Je fais le deuil de mon sport — le karting

Depuis mon plus jeune âge, j’ai une passion énorme pour les sports mécaniques. Mais pas n’importe quels sports mécaniques : la course automobile, sur circuit. Je n’ai jamais été attiré par les rallyes. Ni la moto. J’ai toujours considéré le rallye comme une aberration environnementale. Et la moto trop dangereuse.

Mon 1er grand prix de F1, je m’en rappelle comme si c’était hier : le Grand Prix d’Italie, à Monza en 1991. Avec les grands noms de l’époque : Ayrton Senna, Nigel Mansell, Gerhard Berger, Alain Prost… Depuis ce premier contact avec la course auto, je me suis passionné pour le sujet. Et au fur et à mesure que les années avançaient — les finances familiales ne me permettant pas de suivre les traces de mes champions favoris — la frustration de ne pouvoir courir à mon tour m’envahissait.

Alors, j’ai cherché à combler ce manque autrement. D’abord, en lisant et en relisant les récapitulatifs de courses, les livres spécialisés sur le pilotage, les BDs de Michel Vaillant, l’histoire de la F1… au point d’en arriver aujourd’hui où une partie de mon cerveau est occupée par les statistiques de la F1. Je connais quasiment par coeur tous les classements de tous les championnats et de toutes les courses depuis 1950 :

  • Vainqueur du Grand Prix du Mexique 1986 ?
    Berger, sur Benetton BMW.
  • Champion 1967 ?
    Denny Hulme, surnommé The Bear.
  • François Cevert ?
    Décédé aux essais de Watkins Glen, en 73.
    Poussant ainsi Stewart à une retraite anticipée
    .
Voilà de quoi organiser un vrai dîner de cons.
Mais quand on est passionné, les sujets nous dévorent tellement…

Ensuite, je me suis mis à faire beaucoup de vélo. Rouler était pour moi une forme de libération. Liberté, vitesse, sport… je retrouvais (un peu) dans le cyclisme ce que je ne pouvais réaliser sur circuit.


Premier pas dans le karting en 1995

En Mai 1995 — 1 an jour pour jour après le décès d’Ayrton Senna — mes parents m’ont emmené pour la première fois à Seclin, dans la banlieue de Lille, rouler sur un kart de location indoor. J’étais fou de joie !! Je me souviens encore de ce moment, trop court, mais ô combien marquant dans ma vie d’ado. Le n°7 de cette première petite expérience restera gravé dans ma tête à jamais.

Découverte du circuit de Spa-Francorchamps — 1996

L’année suivante, bis repetita. Location outdoor sur le circuit de karting de Spa-Francorchamps. Au volant de ce kart, je me sentais être un pilote — et malgré mes lacunes sur la piste — le sentiment d’être sur les traces de mes idoles était un sentiment extrêmement fort.

Les débuts en compétition

En 2001, mes premiers revenus chez Decathlon me permettent d’acquérir un premier kart de compétition. Un kart de la catégorie Promo 100cc. Pas très puissant, mais largement compétitif pour débuter. Sauf que… j’apprendrai sur le tard que les compétitions de karting sont similaires à celles organisées en moto. Les karts concourent, par catégorie. On ne fait pas rouler des karts rapides et des karts lents en même temps. Logique. Et des catégories de karting, il y en a pleins ! Rotax Max, 125cc, Léopard, Cadet… Et la catégorie Promo n’existait déjà plus.

Du coup, par manque d’information, l’achat de ce premier kart était une dépense excessive & idiote.

D’autant que… N’ayant pas de garage, ni de remorque, il me fallait trouver une solution pour assouvir ma passion. J’ai donc acheté un break. Et le kart, stocké dans le jardin familial, était transporté sur le toit de ma Ford, accroché à la galerie !

