Le travail et la tyrannie du temps, c’est fini. Comment Elsa a décidé de changer de vie.

Tu te réveilles, 7h00, trace d’oreiller sur la joue. Tu regardes l’horloge, petit tour sur Facebook, Twitter et Instagram. Et merde, déjà trente minutes que tu es là à perdre ton temps, maintenant c’est la course pour te préparer et aller au boulot. Manger ? Non tu n’as plus le temps. Un café au bureau, ça suffira pour tenir jusqu’à 12h.

Quai du métro, les yeux rivés sur le panneau lumineux. 6 minutes d’attente. “Non mais c’est une blague !” Pile le jour où tu es à la bourre. Tu sors ton portable, candy crush fera passer le temps. Le métro arrive, bien sûr il est bondé. Tu regardes tous ces yeux cernés, dans le wagon il semble n’y avoir que des personnes qui subissent ce début de journée. Tu arrives enfin au bureau, accroche ton manteau, pose ton sac et hop, tu allumes ton ordinateur. T’ouvres tes mails : 34 non lus. “Mais pourquoi ???” Ah c’est bon, juste les collègues qui se félicitent entre eux de bon matin.

Dans tes mails tu vois des mots comme URGENT, ASAP, à date, deadline. DEADLINE c’est un peu comme le mot Tumeur. L’air de rien, il t’annonce ta fin. Tu sens que la pression va monter dans la journée. Pioup, le logo de Skype qui saute sur place. Un collègue qui te demande quelque chose en urgence « tu comprends le client à besoin de ça maximum demain matin car il présente son dossier devant le Président, on n’a pas le choix ». Le téléphone qui sonne : « Bonjour c’est M. Client, j’ai besoin que vous modifiez ci, ça et ça. Pour cet après-midi. Merci ».

Et toi, tu es là, à regarder ton Google Agenda et à te demander comment tu vas bien réussir à caler tout ça… C’est simple, ça va se finir en une énième charrette. « Pas le choix, client first… »

A midi, tu manges vite fait ta salade. Cette fois-ci tu prends le temps d’aller à la cantine avec les collègues, mais en tout et pour tout tu restes 15 minutes à table. Est-ce que tu as pensé à mâcher en mangeant ? Non, c’est juste une question comme ça que je te pose.

Hop, vite fait un thé et de nouveau devant ton ordi. En plus des urgences, tu dois gérer les multiples réunions de la journée. Réunion d’équipe, point projet avec le client, pitch des commerciaux. Bordel, mais comment réussir à travailler sur tes dossiers avec tant d’heures à ne faire que discuter ! Et dans ta tête se bouscule le planning de ta soirée. “Mince, il est 16h et je n’ai toujours par rendu ma propale pour le client X et le dossier du client Y pour sa réunion. Comment je vais faire ? OK j’annule le cinéma avec le chéri, je pars du travail à 19h, le temps d’arriver à l’appart il sera 19h40, vite fait des courses à Monop. 20h15 je mange, 20h30 je me remets devant l’ordi. Bon OK je pense que pour rendre tous mes dossiers, minuit ça devrait le faire.”

Il est 23h, tu te dis « encore quelques slides et c’est bon » . Tu es fatiguée et tu as décidé de faire l’impasse sur un certain nombre d’éléments. Le perfectionnisme attendra demain. Ce soir, tu n’as plus le goût, tu n’as plus la patience. Une fois les dossiers bouclés et envoyés, tu te retrouves devant ton ordi, désemparée, à rechercher un sens à ta vie. A quoi bon vivre des journées pareilles? Stressantes, peu intéressantes et surtout si agressives. Tu te sens agressée par le temps. Toujours à courir après, sans jamais profiter. L’instant présent t’en as vaguement entendu parler mais pour toi ça n’a pas sens tout simplement parce que tu cours, toujours affairée à planifier les prochaines tâches à exécuter. Tu es devenue esclave d’une to do list.

Tu te couches crevée, les yeux à peine démaquillés. Tu te prends à rêver d’une autre vie et tu t’endors en te promettant que demain ce sera différent. Parce que demain tu vas te mettre en action pour vraiment changer de vie. Ça ne va pas être facile, mais tu vas t’accrocher.

Honnêtement Elsa, entre nous on peut se le dire, quelle bonne journée de merde !