Revue de coin #6 — TomoChain et son écosystème

Image for post
Image for post

Dans cette série d’article, je mettrai en lumière des coins qui ont attiré mon attention ou celle de ma communauté d’une manière ou d’une autre. En tant que gem hunter, il s’agira forcément de microcaps peu exposés sur les marchés et les réseaux sociaux, possédant une faible liquidité et un marketcap largement inférieur que ce l’on peut voir dans le top 100 des crypto-monnaies . Plus que jamais, le lecteur sera encouragé à faire ses propres recherches, et à ne pas miser trop gros sur ce genre de projet très risqués.

Disclaimer: Il se peut que je sois déjà investis dans ces projets à l’heure ou j’écris ces articles : Ce n’est pas le cas ici avec TomoChain.

Cette revue de coin est la deuxième qui répond aux demandes de ma communauté. Aujourd’hui, je vous livre mon analyse fondamentale à propos de TomoChain sous une perspective d’investisseur. A t’on en face de nous une pépite dont le cours n’attend que d’exploser? C’est ce que nous allons voir.

TomoChain, en bref

TomoChain est un projet d’origine vietnamienne dont la conception remonte à fin 2017 et dont l’ICO a eu lieu en mars 2018. L’objectif de Tomochain est de permettre la tokenisation de l’économie en s’imposant comme une plateforme de smart contracts ultra scalable, et compatible avec l’écosystème Ethereum qui domine aujourd’hui le marché.

L’accent est mis sur la scalabilité qui est rendue possible par un mode de consensus innovant: la preuve d’enjeu par le vote (PoSV pour “proof of stake voting”). Aujourd’hui, le réseau TomoChain permet un TPS (transactions par seconde) de 2000, chiffre qui devrait monter selon les estimations de la team à 30 000 ultérieurement, grâce à des techniques avancées de scaling en cours de développement. L’autre argument de vente de TomoChain est sa compatibilité totale avec Ethereum: tous les smart contrats développés pour Ethereum pourront être opérés par TomoChain, et pourront bénéficier de la scalabilité permise par son architecture PoSV.

Enfin, TomoChain cherche à se distinguer par le développement de son propre écosystème, et possède déjà à son actif une vingtaine de partenariats stratégiques dans les domaines de la blockchain et de l’investissement. La team prévois également le développement de TomoDEX, un DEX qui sera directement intégré au niveau de la blockchain Tomo.

Un peu à la , on a face à nous un projet englobant de type plateforme, qui cherche à se distinguer par sa scalabilité et sa compatibilité avec l’écosystème Ethereum.

Dans cette analyse, je vous propose d’aller du particulier au global, en commençant par le carburant de l’écosystème TomoChain: la monnaie $TOMO. J’aborderai ensuite l’aspect innovation du projet via l’analyse du consensus par PoSV et d’autres aspects techniques. On verra en troisième temps les aspects plus classiques de l’analyse fondamentale (team / roadmap / communauté), et enfin, je vous expliquerai pourquoi en tant qu’investisseur je ne miserai pas sur TomoChain même si c’est un projet qui peut potentiellement rapporter gros en cas d’adoption par les masses.

Le coin $TOMO: tokenomiques et utilité

L’écosystème qui se construit actuellement autour de TomoChain fonctionne grâce à sa propre monnaie native: le coin $TOMO. Le coin et sa blockchain constituent la base du projet, et permettent de rémunérer les masternodes et les stakers en charge de produire les blocs de transaction et de sécuriser le réseau.

Image for post
Image for post
Courbe d’inflation lors de l’émission de la supply de $TOMO

La circulating supply actuelle de $TOMO est de 60 millions de coins pour une maximum supply de 100 millions d’unités qui sera atteinte d’ici 8 ans suite à l’émission des block rewards. La manière dont survivra le réseau après cette période est encore indécise, les développeurs hésitant entre une survie basée sur les frais de transactions, et la mise en place d’une inflation perpétuelle à hauteur de 1 millions de $TOMO par an. La première option (survie grâce aux frais de transactions) semble très peu probable, TomoChain se targuant de prélever des frais quasi nuls sur les transactions (1WEI par transaction, soit 10 puissance -18 $TOMO).