La passion nous fait faire des trucs bizarres tout de même…
Le kart en course (Abbeville — 2004), puis rangé sur la galerie de mon Ford Break… :)

En 4 ans, ce kart ne m’aura permis de faire que 2 ou 3 séances d’entrainement, tout au plus. Quand le moteur voulait bien fonctionner ! Réellement, c’était un mauvais investissement. Du coup, en 2003, mon club de l’époque —Racing Kart JPR Ostricourt — m’apprend que la catégorie Promo va être remplacée par la Formule FFSA. Même type de kart, même budget réduit. Alors… j’achète. Un gouffre financier, alors que je suis encore étudiant. N’importe quoi… J’achète donc le moteur, puis le châssis.
Neufs.
Budget total : 3000€.

Et je m’inscris alors à mes premières courses.

Ouverture du championnat de Ligue — Nord / Pas-de-Calais / Picardie — en Mars 2004. Une course chaotique. Je découvre tout : les stands, les réglages, la gestion du matériel, tout l’aspect administratif lié à l’organisation du week-end, les dépenses non prévues, le déplacement du matériel sur la grille de départ, le règlement, rouler en peloton etc.

Je suis seul, malgré l’arrivée de mes potes qui viennent assister à cette première aventure. Je galère, je fais n’importe quoi. Mais mon esprit combatif me poussera à m’investir mieux. Même si mes finances limitées me freineront systématiquement. Et la saison 2004 continue avec d’autres courses franchement pas terribles. Ostricourt, Abbeville et Douvrin me feront passer pour un rigolo auprès des autres concurrents beaucoup plus affutés.

Merci Mister Ping pour ce petit souvenir / Zoom arrière sur le FFSA 100cc 2004

A chaque fois trop lent, je suis à côté de la plaque. Trop lourd par rapport aux autres pilotes, je suis imposé de choisir des réglages différents qui améliorent mon accélération et ma sortie de courbe. Mais qui me ralentissent en ligne droite. Et je dois sur-conduire pour rattraper ce gap.

Du coup, le seul circuit sur lequel je m’en sors à peu près correctement, c’est à Rochy-Condé. Un circuit avec beaucoup de virages lents, et sans grosse ligne droite.


Durant cette saison, Damien, alias Ping — un de mes potes qui va devenir un temps mon beau-frère ;) se propose de m’accompagner sur les circuits pour m’aider. En plus, il a la réputation d’être un vrai Mag Gyver, capable de faire et résoudre n’importe quoi en mécanique. Génial !!
Alors, l’hiver 2005, je re-décore le kart.
Et on se motive !

Prêt pour la saison 2005, toujours en Formule FFSA

Même un second pote, Aldo, nous accompagnera ponctuellement. Mais finalement, les résultats seront les mêmes. Trop lent, je n’ai pas fait attention à mon poids. J’ai clairement grossi.

Je ne m’en sors qu’à Rochy-Condé, ou je suis classé 2e aux qualifs. Ce sera mon seul coup d’éclat, malgré un accident en course, suite à un problème mécanique idiot.

1ère course à Ostricourt, Mars 2005

La saison passe. Et puis, je fais de la merde devant tous mes potes venus me soutenir pour ma dernière course, à Ostricourt. Sortie de piste au premier virage, suite à un accrochage roue contre roue avec un concurrent.
Nul.

Cette dernière course chaotique, j’en souffrirai.
Je me sens nul, incompris.
Et sans les moyens d’avoir pu exprimer correctement ma combativité et mon réel niveau sportif.
L’année 2005 se résume donc par de la casse, des bobos, et beaucoup beaucoup beaucoup de frustration.

D’autant que j’ai découvert que le monde du karting était un univers qui ne me plaisait pas beaucoup : les gens n’y sont pas très agréables. Qu’il s’agisse des officiels, trop souvent condescendants. Des propriétaires de circuit, qui semblent n’être obnubilés que par la rentabilité de leur modèle économique. Ou les autres pilotes, souvent cantonnés dans leurs stands, qui font la course à l’armement et ne sont pas très bavards — à quelques exceptions près, heureusement. J’oubliais aussi les snobs, garant leurs Ferrari ou Jaguar dans les stands. Faisant de leurs enfants des pourris gâtés, loins de mes origines modestes.

