Il est tellement difficile de s’exprimer face à la beauté;

Les adjectifs se heurtent, ils s’évaporent, vous laissant à court de mots;

Le vert est brillant, profond et d’une douceur gênante;

Les étincelles de soleil, vous aveuglent, vous réchauffent, vous êtes complètement sans défense;

Le rose est excitant, dessiné parfaitement, vous en détournez le regard de peur d’en devenir l’esclave;

Vous êtes là, à observer la manifestation du parfait moment;

La pluie s’invite, vous sentez le picotement des goutes au même rythme que le battement de votre cœur;

Il est tellement difficile de décrire le portrait, c’est paralysant, c’est oppressant;

Vous voulez vous en détacher, mais l’instant où les regards se croisent, vous êtes paralysés;

Vous et votre vous même engagez la discussion;

Chacun arborant une argumentation;

Il essaye de vous convaincre de tout tenter, de vous engager, mais vous êtes hésitant;

Vous avez peur d’être rejetés;

Vous préférez vous accrocher à cette belle idée, ce bel espoir, qu’un jour, ce portrait, décide de vous aborder;

Votre vous même hurle, pleure, est dans tous ses états;

Mais vous êtes toujours aussi impassible, inexpressif, optant pour la défense;

Le temps reprend, ah oui, il s’était arrêté;

Vous voila face au portrait, figé, ne sachant quoi faire;

La discussion s’engage et vous vous laissez emporter par le courant;

Vous êtes passif, exaspérant, vous vous haïssez;

Votre vous même, lui, il a déjà abandonné;

Vous arborez un air perdu, vous ne pensez à rien, c’est le vide absolu;

Le vert est là, vous fixant, le rose articule et le doré vous aveugle;

Vous vous rendez compte que vous êtes totalement sous le charme mais les chaines se resserrent et vous devenez effrayer;

Le doute s’est invité, votre vous même est maintenant absent et les démons du doute dansent joyeusement;

Vous voulez vous échapper, vous voulez que cela finisse;

Le temps, maintenant, s’accélère et bientôt c’est fini;

Vous voila seul avec la pluie;

Votre vous même est de retour et vous engagez une fois de plus la discussion, mais vous n’arrivez plus à l’entendre;

Vous lui hurlez à vous en rompre les cordes:

“…”

Eh oui, rien ne sort, votre voix est déjà partie;

Vous êtes muet, l’émotion avait dominé la réalité, vous rendant non seulement sourd mais muet;

Il est tellement difficile de décrire ce tourbillon interne qui s’empare de vous face à la beauté;

Mais que voulez-vous !!

Quand le cerveau est paralysé et que le cœur reprend le dessus, c’est dans le sang que tout se ressent;

Ce sentiment n’a pas d’adjectif, ça se vit en silence et chacun veut garder cela pour soi;

Tout ce qui ne se décrit pas, est généralement une chose que l’on veut garder pour soi;

Reprenez votre souffle et expirez, vous êtes encore vivant et l’acte n’est qu’à son commencement.

SMA