Image for post
Image for post

S’agissant de la répartition de la supply, le projet a été financé sous le modèle de l’ICO. La distribution initiale de coins a eu lieu en mars 2018, et TomoChain a levé 8,5 millions de dollars de fonds pour 55 millions de $TOMO distribués. Les 45 millions de coins restants sont répartis comme suit:

  • 12 millions pour la team, qui seront débloqués progressivement au cours des 4 prochaines années
  • 16 millions pour les partenariats stratégiques destinés à promouvoir l’écosystème Tomo
  • 17 millions qui seront utilisés en tant que block rewards.

Les 17 millions de $TOMO réservés aux blocs rewards seront distribués de manière non linéaires au cours des 8 prochaines années selon l’échelonnement suivant:

  • 4 millions par an les 2 premières années
  • 2 millions par an au cours des années 3, 4 et 5
  • 1 million par an au cours des années 6, 7 et 8

Nous allons analyser plus en détails le mode de consensus de TomoChain par la suite. Mais il faut savoir que les coins destinés aux blocs rewards ne reviennent pas entièrement aux masternodes. Sur les 17 millions de coins qui seront distribués au cours des 8 prochaines années:

  • 40% reviendront aux masternodes
  • 50% reviendront aux stakers votant pour les masternodes
  • 10% seront prélevés par la “TomoFoundation” (wallet opéré par la team pour le moment) pour dynamiser encore une fois l’écosystème.

Cette répartition me semble déséquilibrée en faveur de la team et assez pénalisante pour l’écosystème. En effet, avec ses 12 millions de coins délivrés sur 4 ans, la team disposera en 2022 d’autant de $TOMO qu’il n’en aura été produit via les blocs rewards pendant cette période. De plus, les 16 millions de coins destinés aux partenariats stratégiques souffrent d’un manque de transparence dans leur utilisation, et le prélèvement de 10% sur les blocs rewards restants me semblent injustifiés. Finalement, l’alimentation du coeur même du système de TomoChain ( les blocs rewards destinés à préserver l’intégrité de la plateforme) occupent une place minoritaire dans la répartition de la supply, ce qui est dommage.

Image for post
Image for post
Top 10 de la rich list de $TOMO

Au regard de la rich list, on retrouve dans les premiers comptes les wallets de la team et de la “TomoFoundation”. A noter que l’échange Kucoin se positionne à la 4ème place avec 5 millions de $TOMO, et que la première place n’est autre que le smart contract “TomoValidator” qui permet le fonctionnement du consensus comme nous allons le voir.

Image for post
Image for post

TomoChain dispose aujourd’hui d’un marketcap de 29,3 millions de dollars pour un prix de 6100 sats par $TOMO. Le plus haut historique s’élève à près de 22.000 sats par coin, et a été atteint en mai 2018. Côté exposition, Tomochain est principalement tourné vers une audience asiatique avec un listing sur Kucoin et sur Hotbit. On est sur des échanges connus pour leur washtrading et il vaut mieux prendre avec du recul le volume quotidien affiché de 147 BTC.

Le 14 décembre 2018, le mainnet de TomoChain est officiellement lancé, et le $TOMO devient le token natif de la plateforme, abandonnant la norme ERC20 empruntée à Ethereum depuis l’ICO. Le $TOMO n’est pas minable et son émission est réalisé par un dérivé de la preuve d’enjeu: la preuve d’enjeu par le vote (PoSV). On est sur un block time de 2 seconde et la blockchain contient déjà plus de 6,3 millions de blocs pour une taille approximative de 80GB en l’espace de seulement 6 mois de mainnet. A première vue, et comme pour la plupart des projets qui se veulent ultra scalables, on s’oriente vers un accroissement rapide de , ce qui pourrait questionner la décentralisation de TomoChain à l’avenir.

