De l’importance du chemin.

Claire Pétreault
Nov 3 · 3 min read

“Il faut agir vite pour la survie de l’humanité.”
“Nous avons 10 ans pour sauver le monde.”
“Les espèces s’éteignent sous nos yeux, les unes après les autres.”
“L’effondrement de notre / nos civilisations est proche.”

Comment vivre avec cette inquiétude permanente ? Comment penser un monde meilleur, différent, quand on fait l’état des lieux de la situation ?

Je ne vois qu’un but, qu’une finalité, qu’un objectif à atteindre : agir pour avoir un impact mesurable, positif, pour éviter le pire.

Mes proches me disent que changer ses habitudes, ça prend du temps. Que je suis trop radicale. Extrême.

Mais moi, je voudrais les convaincre. Avec des chiffres, des faits, des images, je leur prouve qu’une transformation rapide de nos sociétés est indispensable.

Comme si j’étais responsable. Comme si tout tenait à moi. A mes décisions, à mes actes (surtout les moins écolos), à mes messages. Comme si je devais tout porter sur mon dos, aussi costaud soit-il.

Et pourtant.

Ce chemin, cette transition dont on parle, ces étapes à franchir… ne serait-ce pas là la clef de notre réussite ?

Et si, au tout début de la route, il y avait un premier pas à franchir : accepter.

Accepter la tristesse et l’injustice de la situation. Accepter mon impuissance. Accepter ma peur. Accepter mes émotions, et les laisser vivre. Accepter le déni des autres. Accepter la lenteur. Accepter, respirer, et remercier.

Remercier ma conscience de s’être éveillée, réveillée. Remercier ma chance d’être vivante, là, maintenant, dans le moment présent. Remercier mon entourage de m’avoir guidée, élevée, construite. Remercier le destin pour toutes les rencontres qu’il a posées sur ma route. Remercier la nature d’être si accueillante. Faire cet exercice compliqué, et profond, de la gratitude. La gratitude qui m’emmène vers la suite du chemin. L’humilité.

Se rappeler constamment que ne sais rien. Je crois savoir, et j’apprends tous les jours le contraire de ce que je pensais savoir. Je sais que je ne sais rien. Je me construis avec mes pairs. Ils me questionnent, m’élèvent, me réalisent.

Ne plus juger. Ou plutôt, juger le moins possible. Ecouter, faire l’effort de l’empathie. Car ce que je vis n’est pas ce que vit l’autre. Je ne peux pas le juger pour ça. C’est ce qui fait que nous sommes différents.

Savoir que je suis unique. Je suis pleine de force, d’énergie, de convictions. J’ai des faiblesses qui font de moi une personne en amélioration permanente. Mes erreurs m’apprennent à être meilleure avec moi-même, avec les autres. Je fais de mon mieux. Tous les jours. Je suis fière de ce que j’accomplis. Je concilie humilité, et besoin de reconnaissance. Je suis en paix. J’accepte mes sentiments, je découvre leur utilité. Toutes mes frustrations s’évaporent grâce au travail que je fais sur, et avec, moi.

Nous sommes nombreuses. Nous sommes nombreux. Le chemin est long, et c’est ce qui le rend si beau. Nous sommes plein de conviction et nous faisons des erreurs. La route est sinueuse. Le défi est grand. Soyons tolérants.

La confiance, la gratitude, l’humilité. Et si toute l’action à porter résidait dans ces trois valeurs universelles ?

[Ce texte rédigé il y a 4 mois dans un grand moment de questionnement. Depuis je travaille beaucoup l’acceptation — qui n’est pas la résignation ! — et je me sens beaucoup mieux, vis à vis de moi comme de mon entourage proche. Ca vous parle ?]

    Claire Pétreault
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