Hayek, Arendt, libéralisme, totalitarisme

Après la deuxième guerre mondiale, Hayek, ébranlé par le fascisme et croyant déceler dans le socialisme et son désir de planification le risque d’un retour du totalitarisme, se lance dans un plaidoyer (à mon avis extrêmement vague d’ailleurs) en faveur de la liberté économique et appelle à réduire le rôle de l’état, responsable selon lui de la dérive totalitaire. (The Road to Serfdom)

Arendt, que je connais peu et dont je commence à peine la lecture, analysant la même période historique, est présentée dans un documentaire que je viens de visionner, comme appelant plutôt à s’éloigner de l’état nation et à embrasser la pluralité individuelle, afin de réduire les risques de rechute vers le totalitarisme. (Ce qui m’apparaît comme une idée que je devrai explorer étant donné mes sympathies pour la cause indépendantiste québécoise!)

La prescription de Hayek, suivie à la lettre depuis les années 80 (Reagan, Tatcher ayant lancé le bal) semble pourtant être en voie de mener à de nouveaux totalitarismes économiques qui exclu certains individus tout autant que le régime fasciste d’Hitler, sans pour autant s’appuyer sur des notions éthiques, religieuses, identitaires. En fait, ce qui m’a marquée du reportage de 1001 vies sur Tou.Tv est la notion d’individus superflus : les juifs étaient superflus, les pauvres le sont aujourd’hui.

Je suis au fond surprise que les notions de totalitarisme ne soit pas davantage utilisée dans les critiques du capitalisme.

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