La preuve d’enjeu par le vote (PoSV)

Image for post
Image for post
Schéma de fonctionnement du consensus par PoSV

Le consensus soutenant la blockchain TomoChain constitue la principale innovation du projet. La scalabilité permise rappelle celle de projets comme EOS ou Steem, et il est pas étonnant de constater que le consensus par PoSV à des airs de preuve d’enjeu déléguée (DPoS).

Chez TomoChain, les blocs de transactions sont produits par un lot de 150 masternodes élus par l’ensemble des détenteurs de tokens $TOMO (les stakers). Pour opérer un masternode, il faut staker 50.000 $TOMO, et déposer une candidature sur l’interface de gestion des masternodes “TomoMaster”. Cette interface graphique vient lister l’ensemble des masternodes qui ont déposé leur candidature ainsi que leur spécification en terme de hardware et leur performances.

Image for post
Image for post
Prix proposés par Digital Ocean

Il faut savoir que le niveau de hardware moyen pour opérer un masternode sur TomoChain est très élevé, ce qui peut facilement dissuader le profane de contribuer directement au consensus. En effet, le masternode moyen dispose de 16 coeurs, 32GB de RAM et un uptime de 100%, performances facturées près de 320$ par mois chez les grands fournisseurs de VPS. Cette barrière à l’entrée est inversement proportionnelle au nombre de masternodes autorisés sur le réseau, notion que l’on retrouve chez l’ensemble des projets cryptos. La palme du masternode le moins abordable revient à EOS avec ses 21 block producers, quand l’autre extrémité , avec un nombre illimité de validateurs opérés pour moins de 15$ par mois. Avec ses 150 masternodes autorisés, TomoChain se positionne plus du côté d’EOS.

Image for post
Image for post
Interface de TomoMaster

L’interface TomoMaster n’est pas seulement destinée aux détenteurs de masternodes, et constitue également l’interface permettant d’interagir avec ce smart contract d’élection. N’importe quel holder de $TOMO peut se connecter à TomoMaster et voter pour le masternode qu’il veut en plaçant ses tokens sur le masternode en question. Le poids du vote de chaque holder est proportionnel à son stack. On peut voir combien de tokens sont stakés sur chaque masternode, les premiers disposant ici de plus de 400.000 $TOMO. Les holders peuvent décider de changer leur vote toutes les 30 minutes (900 blocks), et même retirer leurs coins du smart contrats d’élection quand bon leur semble. Au moment ou ils retirent leurs $TOMO du smart contrat d’élection, leurs coins sont gelés pendant une période de 48h. Lorsqu’un masternode décide d’arrêter ses services, les 50.000 $TOMO de collatéral sont eux gelés pendant une période de 30 jours.

Là ou TomoChain vient innover par rapport à d’autres projets comme EOS, c’est que les holders sont financièrement incités à voter de manière active pour les masternodes les plus efficaces. En effet, les holders plaçant leurs coins dans le smart contract d’élection reçoivent 50% des blocks rewards à chaque fois que les masternodes pour lesquels ils ont votés valident un bloc. Ces 50% sont répartis entre tous les holders ayant misés sur le masternode en question, et le masternode lui même capte une part de ces “staking rewards” via les 50.000 $TOMO qu’il a mis de côté pour initier le masternode (en plus de ses 40% de “masternodes rewards”). Les masternodes qui ne figurent pas parmi le top 150 ne reçoivent aucun rewards, et les holders qui ont voté pour ces derniers non plus. Cela pousse les holders à voter pour les masternodes les plus performants, afin d’être sûr d’obtenir des rewards.

Finalement, le fait de staker ses $TOMO sur un masternode devient pour le holder une décision d’investissement sujette à différentes stratégies qui sont bénéfiques pour l’écosystème. En effet, notre holder peut jouer la sûreté en votant pour les masternodes les plus performants. Il sera sûr d’obtenir des rewards, mais sa récompense sera diluée parmi les nombreux holders qui ont également misé sur ces masternodes. Il peut aussi adopter une stratégie plus risquée en votant pour un masternode à la limite du top 150. Si ledit masternode confirme sa place dans le top 150, le holder sera l’un des seul à avoir voté pour ce dernier et captera une partie beaucoup plus conséquente des staking rewards (le risque étant que le masternode n‘entre pas dans le top 150).

