Revue de coin #5 — Bismuth, la blockchain “Lego”

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Dans cette série d’article, je mettrai en lumière des coins qui ont attiré mon attention ou celle de ma communauté d’une manière ou d’une autre. En tant que gem hunter, il s’agira forcément de microcaps peu exposés sur les marchés et les réseaux sociaux, possédant une faible liquidité et un marketcap largement inférieur que ce l’on peut voir dans le top 100 des crypto-monnaies . Plus que jamais, le lecteur sera encouragé à faire ses propres recherches, et à ne pas miser trop gros sur ce genre de projet très risqués.

Disclaimer: Il se peut que je sois déjà investis dans ces projets à l’heure ou j’écris ces articles : C’est le cas ici avec Bismuth.

Bismuth en bref

Bismuth est la première blockchain conçue en langage python, le langage de programmation le plus simple et le plus utilisé au monde. Le projet est officiellement lancé le 1er mai 2017, et a pour but de devenir le “Lego” des blockchains en misant sur sa modularité, sa flexibilité, et la possibilité du plus grand nombre de créer des applications décentralisées via son protocole. En effet, Bismuth se classe dans la catégorie des plateformes de smart contrats et adopte une approche innovante par rapport à ce que l’on peut connaître chez Ethereum, Neo ou d’autres poids lourds du secteur.

Plus qu’une simple “plateforme supplémentaire”, Bismuth est l’un des rares projets entièrement original et dont aucune ligne de code n’a été copiée d’un autre projet. Cela fait de Bismuth un projet singulier à bien des égards, et dont l’envergure est difficile à saisir pour le profane (“la première blockchain écrite en python” n’étant pas un argument qui fait rêver je vous l’accorde). Le crédo de la team est de ne pas complexifier une chose pouvant fonctionner simplement. Cet état d’esprit est important, car il nous permet de mieux comprendre les choix de conceptions du projet, qui diffèrent sensiblement de ce que l’on peut rencontrer ailleurs.

Bismuth part du principe que contrairement à ce que l’on peut nous rabâcher depuis des années, les smart contrats ne sont pas si “smarts” et il reste toujours une dose de confiance à avoir, même lorsque l’on parle de blockchain et de désintermédiation. Lorsque j’utilise un smart contrat, je dois en réalité faire confiance au programmeur qui l’a crée, et croire qu’il fonctionnera bien comme prévu. Mais souvent, le smart contrat peut contenir des bugs, une backdoor, et peut être mis à jour de manière malveillante sans que cela se sache. Les développeurs de Bismuth sont donc partis du principe qu’il y aura toujours une part de confiance dans l’utilisation d’applications décentralisées, et ont délaissé certaines fonctionnalités des smart contrats “classiques” en échange d’une structure complètement nouvelle ouvrant les portes à des possibilités méconnues jusqu’alors.

Si cela peut vous sembler flou pour l’instant, nous allons comme d’habitude entrer dans les détails un peu plus loin. Dans un premier temps, je me focaliserai sur l’aspect purement monétaire du projet en étudiant le $BIS, le coin permettant le fonctionnement de la plateforme. J’étudierai ensuite la plus-value apportée par Bismuth vis-à-vis de ce qui existe déjà sur le marché, et enfin, j’aborderai les ambitions du projet, la team, et tout ce qui peut laisser présager ou non du succès de Bismuth à l’avenir. Le tout comme d’habitude, au filtre de l’investisseur que je suis.

Le coin $BIS: tokenomiques et utilité

La plateforme Bismuth fonctionne grâce à sa monnaie native $BIS. Le coin est utilisé pour payer les frais de transactions nécessaires aux interactions avec les différentes dapps, la première d’entre elle étant comme pour les autres plateformes un cash décentralisé. Le $BIS est également utilisé pour stocker différentes données sur la blockchain, ainsi que pour rémunérer via un bloc reward les mineurs et les opérateurs des “Hypernodes” que j’aborderai ultérieurement.

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Schéma d’émission du coin $BIS

La circulating supply actuelle est de 18,1 millions de $BIS pour une maximum supply théoriquement illimitée. Toutefois, la période de bloc reward terminera en 2031, totalisant 61,5 millions de $BIS en circulation. L’émission résiduelle concernera la rémunération des Hypernodes à hauteur de 0,8 $BIS par bloc, portant l’inflation permanente à 0,82% par an, ce qui reste largement acceptable.

