travailler aux côtés d’experts de l’entrepreneuriat en Europe.

J’enchaînerai par un voyage de 4 mois en Asie, où je souhaite réaliser des documentaires sur les systèmes éducatifs des pays que je traverse.

Le projet qui m’excite le plus reste celui que j’ai commencé à créer cet été. Hack Ton Bac est une alternative à la terminale traditionnelle, exclusivement en ligne. Adaptée à l’individualité de chaque élève, je souhaite leur permettre de développer des projets qui les passionnent, dès le lycée. Il est temps de révolutionner ce qu’on appelle “école” et de permettre aux adolescents de s’épanouir.

La conclusion de mon année est sans appel : quand on veut quelque chose et qu’on y met de l’énergie, on est toujours gagnant
C’est ce que je souhaite aujourd’hui prouver à tous les lycéens français, et j’en fais une mission.

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