Ce système encourage une “démocratie” active, là ou EOS encourage une “ploutocratie” ou seuls les acteurs les plus impliqués dans l’écosystème sont incités à voter. Les stratégies mises en place par les holders pour maximiser leurs gains permettent aussi un roulement dans les masternodes du top 150, et vient limiter un phénomène de cartels présent chez les projets à preuve d’enjeu déléguée. Depuis décembre dernier, le consensus par PoSV semble fonctionner parfaitement et implique une bonne partie des holders dans le processus d’élection des masternodes. A l’heure ou j’écris cet article, c’est plus de 33 millions de $TOMO qui sont détenus par le smart contrat d’élection (55% de la circulating supply).

Toutefois, la non rémunération des masternodes candidats hors top 150 fait peser le risque de restriction de la diversité des masternodes, chose qu’EOS évite en rémunérant aussi les Block Producers hors top 21. D’autre part, la preuve d’enjeu par le vote favorise encore les plus fortunés, (un masternode peut s’élire lui même si il dispose d’un stack suffisant) et aucun mécanisme d’éjection des masternodes parasites n’existe pour l’instant.

Image for post
Image for post
Schéma de la double validation chez TomoChain

Au niveau de son consensus, TomoChain met aussi en place un système de double validation permettant de limiter les attaques de type “handshake” (le masternode produit et valide son propre bloc frauduleux) et “nothing at stake” (le masternode valide les deux chaînes en cas de fork sans rien y perdre) connus de tout les projets proposant une forme de preuve d’enjeu. Un mécanisme aléatoire vient sélectionner un premier masternode qui produit le bloc, puis un masternode différent pour une première validation, et enfin un troisième masternode pour une seconde validation. Le bloc est ensuite considéré comme valide si les 3/4 des 150 masternodes l’ont signé. De cette manière, le nombre de forks est limité au maximum.

Image for post
Image for post
Le triangle d’impossibilité des blockchains

Avec son consensus par PoSV, TomoChain vient trouver un compromis légèrement différent que les autres coins à preuve d’enjeu déléguée à l’intérieur du triangle d’impossibilité des blockchain. Au sein de ce triangle, ou il est difficile de réunir scalabilité, décentralisation et sécurité, les coins à preuve d’enjeu déléguée viennent en général se placer vers le sommet de la scalabilité, délaissant la décentralisation en limitant le nombre d’acteurs participants au consensus ( 21 BP pour EOS, 27 super representatives pour TRON…). TomoChain vient gagner légèrement en décentralisation en élargissant ce chiffre à 150 masternodes, et en renforçant la sécurité par le mécanisme de double validation.

Team / orientation du projet / communauté / perspectives

Image for post
Image for post
Team derrière TomoChain

Selon Long Vuong le fondateur, l’équipe derrière TomoChain est composée de 40 développeurs travaillant à plein temps sur le projet. Le site de Tomochain liste quant à lui une team de 18 développeur intégralement asiatique. En tant que co-fondateur de la crypto-monnaie NEM, Long Vuong a déjà une bonne expérience dans le domaine de la blockchain, et le reste de la team semble tout aussi expérimentée et compétente.

L’équipe communique avec la communauté via différents canaux, et est principalement active sur Telegram, ce qui est dommage car l’interface de Telegram vient disperser les informations utiles sous un déluge de mêmes et de spams. On peut regretter un certain manque de transparence ou une retenue de la team sur les points d’intérêts notables pour un investisseur, notamment au niveau des listings sur les échanges, l’utilisation du dev fund, ou l’inflation prévue à la fin de la période de block rewards.

La communauté derrière TomoChain est assez nombreuse. On compte plus de 11.000 membres sur le Telegram officiel, 1200 membres sur Reddit et 14.000 followers sur twitter (dont certains membres bien connus dans la communauté crypto comme Luke Martin). Cette large communauté semble toutefois peu engagée, et tend à se préoccuper principalement du cours du $TOMO et des listings à venir.

