Ambition
Ambition: nf. Désir de gloire, de fortune, etc.
“Recherche développeur ambitieux et passionné” disait une annonce. Avant mon départ aux États-Unis, certains diraient que “j’avais faim”. Je voulais partir, apprendre et un jour, entreprendre. Je connaissais ce désir de conquêtes, cette soif de gloire.
Certains disent que les arts martiaux rendent humble, néanmoins, un combat est un jeu à somme nulle. On désire donc battre, vaincre, dominer son adversaire. Le Jiu Jitsu et sa cousine la Luta Livre sont des arts martiaux dont l’objectif est l’abandon de son adversaire. Dans le cas contraire, on l’étrangle jusqu’à l’évanouissement ou on casse un de ses membres. Quelque part, à chaque combat, on fait face à la mort, avec légèreté.
Ayant côtoyé les compétitions, on rencontre des personnes ambitieuses. Il y a beaucoup de combattants mais un seul champion. Malgré la sueur, les larmes, la frustration, les sacrifices, il y aura un seul vainqueur. Chaque combat se fait contre un adversaire qui a connu les mêmes difficultés, les mêmes douleurs. En combat, on veut tous les deux la même chose: tuer symboliquement l’autre. Mais il n’y a pas d’animosité, juste du respect.
Avec le succès et l’ambition, certains compétiteurs développent une personnalité néfaste. Les frères d’entraînement deviennent des sparring partners. Ils se plaignent quand le niveau est trop bas, quand trop peu de gens les aident à gravir les sommets. Les rapaces se montrent, leur murmurent des mots doux, cherchant à capter un peu de leur gloire en se montrant avec eux. Les mêmes seront les premiers à lâcher une fois le succès évanoui.
Peut-être que le problème est qu’on vit dans une société où on met trop l’individu en avant. On veut laisser une trace dans l’histoire. On veut être aimé, admiré, adoré. On veut devenir comme une de ces stars de la télé ou des réseaux sociaux. Il y a quelques mois, je regardais un épisode de Chef’s Table. J’étais admiratif de Jeon Kwan, cette nonne qui cuisinait pour les autres et non pour sa gloire. Peut-être qu’on devrait être plus comme elle, généreux, altruiste, humble.
Peut-être qu’au lieu de chercher à tout prix la postérité, on devrait vivre en laissant le moins de traces possibles. Au fond, une fois mort, le cadavre n’en saura rien. Je ne me fais pas d’illusions, je ne suis pas un de ces hippies qui recherchent à tout prix l’amour, la paix et l’harmonie. Je suis un combattant et j’aime la confrontation, la conquête, l’aventure. Mais il n’y a qu’une seule personne à qui je dois rendre des comptes: moi-même. Au diable donc la gloire et la reconnaissance.