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Après 2031, les mineurs devront quant à eux compter sur les frais de transactions (détaillés plus bas) pour rester profitable. Côté financement, Bismuth est un projet sans ICO, sans investisseurs privés et sans premine. On a toutefois un dev fee de 10% sur le minage, seule source de revenus pour le projet, qui sera maintenu jusqu’à 2031. Pour l’émission, il n’y aura pas de halving, mais une décroissance linéaire du bloc reward. On démarre à 15 $BIS par bloc en mai 2017, pour atteindre les 0 $BIS par bloc en 2031. Actuellement, les rewards sont de 11,86 $BIS par bloc, dont 0,8 reviennent aux Hypernodes, 1,186 aux développeurs et 9,87 pour les mineurs. Sur les 61,5 millions de $BIS émis à la fin de la période de rewards, 51,4 millions auront été distribués aux mineurs, 5,1 millions pour les développeurs et 5 millions pour les Hypernodes. Avec un block time de 1 min, l’inflation reste élevée avec une émission d’environ 17.000 $BIS par jour. Toutefois, ce phénomène est réduit grâce aux Hypernodes, bloquant actuellement 3,25 millions de $BIS en staking (18% de la circulating supply).

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* Il est à noté que le système d’émission de $BIS évoluera début juin prochain afin de booster la rentabilité des Hypernodes, et attirer plus de stakers. En effet, un hardfork stratégique aura lieu à ce moment là, venant retirer 1,8 $BIS par bloc aux rewards des mineurs afin de les offrir aux Hypernodes. La rentabilité d’un Hypernode augmentera donc de 200%. Si cela est une bonne nouvelle à court terme (incitation à staker davantage et raréfaction de la circulating supply), cela pose à mon avis problème à long terme, vu que l’inflation perpétuelle passe subitement de 0,82% à 2,46%, les rewards des Hypernodes se poursuivant indéfiniment après la fin de la période de rewards.

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Aujourd’hui, la circulating supply est d’autant plus restreinte suite au hack de Cryptopia, le seul échange d’envergure ayant listé le $BIS. Actuellement en phase de liquidation, l’échange totalise encore 5,2 millions de $BIS à son adresse (première de la rich list) et semble incapable d’accéder à ces fonds. Pour l’investisseur, cette situation peut sembler opportune, ces 5,2 millions de $BIS inaccessibles augmentant mécaniquement la valeur des coins restants. Toutefois, je considèrerai plutôt cela comme un holding forcé, et ces coins réapparaîtrons forcément d’une manière ou d’une autre sur les marchés, causant une forte pression à la baisse sur les cours. Outre la possible liquidation des coins par Cryptopia ou le dumping par les Hackers, les développeurs ont fait savoir qu’ils étaient prêts a aller jusqu’au hardfork pour restituer les coins aux victimes.

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On reverra donc ces 5,2 millions de $BIS en circulation à plus ou moins brève échéance. Le hack de Cryptopia a considérablement handicapé le projet en terme d’exposition. Aujourd’hui seulement disponible sur Qtrade avec un volume très faible (0,86 BTC ces dernières 24H), le $BIS a connu une chute de cours impressionnante, passant de plus de 60.000 sat en janvier 2018 à 2300 sats aujourd’hui pour un marketcap de 2,3 millions de dollars.

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Aperçu de la rich list de Bismuth à l’heure de rédaction de l’article

La team dispose aujourd’hui de 974.000 $BIS afin de financer le projet (2ème adresse de la rich list). La rich list et le dev fund peuvent être suivis sans difficultés grâce à l’explorer, et l’équipe, qui à choisi de créer la Fondation Bismuth afin de donner un cadre à l’utilisation de ces fonds, reste assez transparente à ce sujet.

