Un dimanche chrétien

** AVERTISSEMENT: J’ai une passion pour les religions et un immense respect pour ceux et celles qui adhèrent à une croyance ou à une autre. Le but de mes rencontres est d’abord égoïste. Je le fais parce que j’adore ça. Il y en a qui aiment aller au cinéma. Moi j’aime aller à la rencontre de différents groupes religieux. À chacun son plaisir! J’écris aussi ces textes parce que j’espère qu’au travers eux, vous irez à la rencontre d’expériences et de gens qui ne partagent pas les mêmes croyances ou façons de vivre que vous. J’espère que nous finirons par se découvrir plus. Et tout ça, en riant de moi (un peu) bien sûr! C. XO **

Je suis debout. Mon corps se balance doucement de gauche à droite.

Bon… Soyons honnête disent-ils…

Je recommence.

Mon corps ne se balance pas doucement de gauche à droite. Il bouge plutôt au rythme de la musique gospel/pop. Je frappe des mains! Je chante! ET FORT EN PLUS! Comment faire autrement? La musique est excellente!

Il y a environ cinq chanteurs sur scène. Ils ont des voix d’anges et un rythme à rendre jaloux tous les chanteurs pop de ce monde (sauf Beyoncé. Duh.).

Je chante Holy Spirit à tue-tête. Pas de gêne. De toute façon, tout le monde autour de moi semble avoir laissé ses inhibitions à la porte de la salle. Les chanteurs dansent, crient et encouragent la foule. Un vrai spectacle!

Non, je ne suis pas au Métropolis. On est dimanche matin et je suis dans une église chrétienne pentecôtiste à Montréal.

J’ouvre une parenthèse:

Nées de la tradition chrétienne évangélique au début du XXème siècle, les communautés chrétiennes pentecôtistes ont au coeur de leurs croyances et pratiques religieuses des éléments importants. En voici quelques-uns. D’abord, la Vérité se trouve dans la Bible. Il n’existe aucune autre forme d’autorité. Deuxièmement, le baptême est un choix personnel qui ne peut être pris que lorsque le croyant a une “rencontre personnelle” avec Jésus-Christ (d’où le terme born-again Christian). Finalement, la relation personnelle entre le croyant et D-u est centrale.

Je ferme la parenthèse.

Je suis donc à l’église. Je suis arrivée à 9h00. Le service commence à 11h00, mais mon amie m’a invité à assister à l’étude biblique qui a lieu avant. (En passant, je ne dit JAMAIS non à une invitation du genre. Shabbat, prière dans une mosquée, mariage Sikh. Tu m’invites? Je suis là.)

L’église n’a rien d’une église traditionnelle. Pas de clocher, pas de dôme, pas d’icône, aucune odeur d’encen. Les murs sont blanc. L’immeuble est moderne. Les enfants courent et rient. Il y a même un petit café. Si on ne m’avait pas avisé à l’avance que je me rendais dans une église, je ne l’aurais jamais su. Du moins, pas avant l’étude biblique.

Les dimanches, avant le service, un pasteur anime l’étude qui porte sur un sujet en particulier. Ce matin: La ligne de conduite des Chrétiens. Il encourage les fidèles à sortir de leurs zones de confort — Le confort est un poison! Et il n’y a pas lieu de s’inquiéter, tel un père qui court vers son enfant qui pleure, D-u est là pour ses fils. Tout au long de son discours, il bouge à travers la salle, parle avec conviction et passion; et même en langues! J’avais déjà entendu parler de ce phénomène, mais n’en avais jamais été témoin. Je me suis dit: WOAH! Attends deux secondes! Est-ce que j’entends bien?? Je suis à 5 mètres de lui. Oui oui, j’entends bien. Il prononce des mots qui n’existent pas. Ça sonne comme… rien, mais en même temps, il est évident qu’il ne s’adresse plus à nous, mais bien à D-u. On m’explique que l’on parle en langue quand les mots ne suffisent plus. Ça ne vient pas toujours, mais quand la personne le sent, elle se laisse aller.

Le discours du pasteur est franchement motivant. Il parle de la vie de tous les jours, fait référence à son passé, à ses expériences et à ses propres douleurs. Il parle même de sa relation avec la consommation de drogues et comment il en est venu à dévouer sa vie à Jésus-Christ. En nous racontant tout ça, il fait référence à des passages de la Bible. Les gens hochent la tête et font des liens avec leurs propres expériences de vie. Du moins, c’est ce que je fais. Tout semble si clair, si logique.

Lorsque le pasteur veut approfondir son idée, il cherche ses mots, bouge à travers la salle. Les gens l’encouragent: Vas-y pasteur! Lorsque les mots lui viennent, on se lève, on l’applaudit. Et moi aussi! Oui, je l’avoue! Comme tous les autres, je bois ses paroles et sors de son étude biblique pleine d’énergie.

