Une chanson de peu

Il y a des chansons de peu qui reviennent telles le ressac de la mer qui fait indéfiniment s’échouer la vague sur la plage.

Parfois nous les cachons sous le tapis de nos nostalgies, sous les coussins de nos pleurs, sous la ligne de flottaison de ce que nous montrons à nos intimes.

Souvent, nous les réécoutons sans avoir le sentiment que le temps est passé. Elles nous font rajeunir. Elles nous indiquent aussi qu’il y a quelque chose que nous n’avons pas voulu laisser passer. Elles nous révèlent un poids dans notre passé, comme pour nous rassurer. Comme pour lester nos envolées. Comme pour lutter contre notre fin certaine. Dans l’éloge d’une lenteur.

Parfois, nous réécoutons en nous disant pourquoi pas. Pourquoi avoir fait le choix de continuer comme si la chanson qui revenait sans cesse n’avait aucun impact ? Après tout, c’est logique, pourquoi donner de l’importance à une chanson de peu. Pourquoi parlons nous de notre chanson de rencontre ? Marquer le moment, marquer la durée, en creux. Marquer la fin plus on s’éloigne de la première écoute.

Souvent la chanson n’est pas celle d’une rencontre mais d’une image, d’un mirage. D’un instant. D’une seconde d’éternité où nous nous sommes évadés. Était-ce du fait de l’autre ou de notre capacité à oublier ce qui nous oblige ? La chanson de peu nous fait-elle replonger dans cette non promesse faite à nous mêmes de lutter contre ce qui ne nous plait pas mais que nous acceptons parce que c’est plus facile ?

Et parfois, nous regardons les choses telles qu’elles sont sans plus nous demander pourquoi. Nous les acceptons. Nous les changeons. Et la chanson de peu passe.

S’il fallait être certain… la chanson de peu nous rappelle que nous sommes toujours à la recherche d’une lumière pour nos vies d’Hommes romantiques.