Côté minage, Bismuth fonctionne avec l’algorithme customisé “Bismuth Heavy 3” résistant aux ASICS. Cela dit, la team reste à long terme favorable à ces derniers, car ils sont le seul moyen de réellement sécuriser une blockchain à preuve de travail. La taille des blocs est de 650kb, auxquels viennent s’ajouter des données permettant d’interagir avec différentes dapps. Le frais de transaction par défaut est de 0,01 $BIS par transaction, auquel vient s’ajouter une tarification en fonction de la tailles des données que l’on souhaite joindre à la transaction. En effet, nous verrons qu’il est possible d’ajouter un message plus ou moins long à notre transaction, message qui sera lui aussi enregistré définitivement dans la blockchain en contrepartie d’un frais proportionnel à sa taille. Les interactions avec certains smart contrats peuvent également avoir une tarification différente (ex: la création d’un token comparable à un ERC20 chez Bismuth coûte 10 $BIS en plus du frais de transaction de base). Ces différentes tarifications forment à mon sens un ensemble cohérent qui permettra la viabilité de Bismuth une fois la courte période (14 ans) de block rewards terminée.

Au niveau de l’anonymat, l’intégration native du routage des transactions par le réseau Tor mérite d’être soulignée. La team a également mis au point un mixeur d’adresses décentralisé qui est aujourd’hui très peu utilisé, relativisant son efficacité et sa pertinence.

Vous avez parlé de Legos???

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Si on s’autorise la comparaison, Ethereum peut être considéré comme le dernier jouet high tech quand Bismuth se voit plus dans le rôle des Legos. Ces briques en plastiques sont rudimentaires et ne valent pas grand chose prises une par une. En revanche, les Legos permettent une modularité infinie et une flexibilité n’ayant de limite que votre imagination. N’importe quel enfant de plus de 3 ans peut construire à peu près ce que bon lui semble avec des Legos, alors que le dernier jouet high tech sera plus rigide dans son utilisation, pourra tomber en panne et ne sera pas forcément accessible aux plus petits (les Legos sont aussi les jouets les plus rentables au monde et rapportent des milliards chaque année à leurs créateurs mais passons).

Un smart contrat chez Ethereum est très complexe. Le code est écris dans un langage spécifique (Solidity) et il est généralement admis qu’il est “trustless”, c’est à dire qu’il retire l’intermédiaire de confiance. Ainsi, le code lui même peut détenir des fonds, les bloquer, les distribuer automatiquement ou les brûler, sans que personne ne puisse y faire quelque chose. Le code c’est la loi. Les smart contrats sont aussi stockés directement sur la blockchain et opérés par l’ensemble des noeuds du réseau. Ainsi, chacune de mes interactions avec un token ERC20 ou Cryptokitties fait appel à la validation de l’ensemble du réseau Ethereum. Tout se fait “on chain”.

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Si ce modèle est complexe et sophistiqué, il n’est peut être pas enviable sur tout les points. D’abord, un smart contrat Ethereum ne supprime pas vraiment l’intermédiaire de confiance. Disons qu’il le dissimule. En effet, il y a toujours une dose de confiance à avoir dans celui qui à crée le smart contrat: il faut avoir la conviction que le code s’opèrera de la manière dont il est décrit, et qu’il ne comporte pas de bug capable de détruire tout les fonds qu’il comporte comme se fut le cas avec le wallet Parity en 2017. D’autre part, le fait que chaque smart contrat fait appel à l’ensemble des noeuds du réseau consomme énormément d’énergie pour un faible nombre d’utilisateurs, et pose de sérieux problèmes de scalabilité. Enfin, le fait de devoir apprendre le langage Solidity constitue un réel obstacle à la possibilité d’auditer le code et à entrainer les développeurs dans l’écosystème.

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L’utilisateur develops199, célèbre pour avoir détruit accidentellement le smart contrat du wallet Parity, causant la perte de plus de 280 millions de dollars en ETH.

Bismuth vient répondre à l’ensemble de ces problèmes en commençant par supprimer certaines fonctionnalités propres aux smart contrats d’Ethereum. En deux mots, on simplifie. On ne cherche pas à supprimer complètement l’intermédiaire de confiance, et on assume qu’il faut faire confiance aux opérateurs des smart contrats. Le créateur du smart contrat reste maître de ce dernier, ce qui fait que le code n’est pas inarrêtable ou incontrôlable. Le code ne “possède” pas de fonds, ne peut les dépenser automatiquement, ni les détruire. Il faut ainsi se fier à la blockchain pour voir que le code s’est exécuté correctement, développant au fil du temps une notion de réputation autour des opérateurs de smart contrats. Les smart contrats ne sont pas non plus stockées “on chain”, et les interactions avec les dapps n’impliquent que les noeuds du réseau concernés par cette dapp. Cela évite d’encombrer l’ensemble des noeuds, et permet d’interagir avec une multitude de smart contrats sans jamais saturer le réseau. Enfin, les smart contrats peuvent être écris en n’importe quel langage, Python étant le langage de base de Bismuth. Cela permet à n’importe quel programmeur de pouvoir construire sa propre dapp ou son propre smart contrat sans difficultés. Simplicité, accessibilité, et modularité.

