écriTech’9 — “Réinventer la forme scolaire à l’heure du numérique” : retour sur la table ronde inaugurale.

En 2017 lors des éditions d’écriTech et des Rencontres de l’Orme, les membres de la communauté éducative avaient interrogé les liens, les interactions et les tensions entre numérique, appropriation, partage et construction des savoirs à l’École. S’il est vrai que le numérique change les modes de transmission des connaissances et permet de nouvelles scénarisations, l’on peut se demander si la « forme scolaire » ne doit pas globalement évoluer pour soutenir ces transformations.

Les expérimentations mises en valeur lors de ces deux manifestations ont conclu à la nécessité d’imaginer des formes scolaires susceptibles d’améliorer les processus d’apprentissage, de cultiver l’humain, de favoriser le développement personnel, le vivre ensemble et le bien-être collectif.

Cette nouvelle édition visait ainsi à interroger les nouvelles formes scolaires envisageables ou déjà expérimentées dans les établissements, et d’apporter un éclairage à la fois côté recherche et côté terrain.

Énoncé de la problématique par Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Cette première journée du colloque, mercredi 4 avril, s’ouvre en dépit des intempéries météorologiques… et sociales, de nombreuses personnes ayant été amenées à faire du co-voiturage, faute de trains ou d’avions !

Cette matinée s’ouvre donc presque sans encombres, sur un mot d’accueil de Sophie Fouace, directrice territoriale PACA de Réseau Canopé, suivie par Isabelle Polizzi, doyenne des inspecteurs de l’académie de Nice, pour Emmanuel Ethis, recteur de l’académie.

Retrouvez l’intégralité du discours d’ouverture ici :

L’équipe des Actes Autrement, qui vise à rendre compte des échanges et à “augmenter” le compte-rendu de ce colloque, s’est attelée à plusieurs dispositifs, parmi lesquels les écriCartes, des cartes rassemblant de nombreuses informations à propos de nos intervenants et des sujets qu’ils abordent.

Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, prend ensuite la parole pour présenter la thématique de cette année : “Réinventer la forme scolaire à l’heure du numérique”.

Retrouvez à ce sujet le dernier rapport de François Taddéi, co-fondateur et directeur du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires), intitulé “Un plan pour co-construire une société apprenante” :

Retrouvez la totalité de son intervention en vidéo :

L’écriCarte de Catherine Becchetti-Bizot centralise un certain nombre de ressources et liens, à retrouver ici :

Catherine Becchetti-Bizot s’est également prêtée au jeu de l’interview “flash”, pour répondre à la question “Qu’est ce que la forme scolaire ?” :

Une autre interview, réalisée par Ludomag, à cette occasion, est disponible ici :


Suite à cette introduction, qui a posé le cadre des réflexions qui vont être menées durant ces deux jours, place à la première table ronde de ce colloque.

Table-ronde 1 : « Les enjeux de la forme scolaire dans la classe »

Table-ronde présidée par Bruno Devauchelle, professeur associé et chercheur au sein de l’université de Poitiers, directeur du département IME, membre du Laboratoire TECHNÉ, avec :

  • Vincent Faillet, professeur agrégé en lycée, doctorant en sciences de l’éducation à l’université Paris-Descartes, auteur de « La métamorphose de l’école quand les élèves font la classe » (éd. Descartes et Cie, 2017)
  • Xavier Garnier, enseignant en mathématiques au lycée Pilote Innovant International (LP2I), ambassadeur de la Future Classroom Lab (FCL) en France pour European Schoolnet, chargé de mission DANE Poitiers
  • Éric de Thoisy, doctorant en architecture, laboratoire LAVUE, sous la co-direction de Véronique Fabbri (Université Paris 8) et Milad Doueihi (Chaire Humanum, Labex OBVIL, Paris 4) ; thèse réalisée en partenariat CIFRE avec l’agence d’architecture SCAU, Paris

Livres, emplois du temps par disciplines découpées, fournitures scolaires, espaces d’apprentissage, programmes, critères d’évaluation : la forme scolaire est conditionnée par de nombreux aspects.

Bruno Devauchelle compare, sur le plan architectural, des lieux que tout devrait séparer : les prisons et les écoles. Des lieux pourtant similaires en termes de répartition des espaces, qui posent question : s’agit-il de lieux où l’on peut vraiment échanger ?

Toujours du point de vue de l’architecture, l’on peut retrouver des ressemblances flagrantes entre des espaces qui n’ont rien à voir entre eux, comme l’école d’une part, et des lieux religieux, tels que les abbayes d’autre part, dédiés au recueillement.

