Dario Spagnolo
Oct 18, 2018 · 4 min read

La réforme de la formation professionnelle a été définitivement adoptée en septembre 2018. Une de ses mesures phares concerne l’évolution du CPF (Compte Personnel de Formation) qui doit permettre à l’ensemble de la population active, y compris donc les demandeurs d’emploi, de financer des projets de formation.

Ce n’est pas l’objectif de cet article que de rentrer dans le détail de la réforme, mais juste pour rappel, voici les points clés qui concernent spécifiquement l’évolution du CPF :

  • il sera crédité en euros et non plus en heures
  • 500 € par an pour un salarié à temps plein, plafonné à 5000 €
  • 800 € par an pour les salariés non qualifiés, plafonné à 8000 €
  • création d’une application mobile pour consulter son solde CPF, comparer les formations, les choisir, etc.
  • la création du CPF de transition en remplacement du CIF

Aussi souvent critiquées qu’acclamées, ces évolutions ont pour principal objectif de faciliter et désintermédier l’accès à la formation professionnelle. Cette volonté se retrouve d’ailleurs dans le nom de la loi : Liberté de choisir son avenir professionnel.

Que l’on soit d’accord ou pas avec les objectifs fixés par le gouvernement et les moyens pour les atteindre, une chose est certaine : si une réforme aussi radicale ne s’exécute pas selon un calendrier précis, il aurait mieux valu ne pas la faire ! En l’occurrence c’est ce qui est en train de se produire sur le passage de témoin entre le CIF et le CPF de transition.

À titre personnel, j’ai tout de suite adhéré à cette réforme et je la soutiens toujours. En revanche, je redoute très fortement les conséquences que peuvent avoir les problèmes de calendrier sur un très grand nombre de personnes et, in fine, sur des variables macro-économiques telles que le taux de chômage ou encore la compétitivité du pays.

Quel est le problème au juste ?

Le problème c’est que depuis que le projet de loi est sur la table, il était prévu que le CIF s’arrête au 31 décembre 2018 et que le nouveau CPF entre en vigueur le 1er janvier 2019. Les OPACIF se sont organisés en conséquence.

Seulement voilà, en septembre 2018 on apprend que le nouveau CPF n’entrera finalement en vigueur qu’à l’automne 2019. Et d’ici là ? En théorie, le Ministère du Travail nous indique que “les anciennes règles continuent de s’appliquer”. Oui, mais non.

Chez O’clock, l’école pour devenir développeur qui occupe mes journées, nous constatons que les OPACIF refusent de monter des dossiers pour des entrées en formation au delà du 31 décembre 2018 !

Conséquence : les salariés ayant un projet de reconversion sont bloqués, frustrés et sans aucune visibilité sur leur reconversion professionnelle !

Ceux qui en ont les moyens prennent parfois la décision de démissionner et financent eux-mêmes leur formation. D’autres encore s’endettent. Mais la majorité est impuissante et subit de plein fouet ce qui s’apparente de plus en plus à une mauvaise gestion de la réforme.

Qu’est-ce qui va se passer ?

J’entrevois deux solutions.

La bonne : le gouvernement se saisit très rapidement du sujet, fixe un calendrier précis et définitif, se coordonne avec les OPACIF en vue de permettre le maintien du CIF jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau CPF et communique dessus dans les meilleurs délais. Une transition en douceur sera ainsi assurée et rien ne viendra gâcher ce qui me semble être sinon une très belle réforme !

La mauvaise : le gouvernement attend sans rien faire, ne précise pas le calendrier définitif avant plusieurs semaines voire mois et laisse les OPACIF dans le brouillard. Cela entraînera une chute du nombre d’entrées en formation, une grogne de la part des salariés ayant un projet de reconversion ainsi que des difficultés supplémentaire de recrutement pour les entreprises car les projets de reconversion se font très majoritairement vers métiers en tension.

Mon incorrigible optimisme me pousse à croire que la bonne solution est déjà en cours d’exécution et que nous aurons de bonnes nouvelles très rapidement. Mais la détresse que je commence à percevoir chez les premiers salariés dont le dossier a été immédiatement refusé sans même être étudié à cause de cette situation m’a poussé à écrire ces quelques lignes.

Maxime Vasse, co-fondateur et directeur général de O’clock, interpelle directement la Ministre du Travail.

Si vous partagez également cette inquiétude, merci de partager cet article le plus largement possible afin de mettre une saine pression sur les personnes en charge de cette réforme !

Dario Spagnolo

Written by

Fondateur @Oclock_io première formation #dev téléprésentielle. #entrepreneur #geek qu'à la base aime pas l'école. À la base.

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