Image for post
Image for post
La communauté fonde en grande partie ses espoirs sur un listing sur un plus gros échange. Ce qui est mauvais signe.

Côté information, le site web de TomoChain est impeccable et les sources ne manquent pas. La team fournit pas mal de documentation technique, des updates très régulières via Medium, de nombreuses vidéos explicatives sur Youtube et une FAQ riche permettant au novice de se repérer rapidement dans l’écosystème Tomo. Cette abondance de données fait toutefois contraste avec les interactions directes team/communauté qui sont assez frustrantes, laissant l’impression d’une sélection dans les réponses aux questions ou d’une volonté de maîtrise de l’information émanant de la team. Cette attitude n’est pas propre à TomoChain est je pense qu’elle est liée aux divergences culturelles sud-asiatiques en terme de communication et d’affaires.

Pour le développement, la team a fait le choix stratégique d’utiliser Solidity en langage de programmation de base afin de garantir une interopérabilité totale avec l’écosystème Ethereum. Ainsi, chaque smart contrat construit sur Ethereum pourra fonctionner sur la blockchain Tomo, et chaque token ERC20 pourra être convertis aisément en token TRC20, la norme prévue dans l’écosystème TomoChain. Ce choix est à double tranchant, car si il permet d’utiliser l’écosystème Ethereum comme un levier pour TomoChain, il isole aussi la plateforme dans un langage complexe et peu utilisé dans le monde du développement. De cette manière, il va être compliqué d’attirer des développeurs sur la plateforme TomoChain si ils doivent préalablement apprendre Solidity. En sommes, le choix opéré par TomoChain s’avère être exactement l’inverse de par exemple.

Image for post
Image for post
TomoChain et ses multiples partenariats stratégiques

L’utilisateur peut aujourd’hui compter sur différents wallets esthétiquement très réussis, disponibles sur mobile, et TomoChain est intégré depuis peu sur les hardware wallets Ledger et Trezor. Le wallet contient nativement un navigateur de dapps permettant d’accéder à l’ensemble de l’écosystème depuis une interface unique. Cet écosystème Tomo se développe rapidement et les partenariats semblent s’enchaîner avec d’autres projets dans le milieu de la blockchain et de l’investissement. En tout, TomoChain à développé une vingtaine de partenariats stratégiques depuis le lancement de son mainnet, et pas moins de 27 tokens TRC20 ont déjà été émis sur la blockchain Tomo. Si ces partenariats sont pour l’instant effectués avec des petits projets, la team travaille sans relâche pour nouer des liens avec de plus gros acteurs qui pourront tirer TomoChain vers le haut.

Image for post
Image for post
Roadmap de TomoChain

Concernant la roadmap, les points d’intérêts à venir se portent sur le lancement du DEX TomoDEX qui sera nativement intégré à la blockchain Tomo, et sur l’implémentation de la technologie sharding afin de décupler encore la scalabilité de la plateforme.

Image for post
Image for post
Schéma de l’architecture de TomoDEX

TomoDEX doit devenir une part importante de l’écosystème Tomo avec un système d’orderbooks décentralisés supporté par le réseau de masternodes et la technologie Tomo Swarm de stockage partagé. Ce DEX aura pour particularité de favoriser l’apport de liquidités par l’utilisation de relayeurs locaux ciblant les pairs en fonction des centres d’intérêts du public visé (l’audience Coréenne ne suit pas les mêmes coins que l’audience US par exemple). Les frais de transactions appliqués à cet échange reviendraient alors aux masternodes, et TomoDEX ne se contenterai pas de lister les tokens ERC20 ou TRC20. En effet, la team prévois de favoriser l’interopérabilité via une plateforme d’atomic swaps associée à TomoDEX afin de pouvoir lister n’importe quel coin.

