Jacqueline Sauvage graciée, la parole du peuple a été plus fort que celui de la justice.

François Hollande a décidé, ce dimanche, d’accorder une grâce présidentielle à Jacqueline Sauvage, condamné à dix ans de prison pour avoir tué son mari. Avec plus de 405 000 signatures recueillies sur le site Change.org, de nombreuses personnalités lui avaient apporté leur soutien mettant ainsi la pression sur la décision du président de la république.

Victime de violence conjugale pendant 47 ans et condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari après tant de souffrance, la vie de Jacqueline Sauvage se résume au sentiment d’injustice. De ce fait, 405 000 personnes ont signés une pétition demandant à François Hollande la grâce présidentielle, permettant la suppression ou la diminution d’une sanction pénale. Une mobilisation afin de lutter contre le “massacre des femmes” a été mis en place pour dénoncer la violence et l’injustice que connaissent grand nombre de femmes. Selon une étude de l’Insee en 2007, 223 000 femmes de 18 à 75 ans subissent des violences physiques et sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire, et seulement 14% disent avoir déposé plainte auprès d’une gendarmerie.

La France se mobilise pour que Jacqueline Sauvage soit graciée. (crédit photo : elle.fr)

De nombreuses personnalités politiques ont apporté leur soutien parmi lesquelles la maire PS de Paris Anne Hidalgo, l’ancien élu écologiste Daniel Cohn-Bendit, le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon ou les députées Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Boyer. C’est des soutiens de poids qui font face au président de la république, lui rappelant que la victime n’est autre que Jacqueline Sauvage après 47 ans de souffrance.

La pression dur les épaules, François Hollande dit avoir entendu cette mobilisation et ne pas être insensible à cette situation. De longues discussion ont alors débutées, avec de nombreuses questions, pour aboutir à l’accord présidentiel de gracier Jacqueline Sauvage. Une remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois et de sa période de sûreté. Une première victoire du peuple sur la justice qui continu sa lutte pour la libération totale de la femme de 66 ans.

Une victoire qui remet en cause la puissance de la justice. Après deux Cours de Cassations, la décision du juge, l’homme qui représente la justice en toute partialité, vient de se faire anéantir par la décision du peuple. A quoi bon avoir des représentant de la loi si c’est modifier leur décision. Il leur est souvent reproché de trop suivre les manuels, oubliant parfois l’aspect sentimentale et logique. Mais les magistrats dénoncent que la légitime défense n’est absolument pas soutenable et qu’elle doit être puni par la loi. En cas d’agression physique ou sexuelle, il est toujours préférable d’en parler et d’aller voir la gendarmerie avant de se faire justice soi-même.

Dylan Mank étudiant en journalisme à HEJ Montpellier