Comment ça marche?

Vous avez compris que la notion de “smart contrat” de forme Ethereum n’a plus de sens chez Bismuth, car le code n’est plus tout à fait souverain, et dépend toujours de son opérateur. Si cela permet de simplifier et éviter toute une gamme de failles présentes chez Ethereum, cela entraine nécessairement un peu plus de centralisation dans le fonctionnement de Bismuth.

La team préfère parler de “smart protocols”. Un smart protocol est un programme construit par dessus la blockchain Bismuth (donc, pas on chain) et qui est opéré par une application décentralisée particulière. Ils peuvent être écris en n’importe quel langage, et interagissent avec la blockchain grâce aux données additionnelles que l’on peut ajouter aux transactions. Concrètement, quand je suis sur le wallet de Bismuth, j’ai 2 champs possibles pour faire appel à une dapp particulière en plus du “montant” et de “l’adresse destinataire” que l’on connait tous. Il s’agit des champs “Data” et “Operation”. Je peux inscrire un message particulier ou un programme dans ces encarts et diffuser ma transaction sur la blockchain.

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Les champs “Data” et “Operation” permettent d’interagir avec les dapps de la plateforme Bismuth

La blockchain quant à elle, est observée par un grand nombre d’acteurs (api, serveurs, autres wallets). Ces derniers opèrent ou interagissent avec des dapps et guettent si les transactions contiennent des données qui les intéressent. Personne ne sait ce que veulent dire ces “datas” additionnelles, sauf l’application concernée qui est capable de les interpréter. De cette manière, le protocol est “smart” dans la mesure ou il est discriminant, et fait appel seulement aux acteurs concernés au lieu de congestionner tout le réseau. Il est aussi sécurisé par la blockchain, l’ensemble de ces “datas” y étant enregistrées au même titre que les transactions. Il est accessible à tous, dans le sens ou n’importe quel langage peut être utilisé dans l’onglet “Data”. Enfin, il est modulable, car chaque application décentralisée peut être directement intégrée au wallet via un système de plugin nommé “Crystals”.

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Intégration des dapps sous la forme de plugin dans le wallet de Bismuth.

Ainsi, le réseau Bismuth permet deux types de transactions:

  • Les transactions classiques: destinées au transfert monétaire de $BIS
  • Les transactions abstraites: seulement destinée à interagir avec une dapp. Ces dernières sont des transactions impliquant 0 $BIS hormis les frais de transactions, et contiennent des “datas” qui seront interprétées par l’application concernée.

Une transaction peut aussi être les deux à la fois (transfert de $BIS + communication avec une dapp). Aujourd’hui, il existe une dizaine de smart protocols répertoriés sur le Github de Bismuth, et n’importe quel programmeur peut créer le siens. Parmi ces protocoles, on compte le protocole “Token”, qui permet de créer son propre token sur la blockchain de Bismuth, à la manière des tokens ERC20 pour Ethereum. Pour invoquer ce smart protocol, il me suffit d’envoyer une transaction abstraite depuis mon wallet mentionnant “token:issue” dans l’encart “opération”, et la quantité et le nom du token dans l’encart “data”. C’est aussi simple que ça. Mes tokens customisés peuvent ensuite s’échanger de la même manière entre différents wallets Bismuths grâce à l’opération “token:transfer”. On remarque que le $BIS est impliqué à chaque fois via les frais de transactions au même titre que le gaz chez Ethereum.

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Guide d’utilisation du smart protocol “token”

Ainsi, Bismuth renonce à l’utopie du “smart contrat” autonome et inaltérable et propose une structure beaucoup plus modulaire et flexible sans aucune barrière à l’entrée. Le projet s’inscrit ainsi dans une démarche qui pourrait être très favorable pour une adoption par les masses et au développement d’un écosystème bien plus vaste que celui d’Ethereum.

