Ce que dit le bel élan de solidarité après les incendies dans le Var sur le rôle d’un média aujourd’hui et demain

Des pizzas offertes aux sinistrés de l’incendie qui a ravagé Bormes-les-Mimosas et Le Lavandou (Photo Var-Matin/Guillaume Aubertin)

Si de violentes rafales ont attisé le feu durant plusieurs jours, c’est ensuite un vent de solidarité qui a pris le relais sur le Var. Et de la générosité, il en fallait pour venir en aide aux 12.000 sinistrés évacués en pleine nuit, face à des flammes incontrôlables. Les accueillir, les réconforter, les “dépanner”. Des centaines de familles se sont réfugiées dans des gymnases transformés en camp de fortune par les communes. De nombreuses autres ont passé une nuit voir plusieurs jours chez l’habitant. En toute simplicité et grande solidarité.

Beaucoup de Varois sont venus spontanément sur le terrain proposer leur aide. Les autres? C’est sur Internet qu’ils ont cherché à se rendre utile. Dès la publication des premiers articles racontant que des milliers de familles se retrouvaient à la rue, nos pages Facebook ont été assaillies de messages privés et de commentaires. Beaucoup de photos et vidéos de flammes toujours plus impressionnantes, mais aussi de nombreux: “je veux me rendre utile, je veux aider ces gens mais je ne sais pas quoi pas faire”. Comme s’il y avait un vrai besoin d’information pour passer à l’acte. C’est la face cool de Facebook. Loin, très loin des fakes news, des messages haineux, toussa toussa…

Du côté de Var-Matin, le travail déjà énorme des journalistes sur le terrain pour alimenter un minute par minute de l’avancée des flammes ne s’est pas arrêté là. Alors, comme nous l’avons déjà fait pour les inondations dans le 06 en 2015 ou après l’attentat du 14-Juillet à Nice en 2016, nous avons créé un groupe Facebook d’entraide. Un truc tout simple mais très utile et que finalement, seul un média de PQR peut faire en mettant à disposition sa marque, sa crédibilité, son audience… bref sa puissance. Le but? Fédérer et centraliser toutes les bonnes énergies qui ont émergé un peu partout.

De diffuseur d’infos à catalyseur d’énergie

Mis en avant sur nos sites, partagé par toutes nos pages Facebook (environ 580.000 fans), le groupe privé a rapidement réuni plus de 6.000 membres. Rapidement, les propositions de services ont afflué. Un toit pour la nuit, un repas, des vêtements, des bras… Au début, c’était même un peu le bordel. Puis, les membres du groupes se sont organisés entre-eux. Certains ont proposé des posts pour répertorier les “offres”. D’autres ont recensé les besoins par zone, donné des lieux de rendez-vous pour aller en groupe aider une famille. Et lire ce fil tous les jours avait quelque chose de réconfortant.

C’est aussi réconfortant dans la réflexion que tous les médias ont engagé pour leur survie.

C’est quoi être un journal aujourd’hui? Pour nous, à Nice-Matin et Var-Matin, c’est assez clair. Un média en 2017 ne doit pas se contenter de donner des informations sur un journal papier, sur un site ou sur les réseaux sociaux. C’est encore plus le cas dans des situations dramatiques où le journalisme ne doit pas s’arrêter à une simple description des faits.

Etre utile. Créer du lien. Passer du savoir et de la connaissance au mouvement à l’envie d’agir. C’est une question de foi et de proximité avec son lecteur et sa communauté.