La Méditerranée à la Voile.

Partie I - îles Baléares (FR)


Le 21 mai 2015, nous sommes partis de notre port d’attache en Espagne, à 75 km au sud de Barcelone. Nous — c’est moi et le capitaine de Miss Polly- un voilier long de 14,25m. Notre prémière escale — les îles Baléares. J’ai écrit cet article quand nous étions dans une jolie Cala Alcaufa à Minorque (en Espagne, cala signifie baie/calanque), une des premières calas développées sur cette île de presque 100 000 habitants.


Avec ses 216 km des côtes, Minorque, plus petite, plus sauvage et plus traditionnelle que Majorque (l’île voisine) a reçu le titre de Réserve de la Biosphère de l’UNESCO en 1993. C’est ici à Mahon, la capitale de l’île que se trouve l’un des plus grand port naturel au monde, long de 6km depuis son entrée. Et c’est aussi à Mahon qu’en 1829 a été construit le premier théâtre d’opéra de l’Espagne — Teatro Principal.

Cala Figuera, Majorque

En face de moi, en haut de la colline se dresse une Tour de Défense datant du XVIII siècle. Si on s’intéresse à l’histoire, on comprend mieux pourquoi il y en a eu plusieurs édifiées sur cette île.

La Tour de Défense, Minorque

À cause de la position stratégique de Mahon, servant de base navale dans la Méditerranée Occidentale, l’île a été très convoitée pendant des siècles par les différentes civilisations du bassin Méditerranéen. Plus récemment au XVIII siècle, l’île était entre les mains des Anglais et pendant quelques temps — entre celles des Français. C’est en 1802, par le traité d’Amiens, que les Anglais ont été contraints de rendre Minorque à l’Espagne. Depuis ce temps là, l’île a perdu son rôle stratégique militaire.

Aujourd’hui l’île vit principalement du tourisme et de l’artisanat. Les « avarcas » — sandales typiques de Minorque sont connues dans le monde entier. Un million de paires ont été vendues en 2011 à travers la planète. Le fromage de Minorque au lait cru est une autre « célébrité » locale, sans oublier le vin et le poisson, dont les incontournables: homard, langoustines et crevettes rouges de Minorque.

Cala Alcaufa, Minorque

Dernière moi — entre les deux formations rocheuses — l’entrée au petit port de pêche avec ses maisons blanches à deux étages côté nord et l’espace vert protégé côté sud. Un chemin de randonnée Cami de Cavalls qui fait partie du réseau de chemins autour de l’île totalisant 185 km, relie la plage de Alcaufa à celle de la Punta Prima, en longeant la côte avec la vue dégagée sur Isla del Aire. Ce chemin est très joli à suivre au coucher du soleil.

Isla del Aire, La vue depuis Minorque

En prenant la mer, le 21 mai dernier, notre plan était de déposer notre ami Hubert qui a fait la traversée avec nous sur Majorque et de continuer quelques jours plus tard vers la Sardaigne — une autre longue traversée de 2 jours. Cependant, les choses ne se sont pas déroulées selon ce plan.

Avec le recul, je comprends que ce temps nous (surtout pour moi) a été nécessaire pour trouver notre rythme de croisière (un équilibre entre naviguer-visiter, entre les calas désertes et les ports de pêcheurs), re-apprendre à vivre à bord, adopter des horaires propres à notre vie à bord, à organiser notre espace (rien de superflu, car chaque chose a sa place à bord), à apprivoiser cet espace restreint et surtout tester les équipements lors de l’utilisation quotidienne.

Miss Polly, Cala Covas, Minorque

Nous avons du apprendre à utiliser en fonction de sources d’énergie disponibles à bord: le dessalinisateur, la génératrice, les pompes à douche, la télévision, l’aspirateur, le four et les plaques électriques, tester les équipements récemment installés comme le convertisseur 220V, les panneaux solaires, les éoliennes, mais aussi les équipements récemment révisés: les deux moteurs hors bord pour le zodiac en plus de gérer les nombreuses pannes et pseudo pannes au quotidien.

Tous ces équipements rendent notre vie à bord agréable, alors c’est important que tout fonctionne et malheureusement ce n’a pas été le cas. Le capitaine a dû gérer les pannes au fur et à mesure de leur apparition ce qui a parfois retardé notre avance et a créé des frustrations et inconforts temporaires.

