thecamp, le rêve d’un homme devient réalité

Fin 2013, quand je suis entré dans le bureau de Frédéric Chevalier pour la première fois, j’ai tout de suite remarqué cette grande photo suspendue au mur au-dessus de lui : une sorte d’OVNI posé dans un paysage de Provence, la vue réaliste d’un campus futuriste, éclairé au crépuscule. Quand il m’a dit qu’il se donnait 3 ans pour le réaliser, je l’ai pris pour un fou. Et pourtant…

Quelques semaines plus tard, nous étions quelques-uns autour de lui, réunis pendant tout un week-end pour l’aider à formaliser ce qui deviendra bientôt thecamp : ce lieu d’exploration du futur. Les séminaires de travail se sont alors enchainés. C’était vraiment passionnant et souvent très animé.

Fred pendant le second séminaire de travail, février 2014.

Le premier cercle constitué de 7 personnes s’est progressivement agrandi. Quatre mois après le premier séminaire, il m’a chargé de concevoir le film de présentation du projet et, moins d’un an plus tard, le chantier commençait.

Film corporate thecamp, juin 2014. Réalisé par Christophe Luparini, produit par Lionel Payet Pigeon, La Planète Rouge.

Demain aura lieu l’inauguration de thecamp.

Fred s’est juste trompé de quelques mois. Pendant ces 3 années à travailler à ses côtés, j’ai souvent pensé à ce jour où nous serions devant le campus éclairé, tel qu’il était sur la simulation d’architecte. Je m’imaginais lui glisser ces mots à l’oreille : « tu vois, tu l’as fait ! ». Malheureusement Fred ne sera pas avec nous. Mais son esprit nous accompagne et il continuera longtemps d’habiter les lieux. Il avait horreur des cérémonies, des trucs protocolaires et des hommages pompeux. Il refusait également de se mettre en avant, sauf quand il jugeait que c’était nécessaire au projet. Il répétait souvent aux membres de l’équipe et aux partenaires fondateurs : « ce projet sera ce que vous en ferez !».

Chantier thecamp, début septembre 2017. Corinne Vezzoni & Associés architecte
Chantier thecamp, début septembre 2017
thecamp, la nuit, à J-3 de l’ouverture officielle.

Son rêve était de venir habiter sur le campus, d’assister en spectateur anonyme aux conférences et aux activités. En son hommage, il n’y aura surtout pas de plaque ni de portrait de lui dans l’entrée du campus. Fred aurait eu horreur de ça. En guise de clin d’oeil amical, nous lui avons simplement fait dédicacer l’un des sièges de l’amphi. Au dernier rang, perdu parmi les autres, un fauteuil porte désormais la mention « Frédéric », à la place d’un numéro. Une place qu’il aurait sans doute occupée naturellement, discret au milieu du public. Personne, parmi ceux qui l’ont connu, n’osera sans doute occuper cette place. Ce fauteuil vide symbolisera à la fois son absence et sa présence parmi nous. Et puis, très vite, ceux qui ne connaissent pas l’histoire occuperont la place. Ils seront de plus en plus nombreux avec le temps. Et c’est tant mieux. Il l’aurait souhaité.

Travailler aux côtés de Fred ces 3 années, m’a appris beaucoup de choses. J’en retiens une, la plus importante : la force d’un homme, sa volonté, sa persévérance, peuvent franchir tous les obstacles et transformer les rêves en réalité.

Bravo et merci encore Fred ! Demain nous penserons tous à toi !

Like what you read? Give Eric Viennot a round of applause.

From a quick cheer to a standing ovation, clap to show how much you enjoyed this story.