La Procrastination ou l’art de se défiler

La procrastination, l’un des obstacles le plus fréquent à la réalisation de tous nos projets. Rien de plus juste que ces quelques mots d’Henry Ford pour nous définir sa vision d’un obstacle :

« Les obstacles sont ces choses que tu vois lorsque tu perds l’objectif de vue »
Henry Ford

Comprendre la procrastination pour ne plus remettre à plus tard

Parfois il nous est très difficile d’agir et réaliser les défis et objectifs que l’on se fixe ou qui nous ont été fixé par quelqu’un d’extérieur. Trop souvent, en ce qui me concerne, je me défilais quant à la rédaction d’un mémoire de fin d’année par exemple ou bien même au lancement de ce blog. Faute à la procrastination, quasiment un an m’a été nécessaire pour enfin me mettre ce fameux coup de pied aux fesses dont j’avais tant besoin pour vous écrire ces quelques lignes aujourd’hui. La procrastination ? L’un de mon ennemi le plus tenace jusqu’à aujourd’hui. Vous avez surement déjà entendu parler de ce mot quelque part c’est pourquoi je vais rapidement rappeler à ceux qui ne le savent toujours pas, sa définition.

La procrastination se défini comme le fait de remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je déteste tant ce maux/mot ? (oh yeah ;)). La procrastination est à l’origine d’innombrables examens raté, de rêves brisés et projets qui restent encore et toujours en attente.

Mais pourquoi ce mal qui ronge tant d’esprits est plus présent chez certains que d’autres ? Quels en sont les causes au juste ?

Deux stratégies différentes :

Selon les recherches des psychologues Joseph Ferrari et Timothy Pychyl, la procrastination n’a rien à voir avec la gestion de notre temps mais est étroitement lié à des facteurs psychologiques tels que les problèmes de stress et de confiance en soi. Ce n’est donc pas un problème de volonté, de courage, ni d’intelligence. Les procrastinateurs ont tendance a davantage observer et vont tellement penser qu’à la fin ils ne vont plus réussir à faire des tâches parfois très simple mais pour lesquels ils ne vont pas savoir s’organiser ni hiérarchiser les choses.

En fait, le procrastinateur contrairement au non-procrastinateur, cherche uniquement son plaisir immédiat en repoussant ce qui l’embête à plus tard, il ne parvient pas à résister à la tentation d’une activité plus amusante pour lui maintenant, alors que ce qui l’embête sera bénéfique certes, mais plus tard. Effectivement, il refuse complétement de penser au moment ou il fait son choix, aux répercussions futures. Il sait que des choses négatives apparaitront suite à sa procrastination à long terme, mais il préfère tout de même le sentiment de bien-être actuel alors que l’on sait que, finalement, il n’est pas si bien que cela puisque vient un sentiment de culpabilité à ce moment et c’est pour éliminer ce sentiment que l’on décide de se trouver de bonnes excuses à ce choix.

Imaginez-vous en fait que vous gagniez une très grosse somme à la loterie. Deux stratégies sont alors possible. Le procrastinateur lui va préférer en profiter par de gros achats susceptibles de le ruiner en un rien de temps tandis que le non-procrastinateur va en profiter différemment. Il va placer son argent afin que ça lui rapporte toute sa vie et qu’il n’est plus besoin de travailler.

Plus grave encore, il a été démontré* que procrastiner pouvait être néfaste pour la santé. En effet, nous parlions juste avant de la culpabilité engendrée par le fait de procrastiner. Cette culpabilité serait génératrice d’encore plus de stress lié par la suite à des maladies cardiovasculaires et de l’hypertension. Procrastiner peut également favoriser la dépression et/ou l’anxiété. Le procrastinateur accumule d’ailleurs souvent les mauvaises pratiques et ne prend pas assez soin de lui, soit à travers une mauvaise alimentation, soit parce qu’il ne pratique aucune activité physique.

Comment s’en défaire ?

Pour cesser de procrastiner il faut qu’à chaque fois que vous souhaitez réellement accomplir un objectif, faites-en sorte d’appliquer cette méthode. Pour ma part, c’est une méthode qui m’a énormément aidé et chaque fois que je me rends compte que je procrastine je reviens dessus, bien que maintenant je l’ai intégré à mon mode de fonctionnement. En effet, les mauvaises habitudes ne prennent fin que quand nous arrêtons de les utiliser. Heureusement, la procrastination ce n’est qu’une habitude qui peut se remplacer par d’autres plus positives.

1/ Écrire : Poser son objectif par écrit permet de savoir exactement dans quelle direction nous nous orientons. Une fois posé, l’objectif doit être décomposé en sous objectifs. Les sous-objectifs décomposés en tâches. Attention un objectif n’est pas une tâche, il ne faut surtout pas vouloir agir directement sur un objectif, car celui-ci étant trop large, trop important, il est évident que cela peut décourager et vous aller donc procrastiner. Un objectif est fait uniquement pour avoir une direction à suivre tandis que la tâche est faite pour être accompli facilement et en un court laps de temps. Faites donc en sorte que votre tâche soit claire et simple, si ce n’est pas le cas c’est que celle-ci est encore décomposable. Selon moi, une tâche doit prendre 1h maximum sans quoi elle peut encore se diviser en une tâche plus courte.