À 11h, le service commence. Des placières nous indiquent où s’asseoir. La salle est pleine. Vous comprendrez que le phénomène du déclin des églises ne touche pas l’endroit où je me trouve. Il y a des gens de tous les âges, de plusieurs cultures et beaucoup de jeunes familles. Tout le monde est debout et tout le monde chante Holy Spirit, moi inclus (évidemment).

Pendant les louanges (les chants), certains autour de moi se mettent à pleurer. Puis, d’autres s’avancent vers la scène et se mettent à genoux. Je suis à quelques rangées de là et remarque que des gens se couchent par terre… ils sont agités… Les placières les recouvrent de couvertures et se promènent avec des boîtes de mouchoirs. J’ai la tête qui tourne et certainement pas assez de mes deux yeux pour voir tout ce qui se passe. Puis, un des chanteurs descend de la scène et se met à parler dans l’oreille d’un jeune homme portant une paire de pantalons rouge. Puis tout-à-coup, PAF! Le garçon à la paire de pantalons rouge tombe par terre et bouge comme s’il était envahi de spasmes! Je regarde autour de moi me demandant si quelqu’un va aller l’aider. Puis, je vois la placière qui le recouvre d’une couverture et s’en va. Ok. Je me calme.

Ensuite, une des chanteuse s’approche de la dame qui est assise derrière moi et lui parle à l’oreille. PAF! Elle tombe par terre aussi! J’ai juste le temps de souhaiter que personne ne viennent me parler à l’oreille avant de remarquer que la dame devant moi n’a pas l’air d’aller… Son conjoint l’a tient fort, mais il n’arrive pas à calmer ses pleurs et ses cris. Je regarde autour de moi et il est clair que je suis la seule qui s’inquiète pour toutes ces gens… Les placières arrivent et bougent les chaises autour de la dame. Tout le monde semblent prêt. Mais prêt à quoi?? Je regarde mon amie et lui demande: Est-ce qu’elle est correcte?? Et PAF! Elle tombe par terre et lâche des cris de délivrance! Elle est couchée sur le dos, son corps bouge comme si elle avait des spasmes et elle lâche des cris à faire hérisser le poil sur mes bras. J’ai les yeux grands comme des 25 cennes et la bouche ouverte. Mon amie m’explique que la dame vient de vivre ce qu’on appelle une délivrance. Le diable (ou les forces du diable) vient de la quitter. Le monde spirituel est très fort! Et elle va bien?? Elle n’a pas l’air bien, mais il semblerait que tout est beau. Mon amie avait raison parce que lorsque la cérémonie se termine et que les gens s’approche de la dame pour lui parler, elle semble légère et heureuse de ce qu’elle a vécu.

Avant de quitter la salle, je vois que le jeune homme aux pantalons rouge s’approche de moi. Je l’ai déjà vu alors je saute sur l’occasion! Salut! Comment tu vas? Il a l’air de flotter sur un nuage. Ça va et toi? Je n’ai qu’une question en tête: Je t’ai vu tomber par terre. Qu’est-ce qui s’est passé? Qu’est-ce que le chanteur t’a soufflé à l’oreille pour que ça arrive?

Il me dit qu’avant de se rendre à l’église ce matin-là, il a prié D-u pour ressentir l’Esprit-Saint. Maintenant, il savait qu’il avait été touché. Le chanteur est venu prier à ses oreilles et il s’est senti pris d’une grande force. Puis, il s’est mis à me demander si j’avais déjà vécu ça. Je suis croyante, mais non seulement je n’avais jamais vécu ça, je n’en avais jamais été témoin. Est-ce que je peux prier pour toi? Oui. Il me prend les mains et prie D-u pour que je sois touchée de cette façon un jour. Pour que je ressente le bien qu’il ressent lui-même, à ce moment-là.

Je n’ose pas lui dire, mais l’Esprit-Saint n’est pas la force la plus envoûtante dans cette église. C’est l’esprit de communauté qui est omniprésente. Des groupes d’entraide existent, l’église offre des ateliers qui touchent tous les aspects de la vie de ses fidèles. C’est absolument phénoménal de voir à quel point tous les fidèles y trouvent leur compte tant et aussi longtemps qu’il aiment D-u.

Il y a aussi l’expérience que vit tous et chacun. Bien que la salle soit comble, les fidèles vivent une communion avec D-u et expriment leur amour pour Lui à leur manière. Que ce soit en criant, en pleurant, en marmonnant ou en restant assis calmement, on s’en fou!

En route vers la maison, j’ai mille et une questions pour mon amie, mais ce n’est pas le bon moment pour la bombarder. Pour des raisons différentes, on a toutes les deux envie d’assimiler ce qu’on a vécu. J’aurai amplement le temps de l’a bombarder une autre fois.

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