Mes potes sont venus me soutenir, lors de ma dernière course à Ostricourt / Octobre 2005

Bref, fin 2005, je m’arrête là. D’abord, parce que la catégorie Formule FFSA ne m’est absolument pas adaptée. Les séniors (dont je faisais déjà partie) et les juniors courraient ensemble. Du coup, 10kg de différence minimum — synonyme d’1 seconde au tour en moyenne — cassait ma motivation.

Et puis, la logistique compliquée pour déplacer l’ensemble de mon matériel me fatiguait aussi…

Ping, Aldo et M. Lyps pour une photo finish 2005

Pourtant, je n’ai jamais vraiment voulu arrêter

Mais le sort en a voulu autrement. Une crise familiale profonde, un déménagement à Paris, le lancement de mes entreprises en France & au Maroc et d’autres aléas de la vie m’ont écarté temporairement des circuits. C’est un véritable crève-coeur.

Et puis, le temps passe.

Je me sens vieillir.

Le cap des 30 ans me fait mal.

Je suis totalement frustré.


La frustration de ne plus avoir le temps de courir sur mon kart… c’est comme si vous coupiez les doigts d’un pianiste ou la langue d’un chanteur. Ne plus courir sur un kart, ne pas m’entrainer, c’est comme si un truc vital m’était enlevé.

C’est dur.

Très dur.

Steve McQueen disait “Racing is life. Everything that happens after and before is just waiting”. Je partage complètement ce ressenti… D’ailleurs, je le cite déjà dans un autre article que j’ai rédigé sur Linkedin — Faut-il être fou pour s’inscrire à des épreuves sportives longue distance ?

En plus, le stress lié à mes activités pros, et la baisse totale — voire la disparition de mes activités sportives — m’ont fait monter à 92kg sur la balance.


Passage en 125 à boite de vitesses

Le temps passe ainsi… les petites courses de loisir en indoor avec des copains — que je gagne quasi systématiquement — ne changeront rien dans ce manque profond. Jusqu’en 2011, où — de retour sur Lille pour mes affaires — je me mets en tête de reprendre mon sport. Et je m’organise avec une voiture d’entreprise, un attache-remorque, une remorque, un garage… et un nouveau kart : un KZ 125 à boite de vitesses. Acheté d’occasion auprès d’un autre club de ma région, celui de Douvrin. M. Lyps, le responsable du circuit est un gars d’une gentillesse rare et d’une passion réelle pour le karting.
Un Monsieur extra.

Et il me trouve un superbe Birel — un kart italien dont l’allure me faisait fantasmer depuis quelques années déjà.

Test et achat de mon premier KZ 125 : un superbe Birel tout rouge !

Racé, rouge, rapide, je voulais passer en 125 à boite pour résoudre un 1er problème : celui de mon poids. Et puis, ayant assisté à des courses de 125, je considérais le 125 comme la catégorie reine de la discipline. Du coup, partir sur un 125 semblait une meilleure idée.

Et un investissement à longs termes.

Mon Birel TM K9B 125cc, à Abbeville 2012

En 2012, je reprends donc la course

Et je m’inscris aux 4 premières compétitions de la Ligue : Ostricourt, Abbeville puis Douvrin, 2 fois.

Mais je fais encore de la figuration : le kart 125 n’est pas facile à manier. 50cv, 6 vitesses, 200km’h de pointe, 3,2s pour le 100km/h… c’est une méchante bête ! Et je suis encore à l’ouest côté réglages. Plus compliqué que sur le 100cc : carburateur, pression des pneus, liquide de refroidissement dans le radiateur, liquide de freins, position du baquet, écartement du train avant & arrière… il ne faut rien laisser au hasard.

