Chez moi

Ce soir, c’est samedi, alors je vais aller danser.

Enfin, danser, pour ceux qui me connaissent, c’est un bien grand mot. Je vais surtout regarder des gens danser, rire, vivre, et ça suffit à me rendre heureux.

Samedi dernier, il était 2h25 lorsque je suis reparti de Industry, un bar de Hell’s Kitchen où je traine souvent. Nous étions arrivés tard, déjà fatigués par une belle soirée, mais j’avais lancé l’idée -j’ai même dit, icing on the cake- il est minuit passé, mais c’est samedi, et si on allait danser ?

Il y a un garde de sécurité à l’entrée, c’est souvent le même, il me reconnait et ne se moque plus de mon hideuse photo d’identité lorsque je lui tends mes papiers. Deux de ses collègues surveillent à l’intérieur, l’un au bout du bar, l’autre à côté de la piste, sur une marche où il survole du regard la salle.

Pourquoi est-ce que ça m’a traversé l’esprit, samedi, ce soir là, plutôt qu’un autre ? Je me suis dit, heureusement ils sont là. C’est étrange. Lorsque je suis repassé à Paris en février, pour la première fois depuis le Bataclan, j’y avais pensé en allant boire un verre au Cox, debout sur le trottoir où il faut se serrer, sous peine de réprimandes. Et si quelqu’un remontait la rue des Archives, à pied, armé d’une kalach ? Idée stupide, mais instinctivement, inconsciemment, je me suis placé à l’extrémité, sur le côté, après l’angle de la ruelle qui mène rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, en face de la vitrine de l’horrible magasin Gucci qui dénature le quartier. Comme si cela pouvait me protéger. Quel idiot.

Je ne pouvais m’empêcher d’y songer samedi soir, après avoir chanté sur Crazy in Love (Uh oh, uh oh, uh oh, oh no no), et sur What Do You Mean (Hey Hey), lorsque nous sommes repartis vers 2h25, épuisés mais repus. La moiteur de la journée était oubliée, il me regardait, nous nous sommes embrassés devant la porte d’Industry. A quelques mètres, dans une voiture de patrouille de NYPD, un officier nous a souri. J’ai déverrouillé mon vélo orange, résisté à la tentation de calmer mon estomac avec un Lucky’s Burger au bout de la rue, où se retrouvent à la lumière vive les affamés qui se frôlaient quelques minutes plus tôt autour des tables colorées. Nous avons marché pour rentrer. Sur la 11e avenue, près de la 44e ou la 45e, quelqu’un avait peint sur le trottoir un coeur, et « Protect your heart ». Comme souvent, en sortant de l’un de ces bars où tout est plus simple, où je me sens moi-même, dans l’indolence d’une fin de soirée, tout semblait léger, il ne faut pas s’en faire, la vie est douce, je dois profiter de la grâce d’une nuit de juin à Manhattan. Le sommeil est venu assez vite.

Trente-cinq minutes plus tard, mon téléphone a sonné, c’était Paris, la Floride, attentat, bar gay, des morts. J’ai raccroché immédiatement, allumé la télé, CNN parlait de l’Euro de foot, MSNBC rediffusait un vieux documentaire. Pendant deux minutes, Dieu sait pourquoi, je googlais Miami, mais je connais Miami, je suis peut-être allé dans ce bar, je cherchais sans trouver, presque rassuré, c’était une erreur, il n’y avait rien, Paris avait mal compris. Et puis, en reprenant mes esprits, j’ai découvert les communiqués de la police d’Orlando, mon estomac s’est noué, les premiers témoignages sur Periscope, Snapchat, l’horreur froide, les vidéos où on entendait l’arme automatique, l’éclat sourd de l’explosion en direct à 5h du matin. J’ai entrevu de mon bureau le soleil se lever sur Manhattan en enchainant les papiers à l’antenne, fourré à la hâte quelques vêtements dans un sac et pris le premier avion à Newark. En début d’après-midi, j’étais devant le Pulse, en direct. Avant l’arrivée de l’armada de producers des télévisions américaines, j’ai pu recueillir quelques témoignages, des familles, des habitués, un des survivants de la tuerie aussi, Ivory, 28 ans, un anneau dans le nez, les yeux marqués par les traces de pleurs. Il s’était caché sous un meuble avant de s’échapper.

Certains d’entre vous m’avaient envoyé des messages chaleureux de Paris pour me dire de tenir bon, alors j’ai serré les dents, je me suis carapacé. En vol, je m’étais répété que ça allait être dur, je sais que l’émotion me prend parfois à la gorge, me surprend à l’antenne. Tu ne pleureras pas, fais ton boulot, ne craque pas. Garde la distance avec ton sujet, comme je le recommande à mes étudiants à Sciences Po.

