Le jour ou j’ai quitté ma SSII pour entreprendre et créer une startup

Démissionner n’a rien d’exceptionnel en soit, mais, s’il est un des plus grands des sacrifices que j’aurai eu à faire, c’est bien celui de quitter ma zone de confort pour tomber à nouveau dans le monde de l’entrepreneuriat.

Retour vers le futur (ou plutôt à mes débuts)

“L’expat des îles…”

Crédit Photo, La Martinique, un regard, une vision

J’ai débarqué il y a un peu plus de 9 ans ici en France Métropolitaine (*fraichement de la Martinique, l’île au soleil infini, aux milles fleurs, aux sables et plages sans fin, le rhum délicatement épicé, etc…*) dans une société de services, SOAT.

Avec ma petite expérience de formateur et de micro-entreprise aux Antilles, je n’ai pas réfléchi longtemps ici en cherchant du travail, j’ai accepté de suite la première opportunité sérieuse à laquelle j’ai pu être confronté. Et je n’ai pas à le regretter.

Le choix d’une SSII avait été pour moi un choix évident, indispensable, car, c’était une occasion de travailler au sein de contextes et domaines fonctionnels différents. Une richesse technique et technologique pour moi.

Il parait que 9 ans d’ancienneté dans une société de services, c’est vraiment beaucoup. Je n’ai pas vu le temps passer, mais je sais que j’y ai passé d’excellents moments que j’ai su mettre à profit tant pour mon employeur que pour mon épanouissement professionnel et personnel.

Tout au long de mon parcours de consultant, de jolies relations se sont tissées, tant avec des collègues vraiment géniaux qu’avec aussi les grands comptes pour qui j’ai pu bosser, ces clients extraordinaires au service de qui j’aurai pu mettre au service mes compétences.

Mes débuts d’entrepreneur

Pixabay — CC0 Public Domain

Après un peu plus de 6 ans au sein de SOAT, j’ai réussi à négocier un avenant à mon contrat de travail pour commencer un peu à travailler à côté, certains jours, certaines nuits, certains week-ends, histoire de mettre à profit mes compétences favorites sur des projets occasionnels qui me bottent bien. Grâce à ce statut, j’ai pu travailler pour des clients qui m’ont toujours fait confiance, je pense en particulier à la société IJENKO, et en particulier Rhita, qui n’a pas hésité à me contacter quand elle a eu besoin de développement lié à la mobilité et de l’IOT.

Auto-Entrepreneur, c’est un statut intéressant, qui facilite la gestion d’activités professionnelles connexes en parallèle, mais avec ses contraintes (j’ai découvert la CFE, l’URSAFF, etc…). C’était une belle expérience, mais j’ai arrêté. Il devenait très vite compliqué de bosser en plus de mon activité salariale à temps plein qui nécessite beaucoup d’investissements et de veille en plus de mes activités personnelles (la musique, les concerts, etc…).

Le début de la fibre Entrepreunariale

Ce qui allait motiver ma situation actuelle aujourd’hui a été sans aucun doute mon passage à Microsoft Accelerator Paris. (ex Microsoft Spark à ne pas confondre avec le projet Spark actuel).

C’est là que la petite graine entrepreunariale allait être plantée et s’enraciner.

J’y ai travaillé en tant qu’expert technique et passer beaucoup de temps à suivre les startups, discuter avec elles, les conseiller, les aider. Certaines sont mêmes devenus des potes qui m’ont encouragé dans ma démarche, et aidé par leurs propres expérience.
Les côtoyer au quotidien et les voir avec pour objectifs de donner vie à leurs idées n’a fait que me motiver davantage.

Ma phase de germination…

Pixabay — CC0 Public Domain

Après que ma mission d’accompagnement ait pris fin, j’avoue, l’idée ne m’a plus jamais lâché. Il y a quelque chose qui m’attire chez l’entrepreneur qui ne m’a plus abandonné : la pensée d’être un peu plus maître de ses opportunités, la possibilité d’investir sur ses propres idées, sa propre vision.

L’avantage des consultants expérimentés, c’est que notre expérience nous offre suffisamment de recul sur nos compétences et sur les personnes qui doivent nous entourer pour faire avancer nos projets.

J’aime ma famille, j’aime mon boulot, j’aime le temps que je passe sur mes autres activités, et il est vrai que cela devenait de plus en plus compliqué à gérer, surtout si je souhaitais donner vie à mes pensées.

Là où cela devenait d’autant plus difficile, c’est qu’en tant que consultant contributeur expert de ma société, je me devais d’être très impliqué dans tout le développement d’actions commerciales & marketing, de communication, la transmission des connaissances liées à mes compétences, etc… Bien que ce soient des actions que j’aimais beaucoup, je ne disposais plus d’aucune bande passante suffisante pour développer ces idées qui germaient en moi.

