Brexit : le résultat de petits calculs politiques personnels

Ce jeudi 23 juin 2016 , le Royaume Uni a décidé, par référendum, de quitter l’Union Européenne. Au delà du choix du peuple anglais, il est bon de rappeler comment nous en sommes arrivés là. Même si déjà, un petit jeu politique est en train de faire jour, autour de l’utilisation de l’article 50 du traité de la part de David Cameron et des partisans du Leave.

Cameron a perdu son pari, il va démissionner de son poste de 1er Ministre. Comment ça perdu son pari ? Pour des enjeux de réélection et de soutien de la base eurosceptique de son parti, David Cameron le 23 janvier 2013 annonce qu’un référendum sur la sortie du pays de l’Union Européenne pourrait se tenir entre 2015 et 2017 si David Cameron était reconduit à son poste de Premier ministre, à l’issue des élections générales du 15 mai 2015. Donc, non pas un choix pour les britanniques, puisqu’en plus il va défendre le Remain, mais bien un choix personnel pour conserver son fauteuil de 1er Ministre.

Boris Johnson est l’ancien maire de Londres, dont la ville a voté à plus de 60% pour le maintien au sein de l’UE. Son ambition après la mairie de Londres : être le prochain 1er Ministre Britannique. La voix du “Remain” étant occupée par David Cameron, il porte donc la voix du “Leave”, afin de tenter sa chance pour le 10 Downing Street, peu importe les conséquences pour la Grande Bretagne. Il passe son temps à circuler dans un bus rouge où est écrit que les 350 millions de Livres donné à l’UE pourront être reversées au NHS (le système de santé britannique). Même Nigel Farage, le leader nationaliste de UKIP, au lendemain du référendum a reconnu que cela était un mensonge. Cette homme a joué contre son pays, en mentant qui plus est, afin de satisfaire son ambition personnel, et il sera sans doute le prochain 1er Ministre.

On peut penser ce qu’on veut du résultat du référendum, mais au moins le peuple s’est prononcé et sa volonté va-t-être respectée. Le 29 mai 2005 pour le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l’Europe, à la question approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe ? », le « non » recueille 54,68 % des suffrages exprimés. Mais élu Président de la République, Nicolas Sarkozy considère que le peuple n’a pas à décider, comme beaucoup d’autres chefs d’Etats Européens d’ailleurs, ce qui en dit long sur leur vision de la démocratie. Le 19 octobre 2007, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Union Européenne, réunis en Conseil Européen à Lisbonne, approuvent le “projet de traité modificatif” : le texte reprend l’essentiel des dispositions de la Constitution rejetée par référendum, et le 7 février 2008, l’Assemblée ratifie le traité de Lisbonne. Sa publication au Journal Officiel le 14 février entérine l’adhésion de la France au nouveau traité européen.

Lors de sa campagne, à la page 12 de son programme, François Hollande veut “réorienter la construction européenne”. “Je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance pour sortir de la crise et de la spirale d’austérité qui l’aggrave. Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi. Le traité budgétaire européen présenté en Conseil des ministres le 19 septembre 2012 et voté au Parlement le 11 octobre est identique à celui signé par Nicolas Sarkozy. “Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent”.

Jean-Claude Juncker est l’ancien Premier Ministre du Luxembourg qui a mis en place le système d’optimisation fiscale, révélé sous le nom de Luxembourg Leaks. Maintenant il est le Président de la Commission Européenne pour services rendus, quand les lanceurs d’alertes, qui ont mis sur la place publique ce scandale, sont poursuivis par la justice.

Montesquieu nous expliquait que la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire est le principe fondamental des démocraties représentatives. Aujourd’hui la Commission européenne représente l’exécutif de l’Union européenne et est la seule à pouvoir proposer une directive, donc un pouvoir législatif, même si celui-ci est partagé. Sans compter les négociations menées de manière secrète et opaque comme le TAFTA dernièrement.

On peut penser ce qu’on veut du Brexit, mais il est surtout le résultat d’un monde au service d’une élite politique qui défend avant tout ses petits intérêts. Remain or Leave quelle différence, une seule chose est reste à faire et c’est à vous de la constuire

Démondons le Système de l’Union Européenne