Quelle honte !

Angot & #balancetonporc

J’ai honte et aimerais m’excuser ; pour ce que je voyais sans regarder, pour ce que je minimisais considérant ce type de comportement anecdotique.

Qui n’a jamais vu une jeune femme se faire accoster dans la rue ?

Qui n’a jamais entendu ces histoires d’actes exhibitionnistes dans les transports ?

J’aimerais avant de revenir sur la polémique de la polémique #balancetonporc faire un bref retour sur le lynchage effectué à l’encontre de Christine Angot. Je lui reconnais un manque total de crédibilité audiovisuelle (eg : elle est quasiment inaudible du fait de ses débordements intempestifs), cependant, elle devrait savoir que celui, qui part, a toujours tort (surtout au milieu d’un débat).

Elle représente le faux car tout comme dans son intervention face à François Fillon, je ne la trouve pas à sa place, elle manque de tact et de recul. Et pourtant, si beaucoup ont vu une forme d’ego et profitèrent de l’occasion pour l’enterrer (elle s’est déjà tirée dessus à multiple reprises), elle a insisté sur le ton politique ou politisé de la démarche de Sandrine Rousseau. Ce n’était pas qu’une question de compétition victimaire ou de leadership de la violence contre les femmes ; Christine Angot s’est arrêtée à une phrase « former pour accueillir la parole ».

Elle noya celle qui tentait de sortir la tête de l’eau. Cette phrase sortie de Science Po enlève l’émotion et la violence de l’acte, en effet elle institutionnalise la violence faite des femmes.

Peut-être, aurait-elle pu laisser une chance à son interlocutrice mais le mal était fait, trop impliquée — juge et parti — elle partit en colère.

Quant au #balancetonporc qui fit suite à une enquête du Times sur Harvey Weinstein, il fut ravageur et viral . Les femmes ont attendu la finalisation de cette enquête avant de dénoncer publiquement le producteur. Il s’agit d’abattre le monstre avant de le dénoncer.

Je suis pris de dégout face à la faiblesse de certains…

Le dégout pour ces personnalités fustigeant la méthode, prétextant un gout de collaboration « dénoncer les juifs » a même osé l’un d’entre eux… encore cette guerre et cette victimisation ou ici culpabilisation utilisée à outrance. Comment voulez-vous être un défenseur des femmes sans les encourager à dénoncer leur agression quotidienne ?

Je trouve cette rhétorique très déplacée; donc on ne doit pas balancer les mauvais ; n’est-ce pas ça, la collaboration ? N’est-ce pas la notre culpabilité ?

C’est justement eux qui collaborent, quand j’entends ce ministre dire qu’il ne connait pas d’abuseurs (très peu crédible), qu’il continue en précisant que s’il en connaissait, il ne les dénoncerait pas. « Bro before… »

Quelle valeur peut-on donner à sa parole ? Je ne peux pas le plaindre, quant au-delà des violences faites des femmes, on voit en France le peu de considération faite aux violences sur les enfants : l’Affaire Cais en est un bon exemple. Que dire de Roman Polanski toujours aussi adulé et défendu par une classe d’artistes / politiques / intellectuels libertaires « Elle avait déjà eu des relations !»

Elle n’avait que 13 ans ! Il n’a pas hésité à la droguer !

J’ai honte car nous sommes coupables, nous sommes une majorité silencieuse avec des valeurs perdues (*).

Au-delà de ce politicien, je remarque l’hypocrisie ambiante quand je vois ces journalistes questionnées “le pourquoi d’un si long silence” quand elle-même ont subi le même type d’harcèlement.

Une journaliste m’a parlé de son ancien boss Pierre.L . Elle m’expliqua que les promotions se passaient dans son bureau.

« Pierre t’appelle dans son bureau »

Elle a toujours refusé, le changement passera toujours par l’action : dénoncez, épurez, valorisez l’intégrité.

Je félicite ces courageuses, c’est d’abord à vous de réagir et de ne plus subir. Brisez la chaîne du silence. Je remercie une jeune comédienne qui publia sur son mur un long post mais si affligeant qu’il me poussa à écrire.

Christian K

Directeur d’Afrisia (*)

www.afrisia.info

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