BREXIT : POST-TRAUMATISME

Réveil dans la torpeur ce matin. Malgré des volets fermés, la lumière du soleil matinal a réussi à vaincre l’obstacle des persiennes pour envahir ma chambre, agressant mes yeux douloureux à peine ouverts. Le problème avec le bon Feng Shui, c’est que les pièces sont parfois trop lumineuses dû à la puissance du Chi.

Ma première nuit après le Brexit fut plus qu’étrange. Par quelque procédé inconnu, un grand manoir austro-hongrois me tombe entre les mains. Au début, je pensais que le manoir était dans un piteux état. Puis, je m’aperçois que son état n’était pas aussi mauvais que je ne le croyais : les vasistas, sont neuves et solides, mais décorées de plaques rectangulaires rouges d’un goût douteux… comme tout le reste du manoir, d’un style entre tarte à la crème et le château de la Belle au Bois Dormant à la sauce Disney. Evidemment, je n’avais pas les moyens financiers pour remettre ce manoir sur pied. Les restaurations vont coûter une fortune. Que faire ? du crowdfunding ? C’est à ce moment-là que je me suis réveillé… sans la réponse à ma question. Un rêve révélateur de mon état d’esprit actuel ?

Je dois absolument faire aujourd’hui une longue promenade au bord de la mer, pour me débarrasser de toute cette cortisone accumulée ces derniers jours à cause du stress. Mais il fait si chaud à Marseille que l’on a plutôt envie de rester cloîtré toute la journée derrière ses persiennes pour regarder des videos stupides sur Youtube pour anesthésier son cerveau, à défaut de se saoûler pour oublier. Rester fort et lucide quoi qu’il arrive fait mal, et on ne le dit pas assez. Le pire, c’est que je suis arrivé à ce stade où l’alcool ne me tente même pas et la pensée de prendre une gorgée de cet élixir si prisé des dépressifs me donne la nausée. Et me soûler à l’Orezza, cette eau minérale corse si délicate, n’est en aucun cas efficace pour mon état d’âme, et ne ferait que faire travailler inutilement ma vessie.

J’ai même voulu me mutiler en me rasant la tête, mais mon coiffeur refuse de participer à ce massacre en me disant “n’allez pas plus vite que la musique, Monsieur”. Alors que faire ? Attendre passivement que ça se passe et laisser la construction de l’Europe — qui nous a sauvés d’une 3è guerre mondiale — tomber en petits morceaux ?