Elle c'est "Chung", une tech girls gabonaise!

Vous l’avez certainement déjà croisée à l’arrêt du bus, dans un taxi ou à l’intersection de deux rues. Cela n’a rien de surprenant, tant sa discrétion égale son humilité. Elle, c’est Chung et vous n’imaginerez certainement pas ce qu’elle est capable d’accomplir devant un ordinateur. Mais qui est cette jeune femme pour qui le numérique n’a quasiment aucun secret ?
De son nom complet, Chung Alpha MANFOUMBI est une jeune gabonaise née à Port-Gentil. Déjà toute petite, elle montre une grande fascination pour les voitures, au milieu desquelles elle a dû passer ses après-midi. Une histoire d’amour qui n’a eu que pour unique responsable son père, à l’époque employé chez un concessionnaire automobile. Au début de son cycle secondaire, son ambition était de créer un concept-car ou voiture hybride qui devait révolutionner le monde de l’automobile par des technologies jamais intégrées dans un véhicule qu’elle aurait inventé. Un projet ambitieux, selon les avis de son entourage, qui n’aboutira malheureusement pas. En effet, Chung s’est interrogée sur les possibilités de se trouver un emploi, dans le cas où elle aurait poursuivi son rêve.
Elle obtient son Baccalauréat de série D en 2009, au Lycée privée MBELE avant de s’envoler, un an plus tard pour l’Ukraine. Elle choisira de s’orienter vers le génie logiciel, se rendant compte que c’était le moyen de rester dans son domaine de prédilection, cette fois dans la création de logiciel pour les voitures comme par exemple pour l’ouverture des portières avec reconnaissance vocale ou digitale… En somme, sa motivation pour la technologie vient du fait d’avoir constamment « la possibilité d’innover et de pouvoir entrer au cœur des logiciels qui existent et de savoir comment ils fonctionnent réellement. De pouvoir matérialiser n’importe laquelle de mes idées ». Bref, son amour pour la technologie est allé bien au-delà des gadgets (voiture téléguidée, Nintendo, Game Boy…) qu’elle a reçu toute petite.
Après une année de langue à l’Université d’Etat de Kherson (Ukraine), elle intègre l’Université Nationale de Dnipropétrovsk nommée Oles Honchar. Elle fait un cycle de Bachelor en Génie logiciel (Bac+3), pour ensuite s’inscrire en master pour la filière Logiciel de systèmes. C’est en 2017 qu’elle est de retour au bercail, juste après avoir terminé ses études. Elle est titulaire d’un master 2 en Logiciel de systèmes, analyste en logiciel et multimédia, chargé des recherches et consultant (Ingénieur en Logiciel des Systèmes pour faire court) et s’exprime dans quatre langues différentes : le français, l’anglais, le russe et l’espagnole. Aussitôt, elle est coptée par l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF), où elle travaille présentement.
A l’ANINF, le fait qu’elle soit une jeune femme lui donne la force de bosser deux fois plus que tous ; afin de prouver qu’elle a sa place au milieu des hommes. Elle choisit donc de s’imposer par ses compétences. Elle soutient que cet environnement est indispensable pour l’épanouissement d’une femme dans le métier de développeur. En tant que seule femme de son équipe, elle ne ressent aucune discrimination ou traitement rabaissant de la part de ses collègues « tous jeunes et super sympas, le travail se déroule dans une bonne ambiance qui donne envie d’aller bosser tous les matins ».
Après sept ans passés hors du Gabon, elle découvre de nouveau son pays évolué et développé dans le domaine du numérique. Elle voit en l’Ecosystème numérique, « l’ensemble des méthodes, outils et acteurs qui interagissent afin de former un vaste réseau permettant le développement du numérique ». Selon Chung, le Gabon est sur la bonne voie car, entre 2010 et 2017 le pays a montré son intérêt pour le secteur du numérique avec les actions telles que la création de l’ANINF, l’épanouissement de startups, les financements des organismes internationaux pour les projets numériques (eGabon, CAB4…), l’utilisation des eServices, eBanking….pour ne citer que ceux-là.
Toutefois, elle estime que le numérique au Gabon doit s’arrimer à la tendance mondiale. Et, à cela, elle propose l’éducation de la société civile et les populations à la culture du numérique, avec en prime une mise à jour du système éducatif dans un premier temps. Puis, elle s’appuie sur la nécessité d’un cadre juridique, dans le sens de régir l’usage du numérique dans le pays. Elle propose en outre, la création d’un espace de promotion des start-up gabonaises et leurs initiatives dans le numérique, mais aussi, d’encourager les ONG et Associations qui s’investissent dans le secteur. Enfin, elle préconise l’accès à l’outil informatique, à toutes les couches sociales et surtout les plus défavorisées. Son message à l’écosystème numérique : « Une génération numérisée, c’est un ays dynamisé ».