Sans entrainements, ou sans une base solide sur ce type de kart, impossible de truster dans le milieu & le top du peloton. A Ostricourt — sur le nouveau tracé rallongé de la piste, je suis nul. On me prend un tour. Du coup, le règlement m’oblige à rentrer au stand.

A Abbeville, je double beaucoup de concurrents au départ, puis j’abandonne : panne d’accélérateur. Je continuerai à 1 main, en tirant sur l’embout d’accélérateur du moteur, avec la main droite. Mais des crampes et des brûlures dues à la chaleur du haut moteur m’obligeront à abandonner.

A Douvrin, je pars dernier à cause d’une panne technique aux qualifications. Très énervé, je gagne énormément de positions en 2 virages, et me retrouve 3e. Mais ce sursaut sera de très courte durée… un concurrent me tape, et casse ma jante arrière. Crevaison immédiate.

Abandon.

Ce sera ma dernière course.

Je tenterai l’été 2012 de participer à une course hors championnat, à Soissons. Mais mon matériel n’avait pas pu être totalement réparé depuis Douvrin. Je ne m’étais même pas rendu compte que mon arbre arrière était tordu ! Mon pote Xav’ m’accompagnait cette fois pour m’aider sur la mécanique… inutile, je n’ai même pas parcouru 1 mètre !…


Et depuis 2012, je n’arrête pas de me dire que je vais reprendre les entrainements. Et ce fut le cas. Avant quelques autres mois de frustration, encore. Et très peu de séances d’entrainement. Eparpillées. Car systématiquement perturbées par des problèmes techniques, financiers. Ou d’agenda.


Reprise sérieuse des entrainements

Puis, j’ai enfin réussi à m’y mettre sérieusement 4 ans plus tard. Un planning professionnel plus flexible m’a permis en 2016 et 2017 de multiplier les roulages à mon club du KLL Douvrin, essentiellement en fin d’année.

Fin d’année rime souvent avec météo froide et pluvieuse. Du coup, j’ai beaucoup roulé sous la pluie, en pneus slicks & pluies. D’un point de vue sportif, c’est bien. Mais je continue à me sentir sous-entrainé. Et le sentiment global que mes entrainements ne sont pas suffisamment qualitatifs.

Pas assez à l’aise lors de mes réglages, je tâtonne encore beaucoup. Pourtant, côté logistique, je m’organise pour devenir complètement autonome. Optimisation de ma remorque, amélioration de mon équipement, etc. Ce qui est déjà un pas énorme par rapport à mes débuts. Je change d’ailleurs mon Birel pour un Sodikart dernière génération. Un matériel neuf, et fiable.

Et mes chronos s’améliorent.

Même si j’ai encore beaucoup de travail à accomplir, je me rapproche enfin des meilleurs !
Passage sur un châssis Sodikart KZ — entrainements à Douvrin — Hiver 2017

En parallèle, je perds du poids. Beaucoup. Passé de 92kg à 69kg, je suis stabilisé actuellement autour de 73kg. Et puis, l’obligation de faire du sport pour être compétitif en karting m’a poussé vers d’autres sports. Le triathlon. Et les sports d’endurance : semis & marathons, trails, ultra-trails, cyclisme, renfo musculaire etc.

Au point que mon activité sportive est devenue une véritable religion — je m’exprime à ce sujet sur Linkedin. Dès lors, je suis devenu très actif sur Strava.

Séance d’entrainement hivernal — Sodi KZ 125cc

Le changement de paradigme 1/2

Puis, la naissance de mon petit garçon en 2018, et ma sensibilisation grandissante pour l’environnement me font changer de paradigme. Mes déplacements quotidiens, je les faisais déjà tous en vélo, ou en courant depuis quelques années. Parfois, 30km de vélo AR pour aller et revenir de chez mon client. Ou bien un aller en transport en commun, pour rentrer en courant 10km le soir. Parfois avec un sac à dos. Le tout, dans un environnement malheureusement de plus en plus pollué.

