Vote avec tes tripes !
Ce n’est pas la première fois qu’un speech de Emmanuel Faber, le CEO de Danone, me met les poils. La dernière fois c’était devant des étudiants et je le trouvais vachement couillu de leur balancer comme ça leurs quatre vérités.
Alors, quand Duc a partagé cette vidéo, qui date du 22 juin dernier au Consumer Goods Forum de Berlin, et qui n’a fait que 560 vues sur Youtube, je me suis laissé tenté. (Disclosure: j’ai participé il y a 4 ans à un séminaire de réflexion autour d’une des marques de Danone (Evian) mais je n’ai pas d’action chez eux et ce billet est écrit parce que je le veux bien, un samedi soir de vacances de juillet).
Bref, contrecarrant toutes les stats en vigueur sur Facebook, j’ai écouté pendant plus de 22 minutes le discours de ce «fêlé» (aka, qui laisse passer la lumière), et je vous encourage à faire de même, ce qui serait sans doute une des moins mauvaises manières d’utiliser votre temps juste après avoir lu ce billet-eke.
Au-delà du slogan ( «One Planet. One Health»)
«Bien sûr, vous pourrez considérer cela comme de belles intentions», dit Emmanuel Faber. «Certes», aurait envie de répondre le journaliste qui roupille encore en moi. «Mais putain, que oui !» dirait l’entrepreneur qui s’agite présentement sous mes doigts.






Un de mes vieux potes d’enfance travaille depuis presque toujours chez Danone, et j’ai la faiblesse de croire que, comme d’hab, il a eu le nez plus fin que le mien et que son choix de carrière ne l’a pas amené dans cette boîte par hasard.
En écrivant ces lignes, je me dis aussi que peut-être, le bullshit n’a jamais eu aussi bon goût, et qu’il est finalement très rassurant de se dire que même ces huiles-là tiennent un discours capable de me faire croire, malgré une capacité à douter plus ou moins aiguisée, que la situation est sous contrôle, que tout va bien, que dormez braves gens.
Sauf que le discours d’Emmanuel Faber dit justement le contraire. «Nous avons encore tellement de choses à changer chez Danone (…) nous faisons partie d’une économie incroyablement complexe et notre commitement sera incroyablement difficile à tenir (…) mais si nous ne commençons pas, qui le fera ?»
Je n’ai aucune fucking idea de comment faire ni par où commencer pour que mon quintal de poids sur Terre, majoritairement composé de «graisse, sel et sucre» ait ne fut-ce qu’une once d’impact. Cela commence sans doute, comme le dit Faber, par prendre conscience qu’à chaque fois que mange et que je bois, je fais un choix et je vote avec mon estomac.
Et que ce choix, quand il est fait en âme et conscience, a du sens et permet d’hacker, chacun à so tout petit niveau, une partie du système.
So, why not going for it ?
Bonus Track
Paradoxalement, et en prenant un chouïa de recul, cette entreprise privée n’est-elle pas aussi en train de montrer la voie pour nos entreprises publiques ? Les politiques n’ont-ils pas oublié, à force de s’octroyer une fois élu le pouvoir de décider de tout, qu’au quotidien ils ne sont en fait acteurs de rien ?
Que le découplage entre le bacon et le porc et aussi flagrant qu’entre la bonne gouvernance et l’élu-pour-6ans (et alors que dire d’un parti au pouvoir depuis 40 ans ?!)
…
Édit: Libération lui tire le portrait, avec quelques précieux insights