La distance, tu parles. C’était eux, ça aurait pu être moi. Pendant trois jours, j’ai eu la gorge serrée, un goût amer au fond de la bouche, mais je n’ai pas pleuré.

Et je n’ai toujours pas pleuré depuis. La colère, peut-être. La vie a repris, on m’a servi du champagne pour la victoire des Bleus, j’ai écouté la Symphonie Héroïque du Philharmonique à Central Park, recommencé la lecture du journal de Cecil Beaton que j’avais oublié, dans la précipitation, de glisser dans mon sac pour Orlando, pris des coups de soleil au mollet en pique-niquant, regardé un doc sur Nixon et le Watergate, revu le garçon de samedi soir, mais toujours pas de larmes. Parfois je sens qu’elles vont sortir, mais elles ne coulent pas.

Lundi, sur une aire d’autoroute de Floride, en chemin vers Fort Pierce où le tueur a préparé ses crimes, j’ai lu sur mon iPhone un papier de The Nation, « Please Don’t Stop the Music » (oui, nous aimons Rihanna). L’auteur new yorkais décrivait les bars gays de sa jeunesse 90s à East Village comme des « sanctuaires », « des temples pour ceux qui ont perdu leur religion ».

Voilà.

Ce sont des sanctuaires où les laissés-pour-compte peuvent se mettre à l’abri de l’ordre moral et de la norme sociale, construire patiemment la confiance pour affronter les médisances, les moqueries, l’arrogance, soigner les blessures. Des bulles d’air frais pour quelques heures de soulagement. Des écrins de bienveillance contre les agressions d’un monde qui les accepte à peine.

Des séminaires où l’on apprend à être soi même, à baisser la garde, où des grand frères et des oncles vous montrent que la vie vaut d’être vécue, par dessus tout, et pas seulement malgré tout. Où, parfois, un député danse avec un chômeur, un PDG avec un étudiant. Où on peut se rapprocher, se frôler, s’embrasser, sans craindre les regards.

Des temples, des églises, des chapelles, des cathédrales où l’on communie dans la foi en la joie, où le Saint-Esprit est le feu de la vie, où l’on récite plutôt Like a Virgin que Je vous salue Marie (même si j’ai parfois retrouvé à la messe de 11h de Saint-Eustache des garçons croisés quelques heures plus tôt, au coeur de la nuit). Oui, c’est comme la messe, un rituel, ensemble. Des jeunes hommes et femmes prient, sans même s’en rendre compte, pour ce quelque part, « over the rainbow », là où, comme le dit la chanson, « skies are blue, and the dreams that you dare to dream, really do come true ».

Pour le comprendre, pour mettre des mots sur ce que je savais sans y avoir jamais vraiment pensé, alors que je file vers mes 37 ans et que mes cheveux s’effacent, il a fallu que je me retrouve entouré de sirènes du FBI et d’ambulances près d’un bar gay au milieu de la Floride, après un attentat où une centaine d’innocents sont tombés sous le feu de la haine, de l’ignorance, de la bête immonde de l’homophobie bête, trop souvent tolérée comme une soupape.

Là où quarante-neuf d’entre eux ont perdu la vie parce qu’ils s’étaient dits : c’est samedi soir, et si nous allions danser.

Depuis, je me réveille la nuit en pensant à eux.

Brenda Lee Marquez McCool, 49 ans, maman de onze enfants, survivante de deux cancers. Elle était venue au Pulse avec son fils de 21 ans. L’instinct maternel a sauvé Isaiah et condamné Brenda : alors que le terroriste s’approchait, elle a poussé son enfant vers la porte de sortie et s’est mise sur le chemin.

Eddie Jamoldroy Justice, 30 ans, il a envoyé des textos à sa mère depuis les toilettes où il espérait se protéger.

Mommy I love you

In club they shooting

Trapp in bathroom

Call police

Im gonna die

Sa maman, Mina, a tenté de le rassurer, elle avait appelé 911, les secours allaient arriver.

Calling them now.

U still there?

Answer your phone.

Call me.

Call me.

Mais Eddie savait que c’était trop tard.

Call them mommy

Now

Im still in the bathroom

He’s coming

Im going to die

Juan Ramon Guerrero, 22 ans, et son copain de 32 ans, Christopher Leinonen. Tout le monde l’appelait Drew. C’est sa maman qui, entre deux sanglots, devant un reporter de la télé locale WESH, hurlait son désespoir dimanche avant l’aube à l’entrée des urgences de l’hôpital tout proche : « I don’t know where my son is, we can’t get a hold of him. He was sitting right next to his boyfriend ». Deux ans d’amour fou. Juan et Drew rêvaient de mariage, ils vont être enterrés ensemble.

Pendant mes insomnies des derniers jours, j’ai beaucoup pensé à ma maman, à mon papa, à mon petit frangin et sa jolie famille. Et s’ils avaient reçu un appel pour annoncer ma mort ? Un policier américain au bout du fil, cherchant les mots les plus simples en anglais pour leur annoncer que leur fils avait été tué parce qu’il était sorti danser.