Car pendant ce temps — alors que je sors systématiquement de ma zone de confort côté boulot — je constate que l’assistanat globalisé de notre société confortable a rendu les gens paresseux et égoïstes. La voiture devient systématique pour n’importe quel trajet. On prend les escalators, et on ne sait même plus monter un escalier. Aller chercher du pain, ou son enfant à l’école — tout est prétexte pour ne pas marcher, et privilégier sa voiture thermique. Et donc polluante.

Le changement de paradigme 2/2

De même, ayant perdu des gens dans mon entourage à cause de cette drogue légalisée qu’on appelle cigarette — je ne comprends pas ce qui pousse les gens à acheter ces produits, s’encrasser les poumons, et ceux des autres par la même occasion. Puis de balancer son mégot par terre. Les rues deviennent dégueulasses. Les gens n’en ont rien à foutre des déchets. Ils laissent trainer leurs canettes de bière ou de Coca par terre. Les incivilités se multiplient. Et me gonflent. On se gare sur les pistes cyclables. Et puis, aucun tri sélectif n’est pratiqué chez mes clients. On préfère jeter que laver des objets pour les réutiliser ensuite.


Bref, du haut de mes 36 ans, j’ai développé une vision des choses différentes. Vision qui me semble plus raisonnée que celle du David d’antan.
Du coup, relire les aventures de mes idoles de jeunesse, les BDs sur le Mans, Jo Siffert ou les frères Rodriguez me semblent être d’un autre temps. En totale contradiction avec notre époque, ou les guerriers de ces circuits feraient office de débiles mentaux aujourd’hui.


L’environnement, l’écologie, les abeilles, le plastique… tous ces sujets font écho chez moi. Récemment, ma femme Shyrine m’a fait part d’une nouvelle théorie, que je partage pleinement : la collapsologie. Réserves de pétrole qui s’amenuisent à la vitesse de la lumière. Impact sur l’environnement de toutes nos actions néfastes. Réchauffement climatique dû à la pollution. Pollution sonore qui perturbe la faune. Poubelles qui débordent partout, jusqu’aux océans. La situation écologique devient alarmante. Le réchauffement climatique va engendrer de nouvelles maladies. Et de nombreux peuples vont devoir migrer pour quitter les territoires les plus touchés. L’Inde, l’Indonésie, le Maghreb… Où vont aller vivre ces gens ? En Europe ? En Occident ? Le repli national & communautaire que les pays européens semblent suivre vont nous mener droit dans le mur. Oui, je m’attends à une guerre mondiale. Dans les 15 à 20 prochaines années.

Et cette tournure que je crois deviner me fait peur.

Pour moi ? Bof.

J’ai surtout peur pour mon fils.

Qu’est ce que c’est que ce monde qu’on laisse à nos enfants ?!

Alors — oui — cette vision pessimiste à moyen/long terme me rend agressif avec les automobilistes. Et avec une partie de mon entourage — client ou non — qui font des choix qui me semblent être idiots. Le nouveau président brésilien me fait peur. Trump me fait vomir. Le Qatar me dégoute. J’ai le sentiment que notre société marche sur la tête. Que les choses perdent de leur sens.
Le départ du gouvernement de Nicolas Hulot en Septembre dernier m’a fait — je l’avoue — un choc. Et résonne encore. Les lobbies, la surconsommation avec le Black Friday et toutes ces conneries, la pollution excessive, le communautarisme, les perturbateurs endocriniens, la fonte des glaces, l’exploitation animale, la surpopulation…

Tout cela me choque et m’effraie. Et la bêtise des gens, prêts à manifester contre la hausse des carburants en ce mois de Novembre 2018, me fait dire que les français sont vraiment d’une bêtise ahurissante. Et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Du coup… j’en arrive à avoir honte. Honte d’aimer le karting. Honte de regarder encore les courses de F1 — pourtant super chiantes.
Et honte d’avoir pris l’avion ces dernières semaines.