Les autres spécificités de Bismuth: Hypernodes et Hyperblocks

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Bismuth à lancé depuis fin 2018 une chaîne à preuve d’enjeu basée sur le système des Hypernodes. Les Hypernodes sont des masternodes bien particuliers dans le sens ou ils sont presque totalement déconnectés des mineurs et de la chaîne à preuve de travail. Leur job n’est pas de renforcer le système par une approche hybride du consensus. Ils ne sont pas non plus en concurrence les uns par rapport aux autres pour produire des blocs, et sont rémunérés par une portion des rewards produits par les mineurs. Il existe 3 niveaux d’Hypernodes nécessitant respectivement un staking de 10.000, 20.000 et 30.000 $BIS. Mais à quoi peuvent-ils bien servir?

Les Hypernodes sont là pour surveiller la chaîne à preuve de travail. Sur leur chaîne à preuve d’enjeu, ils inscrivent de manière irréversible les indicateurs de performance des noeuds du réseau. Cela concerne les noeuds opérant sur de la chaîne à preuve de travail, mais aussi les autres Hypernodes, si bien qu’il est possible de connaître en temps réel le niveau d’intégrité des deux chaînes. Cela veut dire que les Hypernodes ont pour but de se tester les uns les autres, ainsi que les noeuds impliqués dans le processus de minage, afin d’enregistrer de manière irréversible toute tentative de corruption de l’une des deux chaînes. Les Hypernodes sont en définitive une couche supplémentaire venant renforcer la sécurité du réseau Bismuth, sans contribuer de manière active au consensus. Les Hypernodes sont eux mêmes rémunérés en fonction de leurs indicateurs de performance (ce qui les incite à faire leur travail correctement), et sont sécurisés par la chaîne à preuve de travail, actualisant en temps réel la liste des Hypernodes valides autorisés à opérer la chaîne à preuve d’enjeu.

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Pour l’instant, la couche des Hypernodes sert uniquement à ça, ce qui est un peu décevant vu le réseau de hardware décentralisé qu’ils apportent, et vu l’importance qui leur sera donné dans la nouvelle répartition des rewards prévus le mois prochain. A l’avenir, la team à évoqué la possibilité d’exploiter un peu mieux le potentiel des Hypernodes par la gestion de sidechains, un peu à l’image de ce que propose Zelcash avec ses Zelnodes. Mais on est encore dans une phase de concept, et j’aurais préféré voir leurs fonctionnalités multipliées AVANT de voir leurs rewards augmentés, le développement de ces dernières ne constituant pas pour l’instant une priorité.

Bismuth propose également de manière native un mode de “compression” de la blockchain permettant pour les noeuds (sauf pour les Hypernodes qui, eux fonctionnent obligatoirement avec la chaîne complète) de gagner en performance et en stockage. Ce système, nommé Hyperblocks permet de charger uniquement les 15.000 derniers blocs de la blockchain au démarrage, tout en gardant la possibilité de synchroniser le reste de l’historique en cas de besoin. Cette approche permet un gain de RAM significatif.

Team/roadmap/communauté

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La team derrière Bismuth est composée de 9 développeurs travaillant à temps partiel comprenant Jan Kucera, le fondateur du projet. Ce dernier à commencé à développer Bismuth en 2015 comme un projet personnel, et la team s’est progressivement agrandie autour de lui. Au départ uniquement focalisée sur la technique et le développement du coeur de Bismuth, la team à peu à peu attiré des individualités focalisées sur le design et l’interface utilisateur afin de créer un environnement plus familier pour le profane. Aujourd’hui, ces efforts ont payé avec la création du wallet Tornado très esthétique et intuitif, un logo plus parlant et un site web épuré. Des efforts restent à faire au niveau du contenu du site web qui reste assez technique en redirigeant l’utilisateur presque systématiquement sur Github. On aimerait par exemple pouvoir télécharger et installer le wallet directement depuis un onglet évident sur le site web plutôt que de devoir chercher et être redirigé sur le repo de Bismuth. Si la team a su prouver ses compétences techniques à maintes reprises, elle manque aujourd’hui cruellement d’individualités portées sur le marketing, ce qui fait que le projet peine à gagner en exposition.