A cette photo de Robert Mapplethorpe, Two Men Dancing, revue il y a quelques semaines au LACMA à Los Angeles, deux hommes couronnés qui valsent, tendrement enlacés.

Et à ces sanctuaires où moi aussi j’ai été si heureux.

A Lyon, la première fois, c’était il y a presque 20 ans. J’étais terrorisé par cette trangression, alors j’avais programmé mon expédition pendant des semaines en repérant à plusieurs reprises les lieux, quelque part sur la Presqu’île, entre Bellecour et les Terreaux. Je n’y suis jamais retourné et j’ai oublié le nom de l’endroit.

Je me souviens davantage des bars de Reguliersdwarsstraat à Amsterdam. On commençait au Soho, un pub anglais (je crois même qu’il y avait un portrait de bulldog habillé comme le Churchill de Yousouf Karsh), des garçons, des filles, et puis tout le monde passait quelques mètres plus loin à Exit, où il fallait faire la queue, dans le froid. Au rez-de-chaussée, de la variété hollandaise (j’avais appris par coeur le refrain de Ding-a-Dong, Grand Prix de l’Eurovision 1975, Tikke-tak gingen uren, hoelang zou‘t duren ? Tikke-tikke-tak en dan bim-bam-bom). Au premier la techno pure, je n’ai jamais beaucoup aimé les boum-boum, alors je montais au deuxième écouter Bootylicious des Destiny’s Child, I’m a Slave for You de Britney Spears et Music de Madonna. Là, à Exit, pour la première fois, dans ce bar accueillant, dans cette ville de liberté, dans ce pays d’ouverture, je me suis senti chez moi, heureux d’être moi-même, béni du Dieu que d’autres voulaient m’enlever, j’ai compris que ma vie ne serait pas sombre mais lumineuse.

Le soir du premier mariage entre deux hommes, du jamais vu dans ce bas monde, on y a fait la fête comme si nous étions des invités de la noce. J’avais mis un noeud papillon.

A Bruxelles, où je débutais à la radio, je me suis rendu d’instinct, tard, le soir du 11 septembre 2001, hébété, dans un bar près du Boulevard Anspach. J’avais besoin de reprendre ma respiration après des heures d’apnée.

Plus tard, à Lille, je revenais sans cesse à la Tchouka, dans le quartier de Wazemmes, tenu par un couple de filles. Tout y était joyeux, sans prétention, pas cher. C’est là, en dansant, que j’ai pris la décision de ne pas abandonner l’école de journalisme où j’étais arrivé quelques semaines plus tôt et où je ne me sentais pas à ma place.

J’ai souvent profité de ces nuits dehors pour réfléchir. Quand la musique étouffe les conversations, que la vie jaillit dans les sourires, je trouve la paix pour laisser gambader mes pensées, délivré des futilités et des peurs du monde qu’on dit vrai.

C’est aussi dans cette ville que je me suis battu pour la seule fois de ma vie. Battu, c’est beaucoup dire, je me suis fait casser la gueule, rue Nationale, en sortant d’un bar du Vieux-Lille, il était 20 heures, c’était le printemps. Je tenais la main d’un garçon, et ces ignares n’ont pas aimé. Tapette, ils ont dit. Tarlouze. Je me suis laissé faire, plein de honte.

Quelques semaines plus tard, il y a eu Paris.

La première année, je commençais à travailler vers 14 heures, alors je sortais, cinq ou six soirs par semaine, comptant chaque euro de mon petit salaire pour me balader de bar en bar où je commandais des Coca Light.

A partir de là, les souvenirs se mêlent, les époques, les chansons, les gens, certains de vos visages.

Le sous-sol des Bains Douches, l’employé souriant à l’entrée des toilettes offrait des sucettes fruitées aux garçons sages.

Les fins de week-end de la BBB, Black Blanc Beur, au Folies Pigalle, il y a une douzaine d’années. Parfois, Blanc, c’était seulement moi, des Blacks et des Beurs m’ont raconté leur vie cachée en banlieue, l’attente toute la semaine pour prendre le RER où ils osaient à peine s’adresser la parole, de peur d’être démasqués, en roulant vers ces quelques heures de liberté confinée.

Les preppy boys de l’Etienne Marcel, le dimanche soir, qui prenaient garde à ne pas tacher de Joan Collins rouge leurs chemises Dior.

Les touristes de province au Queen, ah mais ça c’était avant, j’étais encore à Lille, je commençais à travailler à Paris le samedi et le dimanche. La nuit sur les Champs-Elysées m’évitait de payer une chambre d’hôtel, et j’allais à pied au bureau, pas loin, il faut prendre l’avenue Montaigne puis c’est la première à gauche, où la douche effaçait les restes de sueur.

