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Jul 23, 2017 · 3 min read

Rhâ j’ai été obligé de créer un compte.

Bon j‘interviens rapidement parce qu’il est inutile d’aboyer et que je préfère avoir des interlocuteurs qui affinent leur pensée plutôt que de m’en détourner lâchement.

Ce texte part sans doute d’une bonne intention mais manque cruellement d’éléments factuels. Ou plutôt, il ne comporte à mon sens que des éléments non-factuels et non fondés sur l’observation. J’ai l’impression d’une théorisation qui ne tient aucun compte du “réel”, et qui ignore superbement, de la même manière, les données scientifiques disponibles.

Il est tard là où je me trouve et je n’ai pas le courage de rédiger une énième fois quelque chose de synthétique donc je vais répondre à chaque paragraphe :

  • L’amour est un rapport de profondeur à l’altérité, alterité qui n’est pas soi-même redoublée en un autre soi-même.

Que désignez-vous exactement par le terme “amour” ? L’attirance sexuelle (c’est-à-dire le désir lubrique uniquement) ? L’attachement ? Le lien social qui peut découler des deux réunis (le couple) ? C’est très vague.

L‘altérité serait elle aussi à définir. Être sexuellement attiré par quelqu’un de la même espèce que soi, ou du même groupe ethnique, d’aucuns diraient que ça manque d’altérité (on y a d’ailleurs droit avec la “nécessité du métissage”). On pourrait multiplier les exemples à l’envi.

  • Ce qui fonde la relation homosexuelle, c’est que celui qui est en relation à l’autre est en symbiose avec lui même puisque cet autre n’est qu’un autre lui même, une variation de lui même. L’union homosexuelle est une union sologamique et mêmiste dont dégouline une relation forcément narcissique.

Hormis le phénomène très marginal (et également très moqué) des “twins”, la seule similitude incontestable au sein des couples homosexuels est chromosomique. À moins de considérer que tous les hommes se valent entre eux et soient interchangeables, les points de divergence et d’altérité ont une infinité de dimensions sur lesquelles s’exprimer, tant physiquement que psychologiquement. D’expérience, on a plus souvent affaire à des couples dissemblables à la limite du grotesque à la Laurel et Hardy pour le physique, et/ou aux caractères foncièrement différents, voir que tout oppose.

Je ne pense pas qu’il y ait de règle en la matière, mais s’il y en avait une ce serait l’exacte inverse de celle que vous énoncez.

  • Si à la marge des sociétés naturelles l’uranisme est extrêmement périphérique,

Vrai. Mais la marginalité du phénomène est assez stable en fait.

  • La Rome de la décadence va le connaître à profusion,

Celle d’avant aussi. La “décadence” de Rome est surtout concomitante à sa christianisation.

  • J’ai plus de chances de rencontrer un narcissique sexuel à Canal+ qu’au fin fond de la creuse, il y a donc dans la démocratisation de la manifestation des comportements homosexuels et la structuration sociale un rapport de causalité. Plus la grande mégapole théatrale de l’individualisme triomphe, plus le spectacle de nos décheances existentielles, de nos angoisses, de nos ruptures à notre Histoire nous fait circuler l’écran narcissique qui se met en mouvement et plus l’homosexualité se répand.

Ça m’a fait sourire car je connais bien la Creuse :) Ce qui est bancal dans cette affirmation c’est qu’elle suppose que d’un seul coup, à l’occasion d’un stage à Canal+ en début de vingtaine, l’individu serait “frappé” d’homosexualité.

Ce qu’on peut observer, pour peu qu’on s’intéresse à la question avec un minimum d’intégrité, c’est l’exact inverse. Les métropoles attirent et fixent les jeunes individus homosexuels extérieurs car ils y bénéficient d’un relatif anonymat en comparaison de leur territoire d’origine, et ont l’assurance que dans la masse populeuse d’une mégalopole ils auront plus de chances de croiser des congénères.

Il y a un grand absent dans ce texte, tout de même.

Le biologique. Le cerveau a un sexe, et ça se manifeste dans les comportements. Dans certains cas, cette sexuation est ambiguë… ce qui se traduit là aussi dans les comportements. Par exemple en termes d’aptitudes spatiales et d’orientation, les hommes hétérosexuels et les lesbiennes ont des performances élevées, là ou les homosexuels et les femmes hétérosexuelles s’en sortent beaucoup moins bien. Je vous invite à jeter un œil sur la psychométrie de ces différents groupes (@SteveStuWill sur twitter en parle régulièrement).

L’effet des perturbateurs endocriniens sur le développement cérébral des fœtus et des très jeunes enfants est également à prendre en compte pour les périodes récentes.

Bon je m’arrête là, l’information est disponible et il n’y a qu’à se baisser pour la ramasser.

Je lirai votre prochain texte avec intérêt.

Fun fact pour la route : rien ne distingue physiologiquement le cerveau des homosexuels et des transsexuels, qui sont dans les deux cas “féminisés” ; parviendrez-vous à trouver quel facteur permet d’obtenir des résultats si différents ?

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