A la fin de ce mois de Novembre 2018, j’aurais pris 100 fois l’avion dans ma vie — oui, je les compte. Et @MLouchart sur Twitter a raison : mon impact carbone est terrible !!

Pour cette raison, et sur les conseils de ma femme, nous avons choisi de compenser sur @CO2Solidaire notre voyage à la Réunion, en Octobre dernier. A hauteur de 200€, d’après les différents outils de calcul qu’on trouve sur le web. Quant à mes déplacements professionnels ce mois-ci, je compte faire de même, via mon entreprise.

Cela me donne une meilleure conscience. Mais il y a tant à faire et améliorer dans notre vie quotidienne… Passer sur des couches lavables pour notre bébé, développer notre propre potager et nous équiper d’un lombricomposteur, etc.


Aujourd’hui, je suis face à un dilemme qui me ronge

Je pensais reprendre mes entrainements hivernaux au volant de mon 125 de compétition. Mais je ne veux surtout pas que mon égoïsme d’occidental privilégié me donne le luxe de polluer l’atmosphère en tournant en rond sur un circuit.

Ces dernières semaines, j’en suis arrivé à me dire que j’allais devoir mettre une croix sur ma passion. Passion qui me dévore depuis plus de 20 ans.

Je vis course. Je mange course. Je rêve course.

Alors… que faire ?
Comment faire pour se relever ?
Dois-je trouver d’autres défis, et me faire une raison ?

Des défis, j’en ai pleins.
Sur le plan sportif et entrepreneurial, je suis déjà booké.

Mais aucune de mes autres activités n’arrive à combler ce manque… !

Cohérence

Oui, je dois clairement me faire une raison. Car si je donne des leçons à mon entourage en les reprenant sur leur utilisation abusive de leur voiture, je dois être cohérent avec moi-même. Je n’ai aucune envie d’abandonner le karting. Mais je dois trouver une solution. J’ai longtemps cherché. Et il me semble que cette solution est double.

D’abord, je fais le pari des simulateurs automobiles.

Les simulateurs ont fait beaucoup de progrès ces derniers temps. Entre vérins 3 axes et lunettes en réalité virtuelle, on peut se plonger dans des courses automobiles virtuelles et très immersives. Au point que je souhaite développer un centre de loisir sportif, en partie dédié à cette activité. Investissements déjà en cours & photos à suivre sur les réseaux sociaux ;)

Secundo, le karting électrique de compétition débarque !

Et va faire son entrée sur le marché, via le Rotax Thunder. Je n’ai jamais pratiqué le karting parce que son bruit m’attirait. Bien au contraire, le bruit d’un kart n’est pas forcément très agréable. Toutefois, je sais pertinemment que l’on ne survivra pas indéfiniment sur des batteries au lithium. Tesla, Jaguar, Peugeot, Harley Davidson… tout le monde se lance dans l’électrique. C’est tendance. Je me méfie des tendances, car tout cela peut devenir dangereux si aucune solution n’est trouvée pour les sources de lithium. Et surtout le recyclage des batteries.

C’est encore un peu flou sur le sujet, mais j’ai bon espoir que la fédération impose la récupération d’énergie cinétique, et des améliorations successives sur l’alimentation et l’augmentation de la durée de vie de ces batteries.

Aujourd’hui, je fais donc le deuil de mon sport.

Mon KZ 125cc restera au garage cet hiver.
Et pas seulement cet hiver.

Je souhaite de tout mon coeur que le karting et le sport automobile deviennent des sports propres. Car je ne roulerai plus dans un kart thermique. Même en location.

Les moteurs thermiques polluants d’activités sportives/loisir moto & auto sont des aberrations des temps modernes.

Alors, vive les simulateurs/VR.
Et vivement la sortie publique du Rotax Thunder !

#NeverGiveUp