L’équipe communique assez bien avec sa communauté qui se compose de plus de 3200 membres sur Discord et 7053 followers sur Twitter. Toutefois, les interactions de la communauté ont tendance à manquer de qualité ces derniers mois, la plupart des posts étant liés au hack de Cryptopia à la chute du prix. Le projet est suivi encore une fois par des pionniers dans les domaines du spec-mining et de la recherche de microcaps à fort potentiel, conférant à Bismuth un potentiel de hype sur les réseaux non négligeable.

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S’agissant de la roadmap, elle est à mon sens peu explicite pour l’investisseur de base et encore une fois trop technique. En somme, elle s’adresse aux développeurs et aux individus possédant déjà une bonne base technique, et reste difficile à vendre pour l’investisseur moyen dont l’attention est aujourd’hui absorbée par de multiples projets. Il faut toutefois souligner l’effort qui sera réalisé en terme de tutoriels et de documentation qui devrait grandement faciliter la production de dapps par des parties tierces. Quant à moi, j’aurais aimé voir plus de précisions s’agissant de l’exploitation future du potentiel des Hypernodes, chose que l’on pourrait découvrir en 2020. Enfin, la roadmap mériterait une petite mise à jour, certains items n’étant plus d’actualité (“Cold staking for Fuel”) et d’autres n’y figurant pas (développement à venir de la technologie “Hyperlane” qui devrait permettre une interconnexion rapide entre tout les noeuds du réseau Bismuth, et créer une sorte “d’internet à l’intérieur de la blockchain”).

Mon avis d’investisseur:

C’est article est peut être l’un des plus difficile que j’ai eu à écrire avec celui sur Nyzo. C’est la marque des projets uniques, dont les concepts et l’envergure sont difficile à vulgariser et à expliquer dans des termes simples. Bismuth est un projet foncièrement singulier par son approche des smart contrats et par l’état d’esprit qui le soutient. Il se distingue de l’ensemble des plateformes que l’on connaît de par son accessibilité, sa simplicité et sa modularité.

L’état d’esprit de la team est aussi appréciable dans le sens ou aucune annonce n’est faite tant que la technologie elle-même n’est pas prête. C’est pour cela que la roadmap ne s’avance pas encore sur ce qui est prévu en 2020, et que le whitepaper de Bismuth n’a été finalisé qu’en avril dernier malgré les 2 années d’existence du projet. D’un point de vue analyse fondamentale, on est sur un projet solide côté développement (quoi qu’un peu lent pour certains) et cohérent du point de vue monétaire. Si l’inflation est encore élevée aujourd’hui, on observe que le $BIS est systématiquement utilisé dans le fonctionnement de Bismuth. Le token est donc nécessaire, et sa valeur augmentera mécaniquement avec l’utilisation de la plateforme.

Toutefois, si vous avez lu cet article, vous savez qu’un investissement dans un microcaps n’est profitable que si il répond par l’affirmative à ces deux questions:

  • Est-ce que le projet est fondamentalement bon?
  • Est-ce que les masses vont l’aimer?

Bismuth valide avec certitude le premier critère. Cela dit, j’émet des doutes quant au deuxième, et c’est personnellement ce qui me retiens d’investir davantage dans le $BIS. Bien que le potentiel du projet est énorme, la team peine à le faire savoir. Le marketing est inexistant, la documentation s’adresse principalement aux développeurs, et la roadmap n’a rien pour faire rêver le profane. En somme, il est très difficile pour l’investisseur de base de comprendre ce que cherche à accomplir Bismuth et en quoi il se distingue des autres projets. Honnêtement “la première blockchain écrite en python” n’est pas un argument suffisant pour générer un momentum de hype.

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Je suis d’accord

De plus, le hack de Cryptopia n’a vraiment pas aidé en terme d’exposition. Bismuth repart aujourd’hui quasiment à 0 dans ce domaine, et la “menace” du déblocage des 5,2 millions de $BIS retenus sur Cryptopia fait courir le risque d’une pression à la vente soutenue sur le cours. Il est donc légitime d’attendre la résolution de cette situation avant de se positionner sur le projet.

Toutefois, le cours du $BIS a déjà chuté de 98% par rapport à son plus haut historique, et le sentiment ambiant de peur et d’incertitude sur le cours me laissent penser qu’il est quand même opportun de placer quelques billes sur le $BIS à l’heure actuelle. Bismuth est donc un projet à surveiller de par son originalité et de sa sous-exposition, état qui pourrait ne pas durer longtemps.

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