Image for post
Image for post

Côté investissement, le point noir de cette roadmap est qu’elle n’est plus à jour, et les développeurs ont pris un retard considérable sur les échéances initiales. Le lancement de TomoDEX était initialement prévu pour le Q1 2019 et est actuellement reporté aux Q3-Q4 de cette année. Pour la mise en place du sharding, la team à publié un document technique détaillant les challenges à surmonter pour implémenter cette technologie dans TomoChain, mais sans plus. Le reste de la roadmap manque cruellement de détails, et est composé d’un ensemble de buzzwords pour l’instant sans substance ( governance proposals, sidechains, privacy, EVM parallelisation etc…). En sommes, et sous une perspective d’investisseur seulement, je pense que la roadmap manque de catalyseurs susceptible de relancer l’intérêt autour de Tomochain et de .

Mon avis d’investisseur:

Tout comme Zelcash, TomoChain est un projet très ambitieux et englobant cherchant à s’imposer dans la catégorie des plateformes de smart contracts.

Le problème que je vois par rapport à ce genre de projet englobant, c’est que leur succès dépend de la chose la plus dure à capter dans la crypto-sphère: une base utilisateur large, et une base de développeurs large. En effet, la concurrence est rude s’agissant des plateformes de smart-contrats, et TomoChain va se confronter à d’autres projets beaucoup plus évolués en termes de développement et aux équipes beaucoup plus expérimentées et larges en effectifs comme Ethereum, Tezos et Lisk pour ne citer que ceux là. L’ajout d’un DEX natif ne fait pas non plus de TomoChain un projet unique, Komodo, Zelcash et Waves proposant déjà ce type de service en parallèle des smart contrats. La base utilisateur est donc une ressource rare que TomoChain doit s’empresser de conquérir si le projet ne souhaite pas devenir une “plateforme comme une autre” pouvant potentiellement tomber dans l’oublis. Je pense que c’est sur ce point que TomoChain aura du mal à faire la différence, l’attention du public étant trop dispersée entre les nombreuses autres plateformes, et l’argument de la scalabilité ne suffit pas à lui seul pour sortir du lot. Je suis également naturellement sceptique sur l’adoption des DEX, mais là c’est un avis personnel dont on pourra parler ultérieurement.

S’agissant de la base de développeurs, TomoChain à fait à mon avis l’erreur de se cantonner à Solidity, langage peu utilisé dans le monde de la programmation, venant réduire TomoChain à une annexe de l’écosystème Ethereum. Pour le développement, de nombreuses questions restent encore sans réponses et le marketing est à mon avis encore trop centré sur l’Asie du sud-est. J’ai aussi tendance à me méfier des projets asiatiques en terme de communication, le fossé culturel de me permettant pas d’interpréter comme il le faut les annonces réalisées autour du projet. En effet, les cryptos asiatiques ont en général tendance à employer un langage hyperbolique et à amplifier les bonnes nouvelles. Prenez par exemple Tron et son fondateur Justin Sun, enchaînant les annonces d’annonces, ou le projet Matrix AI mettant en exergue un partenariat flou avec le projet d’infrastructures “one belt one road” du gouvernement chinois à tout bout de champs. A l’inverse, les mauvaises nouvelles sont généralement atténuées ou dissimulées, ce qui fait qu’il est finalement difficile d’estimer la vraie valeur d’un projet asiatique (il est à l’inverse très facile de se laisser entraîné dans le train de la hype au regard des annonces hyperboliques réalisées).

Enfin, cela ne me dérange pas en général d’investir sur des projets qui ne changeront pas le monde, tant qu’ils sont sous exposés et qu’ils méritent une capitalisation un peu plus élevée que celle dont ils disposent au moment de l’analyse. Pour TomoChain, j’estime que l’exposition du projet est déjà très élevée et que trop de gens ont déjà investis dessus/en ont entendu parler. Cela laisse à mon avis peu de marge en terme d’accroissement du cours, a moins qu’un listing sur un échange plus gros viennent catalyser une hausse du prix. Cela dit, je ne préfère pas fonder mes espoirs là dessus en tant qu’investisseur.

Ces considérations personnelles mises à part, je souhaite vraiment voir TomoChain briller à l’avenir et surprendre la crypto-sphère par leur développement.

Written by

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store