Pendant plusieurs années, cela a été un combat intérieur incessant jusqu’au jour ou j’ai fini par craquer : je suis arrivé un matin de bonne heure au bureau, j’ai écrit ma lettre de démission que j’ai posté instantanément (c’est très rapide avec La Poste et La Lettre Recommandée en ligne). La machine était lancée, je me sentais apaisé, beaucoup moins tiraillé.

La décision était prise, spontanée mais pas irréfléchie.

Être entrepreneur ne s’improvise pas

Une question de préparation

Pixabay — CC0 Public Domain

On ne décide pas du jour au lendemain d’être entrepreneur.

Je me suis renseigné tout autour de moi, suivi l’actualité de décideurs, d’entrepreneurs, de startups, j’ai lu énormément d’articles sur le sujet, énormément de retours d’expériences (plus ou moins rassurant les uns que les autres), les success & “échecs” stories, les hauts, les bas, les démarches…

J’ai aussi ENORMEMENT discuté, partagé tout autour de moi, tâté le terrain…

Cela a commencé avec un de mes petits frères qui m’appelait souvent et avec qui on discutait d’idées plus ou moins farfelues. Cependant, la personne avec qui je dois passer l’épreuve du feu est …. ma femme.

Nous avons déjà ensemble un petit bonhomme, et bientôt un deuxième bout de choux à l’heure où j’écris ces lignes. Elle a pas mal de recul par rapport à l’emballement médiatique qui peut m’envahir et sait, non seulement me faire retomber sur mes 2 pieds mais aussi me rafraichir la tête.

Elle m’a rappelé à de nombreuses reprises qu’il ne fallait pas que la convaincre, mais aussi se rappeler qu’il y a une nécessité de protéger ma famille. Et nos gosses. Et ce n’est pas faux. (*A vrai dire, on ne l’oublie jamais ça, ils sont tellement “cutes” #coeur*).

Après avoir eu ces discussions avec ma femme, j’ai pris le chemin inverse, la rassurer d’abord sur le métier d’entrepreneur, puis, lui parler de mes idées. Elle n’est pas technophile, donc, 90% de mes idées (bon, disons 99%) n’ont pas eu ses faveurs, sauf une qui est le coeur du projet sur lequel je vais m’investir principalement (*c’est bizarre parce que, dès que ça parle de “thune” & finance, ça parle toujours aux femmes…*).

En résumé, se préparer, c’est savoir “un peu” où l’on va, beaucoup discuter, beaucoup partager, beaucoup se renseigner et (un peu) beaucoup réfléchir.

Une question de fonds …

Quand on a une famille, pas beaucoup voir *zéro* économies, une maison, & co, passer d’un statut de CDI salarié à entrepreneur sans ressources stables avec une vision partielle, c’est un casse-tête. Dans ma situation, il faut développer une activité avec un minimum de sécurité. C’est tendu mais pas impossible.

Pixabay — CC0 Public Domain

Salarié, il est possible éventuellement de tenter une rupture conventionnelle. La RC ouvre une porte pour percevoir des indemnités, et te permet aussi de bénéficier plus facilement d’aides.
Personnellement, je n’y ai pas eu droit car, c’est vrai que c’est compliqué quand on a une longue ancienneté, un investissement assez considérable et pas vraiment rentable pour les SSII (ça dépend de beaucoup trop de critères aussi cela dit)

Dans le cadre d’une démission simple (finalement donc mon cas), les droits sont beaucoup plus limités, le timing aussi. Je n’ai pas le choix, je dois être consultant indépendant pour financer ma startup.

Il y a quand même quelques possibilités d’aides, notamment l’ACCRE, l’Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise.
La demande, pour avoir le maximum de chance d’aboutir doit intervenir après la rupture définitive du contrat de travail, après être inscrit au pôle emploi.
C’est hypothétique, elle peut ne pas aboutir.

Selon les régions ou l’on se situe, il est aussi possible de bénéficier de d’autres aides comme le prêt d’honneur ou des prêts via des associations spécifiques. Par exemple, dans la région de l’Essonne, il y a Essonne Active.
Mais ce sont des prêts, et personnellement, je préfère les limiter (c’est madame qui le dit).

Les fonds de démarrage servent à se poser et préparer les bases de son entreprise / sa startup, la développer avec une petite sécurité, prévoir les difficultés initiales. J’ai posté récemment un lien qui expliquait “comment démarrer sa #startup sans #argent (ou presque)” et c’est déjà un excellent petit guide.

Sans fonds, c’est compliqué mais pas impossible.