L’intervention complète de Bruno Devauchelle est disponible ici en vidéo :

L’écriCarte dédiée à Bruno Devauchelle, avec de nombreux liens vers ses publications, articles, chroniques etc., pour “augmenter” son propos, est disponible ici :

La forme scolaire, figée dans une architecture et une répartition de l’espace immuable ? Vincent Faillet, professeur agrégé en lycée, doctorant en sciences de l’éducation à l’université Paris-Descartes, auteur de « La métamorphose de l’école quand les élèves font la classe » (éd. Descartes et Cie, 2017) se penche sur la question.

Vincent Faillet met au défi la salle : si l’on rentre une requête sur des moteurs de recherche autour des termes “école” et “futur”… on se rend compte que les résultats tournent tous autour d’une projection simplement “numérisée” de notre présent. Une forme scolaire sensiblement identique… mais avec des tablettes et des outils numériques.

“Si on ne modifie pas l’espace, on ne peut pas changer la pédagogie” : Vincent Faillet revient d’ailleurs en une minute sur cette notion, en vidéo, pour l’équipe des Actes Autrement du colloque :

Pour illustrer sa démarche de réaménagement de l’espace sur le principe de la “classe mutuelle”, Vincent Faillet nous partage des images de sa propre classe :

Retrouvez plus de détails sur l’ouvrage de Vincent Faillet “La métamorphose de l’école quand les élèves font la classe” ici :

L’intégralité de l’intervention de Vincent Faillet en vidéo est disponible ici :

L’écriCarte dédiée à cet intervenant, augmentée d’un certain nombre de liens et réalisée collaborativement par l’équipe des Actes Autrement grâce aussi aux contributions de la salle, est ici:

Ludomag a également pu interviewer Vincent Faillet sur son expérience de la classe mutuelle, à retrouver ici :

Xavier Garnier, enseignant en mathématiques au lycée Pilote Innovant International (LP2I), chargé de mission DANE Poitiers, prend alors la parole pour présenter la Future Classroom Lab (FCL), un laboratoire pédagogique pour repenser les espaces en fonction des situations d’apprentissage.

Xavier Garnier évoque tout d’abord un rapport de l’OCDE, “Connectés pour apprendre”, qui débutait en indiquant que la technologie n’apportait pas une plus-value claire pour les apprentissages. L’une des interprétations de ce rapport a été que l’on ne mettait pas encore en œuvre des scenarii permettant de rendre ces technologies efficaces… Mais alors, pourquoi se contraindre à mettre en œuvre de nouvelles pédagogies (afin de rendre les technologies efficaces) si les “anciennes” fonctionnent déjà sans technologies ?

Xavier Garnier dresse alors un constat sans appel : notre société est déjà hyper technologique, et en passe de l’être plus encore avec la montée de l’intelligence artificielle. L’École ne peut pas se permettre d’en être coupée, si elle veut préparer les citoyens de demain à y vivre. Alors, quels rapports allons-nous décider d’entretenir avec la technologie ?

Ainsi, le besoin de développer de nouvelles compétences, pour s’adapter à la société de demain, nécessite de créer de nouveaux scénarios pédagogiques, où ces compétences vont être sollicitées… et pour réussir à mettre les élèves en action dans ces nouveaux scénarios, il faut souvent s’émanciper de l’existant et des tables “en bus”, et repenser la totalité de l’espace classe…

Retrouvez l’intervention de Xavier Garnier durant cette table ronde en vidéo, ici :

Si vous voulez tenter l’expérience du Future Classroom Lab dans votre établissement, retrouvez ici une “boite à outils” dédiée !

Xavier Garnier s’est ensuite prêté à l’interview “flash” des Actes Autrement en revenant sur les points abordés durant la table ronde :

L’écriCarte dédiée à Xavier Garnier est quant à elle consultable via ce lien :

Éric De Thoisy, doctorant en architecture au sein du laboratoire LAVUE, sous la co-direction de Véronique Fabbri (Université Paris 8) et Milad Doueihi (Chaire Humanum, Labex OBVIL, Paris 4), prend ensuite la parole pour aborder cette question de la forme scolaire.

Éric De Thoisy évoque le glissement de la notion d’apprentissage (et avec elle, celle de la transmission) avec l’informatique : l’apprentissage devient un principe technique, qui fait fonctionner les machines (machine learning), et ne se limite plus à la manière dont les humains réfléchissent et apprennent.

Éric De Thoisy conclut son intervention en indiquant que c’est par l’usage que l’on donne une signification aux lieux. La signification d’un lieu, d’un espace, n’est plus donnée par l’architecte lui-même, mais par les usagers du lieu.

Retrouvez l’intervention d’Éric De Thoisy en vidéo ici :

L’écriCarte consacrée à cet intervenant est disponible ici :

Place à un temps d’échanges entre nos intervenants et la salle pour clore cette table ronde inaugurale :

Cette table ronde (et cette matinée) s’achèvent sur un mot conjoint du recteur de l’académie de Nice, Emmanuel Ethis, et du directeur général de Réseau Canopé, Jean-Marie Panazol :

Merci à tous pour les échanges de cette matinée !