Alchimie du sample


Entouré de ses cinq vénérables calcinés, gardiens d’une ancienne forêt de légende, quelque part et partout en Brocéliande.

Ma musique ressemble à ça, une végétation sublimée au coeur d’une forêt légendaire. Mes gardiens calcinés sont légions, obscurs héros oubliés, figures majeures, petit peuple du son. Et chaque fois elle renaît de cendres encore fumantes …

L’alchimie du sample. Faire de l’or d’un charbon noirci, d’un bruit électrique un autre son.

La brume épaisse laissée par la nuit fige les roches et les arbres, c’est l’heure idéale pour se perdre en Brocéliande, pour sortir quelques disques de leurs rayonnages et laisser le sillon creuser les lignes d’esquisse.

La mise en état de marche passe par quelques sentiers balisés, jusqu’à découvrir un passage de lumière dans les bois, un état d’âme. L’échantillon esquisse la couleur du morceau, indique ce qu’il sera sans l’annoncer. Étonnamment l’indication perdure, bien au delà du travail de découpe, de transformation, parce que c’est le travail lui-même qui la nourrit, la précise, la polit.

Brian Eno a une phrase qui sonne comme un dévoilement : «This process called recording is the creative process.»

Et c’est toujours du travail de la matière que surgit le morceau.