FTX : quels impacts pour le Web3 ?

Alors que le CEO de FTX cherche une terre d’exil prête à l’accueillir pour échapper à une peine de prison certaine suite à ses agissements frauduleux ayant mené à la faillite de sa société jusqu’alors valorisée à plusieurs milliards, nombreux sont ceux qui y voit un nouveau coup dur pour la sphère crypto et par extension toute l’économie du Web3. Mais qu’en est-il vraiment ? Quelles leçons peut-on tirer de ce nouvel épisode qui intervient dans un contexte de marché compliqué pour l’économie mondiale ?

FTX a donc officiellement fait faillite fin 2022 suite à une mauvaise gestion des fonds générés par son service d’exchange de cryptomonnaies. Une gestion frauduleuse pour un acteur majeur qui disposait de plusieurs millions d’utilisateurs qui lui faisait confiance pour acheter et revendre des cryptomonnaies mais aussi pour stocker leurs actifs une fois achetés. Dans les faits, le CEO de la société Sam Bankman-Fried a utilisé les fonds pour réaliser des investissements à haut risque via son autre société Alameda Research. Des investissements qui n’ont pas porté leurs fruits et qui ont mis à défaut la capacité de FTX à assurer les fonds de ses clients.

Un exemple qui montre l’échec d’un modèle d’intermédiation sur un marché technologique basé sur une technologie qui met en avant la désintermédiation. Rappelons que Bitcoin, la première cryptomonnaie a été créé sur un modèle décentralisé et désintermédié suite à la crise de 2008 pour disposer d’un système de confiance technologique en alternative à un système de confiance institutionnel et bancaire.

Ainsi, même si tout n’est pas à jeter dans le modèle des plateforme d’exchange centralisé, elle pose la question de plus en plus pressante de la régulation de ces acteurs qui sont en quelques années devenu de véritables crypto banques agissant dans un cadre réglementaire obscure en fonction de leur lieu de résidence géographique, tous les pays n’ayant pas comme la France mis en place de cadre comme le celui du statut de PSAN.

En synthèse, la faillite de FTX nous rappelle donc quatres points clés :

-Les plateforme d’échange centralisé, Binance, Crypto.com, Kucoin, OKX, Huobi, Coinhouse feut FTX et bien d’autres sont des facilitateurs d’accès à l’univers crypto

-Utiliser ce type d’échange s’avère pratique pour acheter et revendre des cryptomonnaies à condition que la plateforme en question dispose d’un statut réglementaire à jour comme Binance, Crypto.com ou encore Coinhouse en France.

-Ces plateformes ne sont en aucun cas des solutions à considérer quand il s’agit de conserver la propriété de ses actifs. Les solutions de self custody type Ledger ou même Fireblocks pour des acteurs institutionnels sont à privilégier.

-La régulation des acteurs agissants comme des intermédiaires financiers sur le marché des crypto-actifs apparaît nécessaire afin d’éviter le renouvellement de ce type de situation, le parlement européen a ainsi trouvé un accord sur le projet de loi MiCa qui doit maintenant passé les différentes étapes nécessaires à une adoption du règlement visant à encadrer les pratiques des prestataires de services liés aux crypto-actifs ainsi que les émetteurs de “stablecoins”. En France, c’est la loi PACTE qui dès 2019 encadre les activités des acteurs du marché crypto.

Si on revient un peu plus en détails sur les dérives qui ont causé à la chute de FTX on peut en retenir à l’heure actuelle plusieurs éléments intéressants à observer.

En haut de la pile des dérives on retrouve un niveau de centralisation beaucoup trop important. On parle ici de la centralisation de la gouvernance avec un Sam Bankman-Fried qui agissait comme un véritable gourou au sein de la société et que personne n’a été capable de challenger.

Ensuite on notera des mécanismes de réserve défaillants comme le fait de dépendre d’un autre acteur centralisé, en l’occurrence Binance. Mais aussi et certainement l’une des raisons majeures de la perte de la société est le fait d’être totalement dépendant du cours de son token FTT (le token maison de FTX) ou encore d’autres token extrêmement en proie à la volatilité du marché crypto comme Solana.

Par ailleurs, la gestion et la stratégie de FTX qui avait mis en place un budget colossal en communication et en marketing. Des actions qui avaient fait les gros-titres de la presse quand Sam bankman-Fried avait à l’époque renommé la salle de l’équipe de basketball des Miami Heat en “FTX Arena”, il avait peu après émis le souhait, non pas de sponsoriser une équipe mais de racheter le championnat de NBA… Des paroles et un manque d’humilité qui résonnent encore aujourd’hui.

Le PDG de FTX a fait le choix de continuer ces investissements massifs basés sur une situation du marché crypto très favorable quand les valorisations dépassent encore tous les records fin 2021. Mais l’année 2022 a vu le marché se retourner en suivant avec une volatilité plus marquée, la crise de l’économie traditionnelle marquée par une inflation galopante et une hausse des taux d’intérêt directeurs des banques centrales. Une stratégie et des budgets non révisés qui l’auront donc mené à sa perte et à la révélation au grand jour de l’ensemble des activités frauduleuses développées par FTX et Alameda Research.

Enfin, suite à la faillite de FTX, c‘est l’ensemble des wallets de la société qui ont été reportés hackés. Un nouvel exemple qui va dans le sens de l’importance de maîtriser de bout en bout la sécurisation de ses crypto actifs.

