Quelques réflexions sur le nouveau Surface Laptop de Microsoft

Le nouveau laptop de Microsoft est une très belle machine. Il n’y a pas de doute là-dessus. Mais au-delà du design, en quoi ce produit est-il une Surface?

Jusqu’à présent, il y avait trois types de modèle:

  • Les Surfaces Pro centrées autour d’une tablette à laquelle on peut connecter un clavier;
  • Les Surfaces Book, à mi-chemin entre le laptop et la tablette (un flop commercial à tort à mon avis);
  • Les Surfaces Studio correspondant à un ordinateur de bureau dont l’écran tactile est la pièce maîtresse.

Dans les trois cas, l’utilisateur interagit principalement avec l’écran alors que la connectique et l’interface sont réduites au minimum tout en conservant toutes les qualités d’un ordinateur avec souris. C’est ce qui distingue les Surfaces de la concurrence, notamment d’Apple.

Avec l’arrivée des Surfaces Laptop pourtant, cette omniprésence de l’écran se perd. C’est un laptop comme un autre disposant d’un écran tactile. Le clavier est innovant avec un revêtement esthétique rappelant les claviers des Surfaces Pro, mais ce périphérique n’est pas ce qui définit les Surfaces.

Ce qui interroge d’autant plus, c’est que cette nouvelle gamme vient concurrencer les Surfaces Pro avec des prix aux alentours de 1000 CHF soit à peu près les mêmes tarifs.

Tout cela me donne l’impression que Microsoft avait besoin d’un device pour accompagner le lancement de Windows 10 S. Et que tant qu’à faire, autant surfer sur la marque Surface. Mais pourquoi alors ne pas continuer avec les Surfaces Pro qui pouvaient faire le job?

L’objectif des Windows 10 S vise à cibler les étudiants. C’est une clientèle qui a des moyens limités et qui dès lors ne peut s’offrir qu’un seul ordinateur là où les personnes actives ont généralement plus de moyens. Dans ce cadre, proposer un nouveau produit de type laptop, c’est admettre que les Surfaces Pro ne conviennent pas comme machine principale (et unique). Il est possible de les convertir en ordinateur de bureau via un dock mais ce dernier coûte 200 CHF soit un quart du prix de vente. Les Surfaces Laptops prennent donc tous leurs sens.

L’on pourra s’étonner que Microsoft cible une audience aussi restreinte. C’est pourtant une vieille stratégie Marketing. Plus tôt vous imprimez des habitudes chez un consommateur, plus difficile il leur sera de changer de marque.