Majorque

Comme ce soir lorsque le convertisseur 220 V ne chargeait plus (à cause de batteries trop faibles) et nous n’avions plus aucune possibilité d’avoir le courant alternatif à bord. Donc, plus possible de cuisiner, de produire l’eau douce, de charger nos ordinateurs. La croisière aurait pu s’arrêter là, car le capitaine, déjà irrité par les différentes pannes depuis le début de notre voyage, envisageait de faire demi-tour et de rentrer à notre port d’attache. Heureusement pour nous, la panne a été résolue le matin et nous avons pu continuer notre aventure.

De mon côté, j’ai dû apprendre à utiliser plusieurs équipements qui facilitent ma vie à bord et me permettent d’avoir des activités variées au long de la journée.


Quand je ne suis pas sur le bateau je suis sur mon kayak gonflable qui me procure une certaine autonomie de déplacement et d’exploration en solo. Nous avons également le zodiac, mais le moteur est un peu capricieux, alors je prefère prendre le kayak. Souvent j’emporte la GoPro qui me permet de filmer tout en étant en movement.


C’est une chose de partir en voilier pour les vacances de 2 semaines, c’est toute autre chose d’y vivre et naviguer pendant plusieurs mois. Le voilier devient ta maison. Et il faut savoir s’occuper et gérer tous les problèmes en fonction des contraintes du moment.


Parfois, je vais sur la plage avec mon détecteur de métaux. J’aime bien avoir un but quand je debarque à terre. Lors de ma première “chasse aux trésors” à Majorque, j’ai trouvé un alliance en or, mais depuis- pas grand choses…quelques pièces d’un euro…juste de quoi payer les piles!!!


Et quand je suis à bord j’adore me poser en après-midi ou le soir, observer les formes et les couleurs, faire le dessin, le corriger et ensuite y mettre un peu de pigments. L’aquarelle — quel merveilleux outil pour capter la beauté de ces paysages autrement qu’en prenant une photo.

Cala Migraner, Majorque

À part ce besoin de re-apprendre à vivre sur le bateau, moi, j’avais surtout besoin de reprendre mes forces après le méchant mal de mer que j’ai vécu lors de notre traversée vers Majorque. J’ai été malade l’année passée, mais je n’ai pas encore été lessivée comme dans une centrifugeuse. Maintenant, je sais ce que c’est, c’est violent, ça épuise toutes tes forces, tu deviens un légume, t’en peux plus, mais tu n’as pas de choix que de rester, résister et attendre que ça passe…et en effet ça passe… au bout de 15h…

« C’est soit — toi, soit — lui » dit le capitaine. Lui-c’est le mal de mer. La seule solution c’est de le vaincre. Ni le bracelet “anti-mal de mer”, ni les comprimés homéopathiques m’ont pas sauvé. Le mal de mer, c’est psychologique (selon le capitaine), il ne faut surtout pas lui laisser la chance de s’installer. Donc, il faut gérer son mal de mer. C’est à dire se couvrir avant d’avoir froid, manger avant d’avoir faim et se reposer quand c’est possible…

Cala Migraner. Majorque

Après notre première traversée vers Majorque, je ne voulais plus entendre parler des longues traversées (plus de quelques heures). Alors, nous avons songé un moment à rester dans les Baléares et à en refaire un tour plus détaillé que l’année passée. Adieu la Corse, l’Italie et ses nombreuses îles, la Croatie, Malte…

Le temps m’a permis d’intégrer que pour aller découvrir des nouveaux endroits il fallait vaincre mon mal de mer. Donc, la seule solution c’était de me convaincre, moi, de ne plus l’avoir et de prendre les mesures appropriées pour l’éviter.

Cala Migraner, Majorque

C’est ce que j’ai fait lors de notre deuxième longue traversée qui a durée 3 jours et 3 nuits (60 heures) depuis Port Mahon à Minorque vers Bonifacio en Corse. C’était long. La météo n’a pas été clémente avec nous. La mer croisée, les vents changeants tous les 5 mn, la tempête avec des éclairs et les rafales de vents à 40 noeuds en plein milieu de notre deuxième la nuit. Mais quelle récompense après tous ces efforts d’atteindre Bonifacio avec son joli port, sa côte pittoresque et sa vielle ville majestueuse, ainsi que ses nombreux restaurants et la boulangerie à deux pas du bateau avec des bonnes tartelettes aux pommes et ses moelleux aux châtaignes!!!! J’en parlerai davantage dans mon prochain article.

Cala Barcas, Majorque

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Dariya