5 raisons pour lesquelles TGV ne doit pas devenir « inOui »

Mais c’est pas possible ! Et si… Après OUIGO, SNCF annonce un nouveau nom pour ses TGV classiques, c’est « inOui ». Voici en 5 points les raisons pour lesquelles c’est bien regrettable.

N°1 : Il y a eu des cas similaires

En communication comme en économie, on fait souvent la même erreur : ne pas tenir compte des expériences du passé. Ainsi, quand on touche à une marque historique, à travers son nom ou son logotype, on s’expose à des retours de flamme vigoureux, avant de faire machine arrière.

Gap, le nouveau logo qui ne passe pas

En 2010, la chaîne de magasins de vêtements américaine dévoile sur Internet son nouveau logo « plus moderne ». Mais son esthétique n’est pas appréciée du grand public et le « rebranding » tourne au « bad buzz ».

À gauche, le logo historique de Gap, à droite, le nouveau

Les consommateurs ne veulent pas de ce changement et le font savoir sur les réseaux sociaux. S’ajoute à cela le jugement des graphistes du monde entier qui se lancent à cœur joie dans de nombreux détournements du logo.

Résultat : Le nouveau logo n’aura vécu que sept jours.

Consignia, nouvelle marque de la poste britannique

En 2001, la compagnie postale britannique, en quête de modernisation change son nom corporate pour « Consignia ». Un nom en latin, dans la tendance de l’époque, comme Vivendi ou Vinci.

À gauche, le logo des bureaux de poste et de Royal Mail, à droite, le logo du groupe Consignia

La nouvelle marque fût très impopulaire auprès du public, comme des employés, et sera abandonnée au bout de seulement 15 mois.

N°2 : inOui abîme le nom TGV

Pour clarifier les choses, TGV reste le nom des trains, de la machine qui roule sur les rails. inOui n’est donc pas le nouveau nom des TGV, mais du service TGV. Et c’est bien là le problème, il relègue le nom TGV à un modèle de machine, plutôt qu’à une expérience.

Ça, c’est la France qui a fière allure !

TGV est un nom connu à l’international et qui a fait la fierté de notre pays. Nombreux sont nos voisins, comme le Royaume Uni, qui envient le TGV. C’est une marque qui véhicule une histoire, des prouesses et une aspiration à la vitesse et à l’innovation. À l’approche de l’ouverture à la concurrence, pourquoi donc reléguer une aussi belle marque à un terme technique ?

N°3 : inOui et OUIGO, la confusion avec le low cost

Avec inOui, la SNCF souhaite sans doute redorer l’image de son offre premium face à la concurrence des bus et des avions. Mais on peut se poser la question de la ressemblance auditive avec OUIGO, le TGV low cost.

Par Kabelleger / David Gubler — Travail personnel, also available at https://bahnbilder.ch/picture/22449, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48825591

Lorsqu’un groupe possède une gamme premium et une gamme low cost, il faut dissocier les deux, avec des noms biens différents. C’est le cas pour Air France et Transavia dans l’aviation ou Orange et Sosh dans la téléphonie. D’un côté un nom référence, de l’autre une marque plus courte qui colle à une image jeune et bon marché.

Sauf que OUIGO et inOui ont la même construction : le mot « Oui » accolé à un morceau d’anglais (in ou go). Qui est le premium ? Qui est le low cost ? Le niveau de gamme n’apparaît pas immédiatement dans le nom. Une confusion plutôt qu’une clarification dans l’offre de la SNCF.

N°4 : Parce qu’on continuera à dire TGV !

De la même façon que certaines personnes continuent à dire FR3 au lieu de France 3 ou d’autres Paris Bercy plutôt qu’Accord Hotel Arena, il serait temps que les entreprises qui opèrent des changements de noms comprennent qu’on ne gomme pas les habitudes du grand public en claquant des doigts.

Bien que France 3 se nomme ainsi depuis 1992, « FR3 » est toujours utilisé pour les recherches Google en 2017.

Car malgré les retards et problèmes qui peuvent survenir lors de nos voyages, on l’aime notre TGV. Pour preuve, depuis l’annonce de la nouvelle marque inOui, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux et elles ne sont pas forcément positives.

Voir #inOui sur Twitter.

N°5 : Un nom propice au détournement

On ne compte plus le nombres de blagues sur la SNCF et les retards… Et ce nouveau nom ne va pas arranger la situation. Si dans l’esprit collectif, inOui n’est pas prêt de remplacer TGV, il semble cependant être déjà adopté lorsqu’il s’agit de se moquer de la SNCF et de son service.

Bonus : Parce qu’il faudrait faire appel à des designers plutôt qu’à des communicants.

Roger Tallon, père du design SNCF. © ADAGP, Paris / photo : Les Arts Décoratifs, Paris
One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.