Et j’ai fini par en tirer ces leçons :
- Ne pas forcément compter sur une RC
- Avoir idéalement un peu d’économie
- Avoir une porte de secours, ou un poste secondaire (*freelance / indépendant à temps partiel*) pour s’auto-financer (mon cas)

Se faire accompagner

Dans ma préparation précipitée, le plus important a été la création d’une structure. Il me fallait des experts comptables, des juristes et des avocats pour bien m’informer, m’accompagner dans mes premiers pas.

J’ai prospecté et après quelques temps, j’ai fini par me décider pour MB&SCOTT pour démarrer. La qualité de leurs articles, leurs livres blancs, leurs précieux conseils au téléphone, tout a contribué au fait de me séduire et j’ai décidé de leur confier les clés pour m’aider à démarrer.

Concernant la startup, j’avoue ne pas avoir encore choisi un accélérateur / incubateur spécifique (dans la mesure ou ce n’est pas encore le plus urgent en attendant que je décolle). Cela se discute entre associés et ne serait trop tarder.

A propos des outils, j’ai quand même glané par-ci et là 2 liens qui m’ont apporté des informations intéressantes pour startuppers:

- StartupToolBox
- Les logiciels SAAS / LA FRENCH TECH

A propos des actus, rien de mieux que Twitter.
Je suis abonné à plusieurs comptes notamment ceux de Entreprendre, 1001_startups et FrenchWeb qui a eux 3 génèrent et reprennent pas mal de contenus pratiques pour moi. Concernant les régions d’outremer (d’où je viens), il y a OutremerNetwork et StartupOutremer, des comptes à suivre pour l’actualité ultramarine des startups.

Sans compter les newsletters de plusieurs accélérateurs, plateformes d’accompagnements & de conseils, 1001Startups, Maddyness, etc…

Et maintenant ?

J’ai déjà mis en place toutes les actions qui me permettent de démarrer, je consacre maintenant du temps à mes projets.

L’avenir n’a peut être pas de couleur encore pour le moment, mais je sais qu’il se dessine progressivement et ne demande qu’à être vécu pleinement.

Je reste par dessus tout déterminé et encouragé par ceux qui m’entourent. Et parce que un bon entrepreneur n’est rien sans une liste de personnes qui l’ont influencé, conseillé, j’aimerai (au travers cette longue liste) absolument remercier :

- ma chère et tendre épouse (+ mes enfants), je la sais parfois inquiète des choix que je peux prendre, mais elle se montre assez attentive en me confrontant à mes choix. Merci chérie pour ta patience aussi pour ces longues nuits, week-end à bosser… Quand même prête à me suivre au bout du monde !
- mes parents qui sont un soutien (moral et financer) indéfectible, prêts à aider à la moindre difficulté. Ils ne savent pas coder mais sauront être là et faire ce qu’il faut au bon moment.
- mes frères pour les idées échangées (parce que il y en a une forcément sur laquelle je choisirai de m’investir, et même si 99% de mes idées ne leurs conviennent pas, conspiration avec ma femme ?)
- Soat, mon ancien employeur, pour les opportunités qui m’ont été apportées, les clients, les évènements, tout ce qui a été fait pour mon bien-être. Merci de m’avoir donné ma chance, de m’avoir donné les occasions de développer et me développer pour mon nouveau parcours.
- mes collègues experts de Soat qui m’ont apporté un peu de leur savoir sur chacune de leurs spécialités, les moments passés ensemble aussi (Microsoft Techdays, hackathons variés, restos), etc… On se reverra absolument.
- mes autres potes un peu partout en France, notamment ceux qui profitent à moitié des plages de Aix toute l’année, mais qui restent attentifs à mes idées également et n’hésite pas à partager avec moi ses compétences UX & UI

Je pense aussi à tous ces entrepreneurs passé du temps avec moi au téléphone, par tchat ou de visu à me parler de leurs expériences, comment limiter les risques, leurs hauts et leurs bas, appris à ne pas idéaliser ce métier mais en ressentir toute sa splendeur et je pense à :

- Nicolas Sorel (promis, je me mettrai au dévéloppement de jeux… mais pas de suite !)
- Paul Lê (entrepreneur extra qui vient tout juste de sortir son dernier bébé La Belle Vie)
- Moktar et Florian (pas mal de StarBucks ensembles à échanger pour parler d’idées intéressantes, ils n’hésitent pas à pousser des startups pour parler de leurs débuts)
- Aurélien Lemoine (j’ai découvert les apéros entrepreneurs grâce à lui, il m’a consacré pas mal de temps à discuté)
- Jérémy (qui partage beaucoup son expérience en vivant qu’avec une application mobile et qui m’a fait un super retour d’expérience et donné des pistes pour aller vers l’avant)

J’en oublie sans aucun doute. Bien entendu, tout un chacun a laissé une trace qui m’aura d’une façon ou d’une autre, marquée et qui me servira tout au long de ce nouveau parcours, cette nouvelle vie.

A tous, je vous merci et à bientôt.