Pour rappel et à titre de comparaison, dire de sécuriser ses cryptoactifs dans une Ledger ou un autre type de hardware wallet revient à dire que votre argent est toujours plus en sécurité sous votre matelas plutôt que sur votre compte à la Banque. Rappelons nous que les “Bankrun” mouvements de paniques bancaires ne sont pas si loin de nous… et que c’est d’ailleurs la crise de 2008 qui avait donné naissance au Bitcoin, l’ironie de l’histoire et du développement de l’écosystème crypto est ici assez fascinante à observer.

FTX a donc permis de remettre sur la table les questions de décentralisation et de cybersécurité qui sont centrales pour le développement du Web3 qui se différencie notamment du Web2 par le fait de pouvoir revendiquer la propriété d’assets numériques de toutes formes : cryptomonnaies, NFTs, terrain dans un métaverse et bien d’autres encore…

A l’heure où de nombreuses marques se lancent dans le Web3 il est donc primordial d’identifier les enjeux de cybersécurité comme étant à monitorer de près. Si la cybersécurité est devenue au fil du temps importante dans ce que l’on nomme le Web2, elle devient vitale dans le Web3 afin d’en garantir sa valeur ajoutée.

Quelques bonnes pratiques élémentaire comprennent donc le fait de :

  • Réaliser de manière systématique des audits de smart contract indépendants sur les projets que vous développez sur des infrastructures blockchain
  • Sécuriser vos assets Web3 grâce à une solution de self custody de type Hardware Wallet ou MPC
  • Mettre en place des processus de gouvernance et de gestion des crypto assets en interne
  • Intégrer les nouvelles exigences de cybersécurité liées au Web3 dans votre politique générale de cybersécurité existante. Un dernier point clé car la majorité des cyber attacks opérés dans l’écosystème crypto utilisent des techniques déjà éprouvées et connues comme le phishing notamment.

En synthèse, le Web3 représente un shift technologique majeur, l’histoire nous montre que toute évolution technologique d’ampleur amène avec elle deux types d’acteurs notables : les visionnaires d’un côté qui apportent des solutions disruptives structurantes et les escrocs de l’autre qui utilisent ce contexte de nouveauté pour réaliser des actions frauduleuses. En moins d’une semaine, le CEO de FTX est donc passé du statut de visionnaire à celui d’escroc, prenant la suite de nombreux avant lui.

Un phénomène qui doit nous pousser à toujours plus mettre en œuvre les processus cyber adaptés afin de réaliser le potentiel du Web3 en toute sécurité.

Sam Bankman-Fried avait participé de manière très importante au développement de l’infrastructure blockchain Solana. Si en 2021 elle apparaissait comme un concurrent potentiel à Ethereum, après la faillite de FTX et suite à de nombreux déboires techniques, les questions sont nombreuses sur l’avenir de cette blockchain.

Une blockchain que l’on associe souvent à l’émergence d’innombrables projets NFTs montés à la suite des succès des collections crypto punks ou encore bored apes yacht club (BAYC). Une tendance qui a montré ses faiblesses avec une réduction de plus de 90% des volumes d’échange sur le marché NFT entre début et fin 2022.

Une fois de plus, l’enjeu pour le développement du Web3, pour les acteurs technologiques mais aussi et surtout pour les marques et les sociétés traditionnelles qui souhaitent s’en emparer est d’aller au-delà des tendances pour construire des cas d’usages apportant une valeur ajoutée réelle pour sa communauté et pour ses clients.

Alors que la spéculation et les ventes de NFT ne cessaient de battre des records courant 2021 et début 2022, nombreux dont Vitalik Buterin, le fondateur d’Ethereum , ont alerté sur le fait de ne pas se laisser aller à des tendances spéculatives sans avenir à moyen et long terme.

Chez Doors3, c’est une conviction forte que nous partageons à nos clients dans le cadre de nos accompagnements. Le Web3 doit s’appréhender sur le long terme, dans le cadre d’un mouvement technologique important qui a des impacts à 360 sur une société qui souhaite en tirer profit et l’utiliser comme un nouveau support de développement nouveau.

Nous sommes capables de guider nos clients dans le choix des bons partenaires, y compris les plateformes d’échange, ainsi que de les accompagner dans la mise en place de solution de Self-Custody tout en définissant les processus organisationnels associés.

Afin d’accompagner nos client dans leur réflexion stratégique nous avons d’ailleurs développé plusieurs outils et méthodologies permettant d’une part de maîtriser les risques d’un positionnement sur le Web3 et de l’autre d’en optimiser le retour sur investissement à moyen long terme grâce à la mise en oeuvre de cas d’usages intégrés aux enjeux business clés de nos clients.

L’épisode FTX est donc à prendre comme une excellente piqûre de rappel pour revenir aux bases du Web3 et notamment à celles de la technologie blockchain. Si aujourd’hui on parle plus de Web3 que de blockchain comme dans les années 2017 et 2018, il est toujours important de s’en rappeler pour garder le contexte et potentiel de disruption de cet écosystème qui repose notamment sur les technologies décentralisées qui permettent de donner naissance à de la désintermédiation. Un mouvement majeur qui rend vital la prise en compte des enjeux de cybersécurité. Une des prérogatives clé que nous accompagnons chez Doors3 pour monter des projets Web3 qui ont un sens à moyen et long terme car construits en relation avec les enjeux business des clients que nous accompagnons. FTX sonne certainement la fin du Web3 paillette pour ouvrir la voie à un Web3 plus sain centré sur la nécessité de démontrer le potentiel technologique du secteur par des activations marquantes. Au-delà des articles de presse alarmistes, c’est au final une bonne nouvelle pour ceux qui construisent vraiment les usages de demain sur le socle Web3 !

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Doors3 est le premier cabinet de conseil indépendant spécialisé dans le Web3.0.

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