Penser l’enjeu migratoire à l’échelle européenne

La France a toujours été dans son histoire une terre d’immigration. Terre d’accueil, de partage et de croissance pour des millions d’immigrés qui ont pleinement participé à la construction de la France que nous connaissons aujourd’hui. Regarder notre passé n’est pas une action naïve ou déconnectée de la réalité migratoire que nous connaissons aujourd’hui, c’est aussi une façon de se rappeler pourquoi la France doit rester une terre d’immigration. Emmanuel Macron en a pleinement conscience et appréhende la situation migratoire que nous connaissons avec responsabilité et lucidité.

La pression migratoire sur les pays européens n’a cessé d’augmenter ces dernières années et la France doit y faire face de façon pragmatique et efficace. C’est ce que propose Emmanuel Macron en ne faisant pas du sujet de l’immigration un chiffon rouge électoral mais en faisant de ce sujet un défi collectif que nous devons accueillir avec détermination et volonté.

Aussi, la France doit rester une terre d’accueil pour les réfugiés tout en se montrant ferme en reconduisant plus efficacement les personnes qui ne remplissent pas les conditions de séjour sur notre territoire. C’est à la fois un devoir et une responsabilité. Il est donc impératif de réformer les conditions d’examen des demandes d’asile en abaissant à 8 semaines la prise de décision pour toute demande. De la même manière, en cas de recours, le jugement interviendra dans un délai de 6 à 8 semaines.

Là où le Front National voit dans l’immigration « un drame », Emmanuel Macron voit dans l’immigration des talents, des compétences, des connaissances qu’il faut savoir attirer et conserver. Un tiers de l’immigration en France est en effet étudiante. Emmanuel Macron souhaite donc promouvoir une immigration de la connaissance en allégeant les procédures et en réduisant les délais d’obtentions des passeports pour les créateurs d’entreprises, pour les chercheurs, pour les artistes, ou encore pour les visas « talents ». Les modalités d’accès au marché du travail seront également simplifiées pour les étudiants ayant obtenu un master en France.

Emmanuel Macron a compris que l’immigration ne devait plus être un enjeu à l’échelle nationale mais bien un enjeu à l’échelle européenne. La France doit être le moteur d’une prise de conscience européenne sur le sujet de l’immigration. Pour cela il est d’abord nécessaire de renforcer les moyens dont est dotée l’Europe pour le contrôle de ses frontières. Emmanuel Macron propose ainsi de doter l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes d’un effectif de 5 000 hommes mobilisés pour contrôler et surveiller les frontières européennes. La réussite d’une politique d’immigration ne peut aujourd’hui que passer par l’Europe.

Là où Emmanuel Macron, mû par le respect du principe de subsidiarité, entend solutionner le problème au niveau adéquat, Marine Le Pen compte, dès son arrivée au pouvoir, sortir de l’espace Schengen et faire appel aux réservistes de l’armée pour rétablir les frontières. Outre la limitation drastique du droit de circulation des français, elle prévoit donc d’affecter une quantité irresponsable d’argent public à un échelon non pertinent.

L’immigration est une richesse pour la France. Si Emmanuel Macron conçoit comme une nécessité la bonne intégration des populations immigrées, il n’entend pas œuvrer pour une politique assimilationniste destructrice d’identités culturelles et source à venir de profonds maux.

Cette intégration ne dépendra plus de la seule volonté de l’individu mais sera portée par une véritable politique publique. Chaque étranger en situation régulière aura droit à une formation linguistique lui permettant d’atteindre le niveau B1 (niveau nécessaire à la naturalisation). Cette certification, qui pourra conditionner l’accès à la carte de résident (valable 10 ans), mettra un accent particulier sur les droits et devoirs de chaque citoyen, notamment en matière de laïcité et de droits des femmes, ainsi que sur la connaissance des services publics et du monde du travail. Tout ceci sera, en outre, complété par des programmes locaux d’intégration.

Emmanuel Macron préfère une immigration responsable au projet démagogue et mensonger de Mme Le Pen. Cette dernière souhaite mettre en place un moratoire de « quelques semaines » sur les visas de longue durée (près de 195 000 délivrances de titres en 2016) alors que ces derniers ne représentent qu’une infime partie des visas accordés annuellement (presque 3 millions). Cet écran de fumée populiste entend camoufler l’aspect inique et irréalisable de l’une de ses propositions phares : un solde migratoire positif de 10 000 entrées qui entend s’appuyer sur un rabot des seuls visas de longues durées.

Tribune rédigée par Lucas Fortuné et Hugues Piazza.

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