Les hipsters de la Maroquinerie, à Ménilmontant.

Le serveur du Raidd, rue du Temple, qui allait faire carrière dans le cinéma.

Les barbus de la Scène Bastille qui s’hydrataient à la Vittel menthe.

Les musclors trop bronzés du Mix, sous la Tour Montparnasse.

Les intellos gauchos du Duplex.

Les garçons en culotte courte du 1979.

Le zinc du Bonne Nouvelle.

La soirée lesbienne du Boulevard Montmartre, aujourd’hui l’entrée est murée, comment s’appelait-elle ?

La terrasse de la Perle, où John Galliano a perdu ses esprits.

Les jardins de l’Espace Cardin, entre l’Elysée et l’ambassade des Etats-Unis. Si vous avez encore des photos de moi en costume noir avec une couronne de roses rouges pour le Bal Fleuri, s’il vous plaît, détruisez-les.

Une nuit de LGBT Pride à l’Olympia où mon indiscrétion aurait pu faire tomber une figure de la République si j’avais souillé l’esprit du sanctuaire.

Le soir où Sophie Ellis Bextor a mis le feu à l’Elysée Montmartre avant qu’il ne brûle.

Le rhume après m’être assoupi dans la rosée, je voulais profiter du lever du soleil en quittant le Trabendo à la Villette.

Au Tango, le bow tie en satin d’un moustachu romantique qui n’a pas compris pourquoi je l’avais délicatement éconduit.

Les diables en bas de l’escalier de la Scala, rue de Rivoli, un soir d’Halloween.

Les premiers frissons de l’automne aux Buttes Chaumont, après Rosa Bonheur.

Au Bataclan, les Crazyvores, les bambins de 1984 dansaient sur Smalltown Boy de Bronski Beat. The love that you need / Will never be found at home / Pushed around and kicked around / Always a lonely boy / You were the one / That they’d talk about around town / As they put you down / And as hard as they would try / They’d hurt to make you cry.

Et puis tous ces chez moi loin de chez moi : les trains spéciaux pour La Démence à Bruxelles ; les Comedy Nights du Revolver à West Hollywood ; la piscine sur le toit à Barcelone ; les cow-boys du JR’s à Dallas ; l’été où Vienne dansait sur un tube moldave ; les nuits romaines étoilées de Pietralata ; une jetée sur l’Hudson, bien avant mon déménagement à New York, Lady Gaga avait rejoint la fête en Rolls bordeaux ; le soir où une drag queen néo-zélandaise m’a appris les règles du cricket dans un pub de Sydney ; les premiers lampions du printemps à Washington ; les t-shirts trop fins sous les doudounes trop épaisses à Montréal ; le billard à Boise, Idaho, où je n’ai croisé aucun des bad boys de Gus Van Sant ; le soleil de minuit sur un bateau à Stockholm ; les nerds hétéros de Castro, à San Francisco ; Bergen, Tokyo, Boston, Helsinki, Chicago, Tallinn, Berlin, Buenos Aires. Et Londres, forcément Londres.

Je suis trop jeune pour avoir connu le Sept ou le Studio 54, mais quand je passe rue Sainte-Anne ou sur la 54th Street, l’esprit des lieux plane. Ce n’est pas parce qu’il était dans le bloc du Palace que j’ai acheté mon premier appartement mais j’ai souvent imaginé les fins de soirées dans ces ruelles sous mes fenêtres, comme j’ai parfois cherché le bar de Giovanni dont parle James Baldwin dans son roman.

Il y a quelques années, rattrapé par les vertiges de la dépression, je n’osais plus rien faire, toute interaction sociale m’était insupportable, j’étais épuisé par le masque que je devais porter. Il n’y avait que trois endroits où je baissais la garde : les salles de concert, les églises et ces bars où les garçons étaient heureux à ma place. Alors j’allais à l’Opéra, puis je sortais, et le lendemain à la messe. Au fond c’est la même chose. « Pride, pomp, and circumstance of glorious war » clame Othello. Grâce à l’orgueil et la pompe, j’ai gagné cette guerre qui n’avait rien de glorieuse.

Pourquoi ces endroits ont-ils ainsi marqué ma vie ? Moi, solitaire, dans la lune, agoraphobe, claustrophobe, parfois misanthrope, j’ai été, que dis-je, je me sens chez moi dans ces bars, ces boites, ces clubs, ces troquets.

Après Orlando, Barack Obama a rappelé que le Pulse, comme tous ces lieux, est une « place of solidarity and empowerment ». Un lieu de solidarité et d’émancipation, une fraternité qui vous donne le courage de prendre le pouvoir sur votre propre vie.

Ce soir, c’est samedi, alors je vais aller danser, et j’espère que je vais enfin pleurer.