2/ Planifier : Une fois que vous avez votre objectif, vos sous objectif et toutes les tâches, vous devez les classer et planifier celles que vous allez réaliser en premier, en deuxième etc. Déterminez soit une date, soit une heure, soit un moment dans la journée pour lesquels vous allez réaliser cette première tâche et ainsi de suite. N’oubliez pas que dans une journée, il y a toujours un moment dans lequel nous sommes plus productifs. Ce moment est propre à chacun, pour certain c’est le soir d’autre le matin et pour d’autres encore l’après-midi. Je fais en sorte donc pour ma part de faire un maximum de tâches le matin car c’est à ce moment où je suis le plus productif.

3/ Pas à pas : Aucun maçon ne se dit je vais poser un mur directement ici, non. Il sait en revanche qu’il lui faudra poser son premier parpaing, ce qui donnera sa première rangée, puis sa deuxième, et le voilà face à son mur plus vite qu’il ne l’aurait pensé. De la même façon, d’où l’importance de décomposer en tâches, vous allez terminer une chose après l’autre, tâches après tâches, vous allez vite vous rendre compte que pour cet objectif tant redouté, ce n’était pas la mer à boire.

4/ Environnement adapté : Une fois que vous savez quoi faire et à quel moment, installez-vous dans un endroit où vous arrivez le mieux à travailler (si cet objectif nécessite cette étape). Comment voulez-vous être en mesure d’agir si vous êtes affalé au fond de votre lit ou sur votre canapé. Je préfère sortir de chez moi pour travailler. Un café, une bibliothèque, un parc tous ces lieux peuvent être excellent pour sortir de son environnement habituel bien que pour certains, chez soi reste le meilleur endroit. Dans ce cas, isolez-vous et ne vous installez surtout pas trop confortablement.

5/ Fuyez les distractions : Écartez-vous des distractions potentiels, et pour anticiper, fermez vos comptes Facebook et autres réseaux sociaux ; éteignez la télévision, écoutez de la musique de concentration si cela peut vous aider.

6/ L’urgence : Le sentiment d’urgence est l’un des facteurs qui nous poussent à enfin effectuer la tâche tant repoussé. Mettre ce facteur à notre avantage et se mettre donc la pression comme si vous deviez partir en vacance le lendemain est un très bon moyen de déclencher la réalisation de votre première tâche.

7/ Garder l’objectif en vue : En respectant chacune de ces étapes, vous pouvez enfin vous atteler à la tâche que vous avez prévu. Il arrive parfois de se faire couper dans la réalisation de ce que vous avez prévu d’accomplir c’est pourquoi il faut toujours que vous gardiez la tâche en vue. Il m’arrive aussi parfois de bifurquer mais il faut tout de suite se remettre sur les bon rails, vous verrez avec le temps, vous vous y remettrez de plus en plus vite. Posez-vous la question « comment je me comporterais si j’étais un pilote de ligne ? ». Il a sa trajectoire et il s’y tient. Il ne se pose pas de question.

8/ Se Récompenser : Après chaque objectif accompli, c’est important de se féliciter et récompensez-vous. L’idée ici est d’associer la réalisation d’un objectif à l’idée de récompense dans votre esprit afin que vous puissiez faire face à de moins en moins de résistance dans le futur. Plus votre cerveau va assimiler la récompense à l’action, moins il va résister les prochaines fois, puisqu’il aura hâte de recevoir sa prochaine récompense.

Ne rien faire c’est bien (parfois) !

Enfin il faut éviter de dramatiser la situation : On a le droit de ne rien faire de temps en temps et c’est bien comme cela, mais cet instant aura été prévu. Moi le dimanche je m’autorise une grasse matinée, et faire que ce que j’ai envie de faire, perdre mon temps sur internet, jouer à des jeux vidéo… L’idée c’est d’avoir le contrôle sur ce que l’on a décidé de faire. Et quand ce n’est pas le cas, rassurez-vous ça m’arrive aussi je ne suis pas une machine, il faut s’en rendre compte rapidement et se corriger. A partir de là on reprend le contrôle de sa vie.

Je vous mets au défi vous aussi de vous organiser, et ce soir à tête reposée avant d’aller vous coucher, écrivez cet objectif que vous repoussez depuis toujours en suivant le plan d’action désormais à votre connaissance.

Dès ce soir ou maintenant si vous préférez, pas demain hein ?

Si toi aussi tu repousses tout tes projets au lendemain et que tu trouves cette méthode intéressante, n’hésite pas à partager avec nous ton expérience ou ce qui te bloque à agir ?

*Fuschia Sirois

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