Comment Nice-Matin entend faire du festival de Cannes un terrain d’expérimentations sur le digital

Mai c’est un peu la saison des questions sur la Côte d’Azur. Il pleut. Il fait chaud. On ne connaît pas vraiment le temps qu’il va faire et on s’habille n’importe comment. A Nice-Matin, mai est toujours synonyme d’un autre casse-tête: comment couvrir le festival de Cannes sur le web? De quoi se faire des noeuds (papillons) au cerveau… Le postulat de départ est très simple: sur cet événement, on ne sera pas leader même avec l’étiquette du journal local.

Ce n’est pas un renoncement mais une réalité. On est chez nous, on est sur place toute l’année. Mais pendant 10 jours, des centaines de journalistes affluent du monde entier avec tous leurs projecteurs et l’audience est submergée de ces paillettes sur à peu près tous les supports. Résultat? Le festival de Cannes ressemble à un bruit assourdissant sur les Internets auquel on ne peut pas échapper. Pendant ce temps, nous, on court après tout ça pour essayer de ne rien rater… On passe du temps à bâtonner des dépêches que l’on retrouve sur tous les autres sites, à éditer la critique du dernier film qui est déjà en ligne un peu partout… C’est beaucoup de temps et beaucoup d’énergie dépensée pour rien car, depuis 2012, Cannes n’a jamais fait vraiment décoller notre audience. C’est même tout le contraire.

Tout cela est vrai, mais tout cela ne doit pas faire oublier l’essentiel. Nice-Matin, média local de référence, doit continuer à couvrir cet événement qui agace au moins autant qu’il fascine. Mais différemment.

Faire mieux (pas “plus”) avec moins. Beaucoup d’optimisation, beaucoup d’enthousiasme, et pas mal de malice, notre marque de fabrique à Nice-Matin depuis que nous avons racheté notre entreprise.

On s’est donc posé beaucoup de questions quelques semaines avant la première montée des marches. On a retourné le truc dans tous les sens et on en est arrivé à cette conclusion: le strict minimum sur notre site. Le reste? Ailleurs. Là où on peut chercher et explorer une nouvelle audience.

Facebook et Snapchat comme terrain de jeu

Ailleurs, c’est déjà sur Facebook. A Nice-Matin, on commence à bien connaître. Notre page réunit aujourd’hui 230.000 fans, c’est la 3e de France au niveau de la PQR. Ces dernières semaines, nous avons testé plusieurs formats créés spécifiquement pour Facebook, notamment en vidéo. On s’est largement inspiré de ce que fait AJ+. Des séquences que l’on peut lire et comprendre sans son, sous-titrées, avec des mots mis en exergue. Simple, efficace et très cool. Les scores sont exceptionnels: 50.000 vues en moyenne. Une de nos vidéos est même montée jusqu’à 1.7 millions de vues! Pas mal. Autre piste exploitée: le direct vidéo, nouvelle fonctionnalité proposée par Facebook. On essaie de l’apprivoiser sans avoir encore trouvé la bonne formule. Mais les avantages sont indéniables. Pas de montage, facile d’utilisation et instantané. De quoi suivre les pas de Georges Clooney dans le palais en temps réel.

Ailleurs, c’est maintenant Snapchat. C’est un territoire qui était inexploité par Nice-Matin. Le Monde, 20 Minutes, Le Figaro, Melty…Les médias s’y ruent depuis le début de le début de l’année. On a regardé. On a beaucoup regardé. Et on s’est dit: “Et pourquoi pas s’y mettre pour le festival de Cannes?” On l’a donc lancé en début de semaine avec nos deux super journalistes pétillantes Margot Mentha et Marie Cardona.

Marie et Margot, dans l’ordre

Elles raconteront leur journée (et surtout leur soirée) sur la Croisette dans ce petit monde que devient Cannes pendant le festival. Aucune contrainte de sujet, liberté totale sur le ton. Avec ces “stories”, nous voulons montrer les coulisses du festival, l’envers du décor, ce qu’il y a derrière les paillettes… Bref, ce qu’on ne voit pas pas partout. Et là, nous Nice-Matin, sommes légitimes pour le faire.

Les premiers résultats sont fort encourageants. 1.000 abonnés en même pas trois jours et une relation naissante avec nos “snapchatteurs”.
Marie et Margot dans leurs oeuvres…

Notre objectif? Expérimenter. Comprendre. Apprendre. Se servir du festival de Cannes comme un terrain d’expérimentations sur le digital. On part un peu dans l’inconnu mais avec beaucoup d’envie. On fera certainement des erreurs, des mauvais choix… Pas grave. C’est l’occasion pour nous de nous chercher une nouvelle audience. Et surtout de s’adresser différemment à cette nouvelle audience. Selon les derniers chiffres de Médiamétrie, 10% des internautes français sont inscrits à Snapchat, dont un tiers des 15–24 ans. Une audience que nous avons du mal à capter aujourd’hui sur nos plate-formes.

C’est surtout l’occasion de tester ensemble des nouveaux formats pour essayer de comprendre comment un journal local peut parvenir à parler à la génération Y. Un sacré défi.

Pour nous suivre, voilà notre snapcode: