Le modèle social du handicap, avec l’UPIAS et Oliver

Si l’on récapitule, depuis que la notion de handicap est apparue, des chercheurs l’ont assimilé le handicap à une “déviance,” un stigmate à gérer, tandis que d’autres ont critiqué les limites de ces approches. Ce que pointe la critique de Finkelstein, c’est la nécessité tant théorique que politique de prendre en compte la dimension structurelle du handicap.

Cette réflexion est née dans les mouvements des droits civiques, à partir es années 1960. Dans ce processus, un jalon important pour les études sur le handicap est la création an 1974 de l’UPIAS (Union of the Physically Impaired Against Segregation), en Grande Bretagne. A noter d’ailleurs que Finkelstein faisait partie des membres fondateurs (avec Paul Hunt et Ken Davis).

L’UPIAS distingue impairment (déficience) et disability (handicap). La déficience est “l’absence d’un membre, en partie ou en entiéreté, ou le fait d’avoir un membre, organisme ou mécanisme corporel défectueux” (“lacking part of or all of a limb, or having a defective limb, organism or mechanism of the body”). Tandis que le handicap est défini comme “tout préjudice ou restriction d’accès à une activité, causés par la société, qui ne prend pas ou peu en compte les personnes avec des déficiences physiques” (“the disadvantage or restriction of activity caused by contemporary organisation which takes no or little account of people who have physical impairments”). Pour l’UPIAS, le handicap est distinct de la déficience physique : il “s’ajoute.”

En 1983, Mike Oliver, inspiré par l’UPIAS, propose la notion de modèle social du handicap. Il distingue le modèle individuel (celui disant du handicap qu’il est une tragédie personnelle) et le modèle social du handicap (qui fait du handicap une problématique sociétale).

Références

Oliver M, Social Work with Disabled People, Basingstoke Macmillans, 1983

Principes de l’UPIAS http://disability-studies.leeds.ac.uk/files/library/UPIAS-UPIAS.pdf