Solstice hivernal sur l’île de Sein

Réflexions issues d’un pas de côté, au bout d’un monde qui part en vrille…

// BO senane // http://open.spotify.com/track/4jOlU4xPw8KaeW99zBasfz

Le besoin d’une île a grandi petit à petit dans les rues parisiennes entre états d’urgence, conférence mondiale supposée sauver notre planète (et surtout son humanité) et poussée de fièvres aux élections.

L’île de Sein allait répondre a ce besoin, c’est pratique de vivre près du bout du monde.

De Sein était partis les premiers résistants en juin 40. La vérité est sûrement plus compliquée mais ce symbole reste.

Résister à quoi ? En un mois toutes les raisons qui nous poussent à résister ont (re)fait surface brutalement. Attentats, climat, élections. Quand tout semble. décrocher, il est bon de retrouver les rochers a raccrocher. J’aime bien cet aphorisme de Jancovici «s’occuper des problèmes avant que les problèmes ne s’occupent de nous.»

L’esprit du lieu

Plas ar scoul.

Clin d’œil à l’école de nos vies peut-être. Hasard du lieux. Je découvre dans le bouquin embarqué la geomantique chinoise de François cheng. Clin d’œil marqué a la geopoetique écossaise de Kenneth White, l’écrivain par excellence des lieux. Premier rocher sur ce bout de terre qui lévite 1,5m au dessus des flots.

Ici, à l’extrême bordure de notre continent, la tempête élime sans bruit les rochers et les doux sentiments.

Quelles tempêtes éliment nos sociétés ?

Des tempêtes visibles dans les rues du Xe arrondissement et les urnes du XXIe siècles. D’autres invisibles qui se préparent dans les officines des banques centrales. Ou celles que l’on aborde diplomatiquement dans les conférences climatiques et géopolitiques.

Les raisons de se résigner ne manque pas.

Le rappel général

Place du général de gaule. Grise et vide.

Habitue des tempêtes, les senans savent y réagir. En mer l’inaction est la mort. Ils ont cultivé le réflexe de ceux qui affrontent souvent le danger. Sein n’est pas un village mais un port où mairie et église sont aussi grandes que les baraquements des quais.

Pris dans le tumulte d’une invasion barbare, les Senans ont réagi et sont partis vers la liberté incertaine. Au prix de l’abandon de leurs proches, de leurs vies. De leur île.

En l’abandonnant à cet instant, ils permettaient qu’elles puisse redevenir elle-même un jour.

Loin des calculs parisiens, ils ont répondu à l’appel d’un voyage sans retour.

Nous ne sommes pas en 40 mais gardons en têtes que les réactions n’émergent pas des salons parisiens mais de tiers lieux anonymes.

Dernière troquet résistant à l’hiver.

Point de passage obligé des voyageurs d’un jour.

La météo nous fait quitter l’île plus tôt et vers une autre destination. Partir d’un port pour revenir à un autre. Symptôme d’un voyage qui nous change. Les aléas des tempêtes bouleversent les plans prévus. Ce n’est pas un problème, voilà la réaction innée d’hommes habitués à s’adapter, à ne pas abandonner.

Et nous autres, terriens ?

Qu’avons nous abandonner?

Qu’avons nous à abandonner?

Abandonner nos certitudes pour ne pas cancériser nos sociétés.

L’incertain comme la tumeur fait peur.

Ne pas la laisser gagner, appeler le tumulte de l’action comme remède.

Le jour le plus court

Si ne pas s’avouer vaincu est avoir raison, ne pas se résigner est alors une bonne résolution.

L’humilité d’une île et de ses habitants. Elle est la force même qui ne se dérobe ni a l’hostile ni à l’absurde.

L’île de Sein fait front aux tempête.

Et du jour le plus court, se dessine l’horizon a ne pas perdre de vue.

Ile de Sein, solstice d’hiver 2015

MAJ 10.01.2016

http://lifehacker.com/give-yourself-a-think-break-to-keep-your-long-term-wo-1752113960?utm_campaign=socialflow_lifehacker_twitter&utm_source=lifehacker_twitter&utm_medium=socialflow

Et ensuite ?

https://medium.com/insurge-intelligence/how-to-change-the-world-in-three-easy-steps-92d7ca576fc1#.ik1j41nnr

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.