Grand chelem Paris Bercy : une compétition hors du commun

La tension est palpable. Chacun est assis dans son coin, dans sa bulle. Chaque nation est répartie dans cette salle d’échauffement du tournoi de judo Paris Bercy devenue l’Accor hôtel Arena. À huit mois des jeux olympiques tous savent l’importance de ce tournoi qui permet de rapporter 500 points en vue d’une qualification olympique.

Une journée pleine de surprise.

La journée débute sous les chapeaux de roues. Il est neuf heures du matin et déjà quatre Français prennent place sur le tatami. Bercy ressemble à une arène. Le public est surélevé et les athlètes sont placés au centre. Avant chaque combat les athlètes passent par la chambre d’appel situé en dessous des gradins. Après une vérification des kimonos (taille réglementaire, logo approuvé) ils patientent dans la salle d’appel. Concentrée Emilie Andéol a les yeux perdus dans le vague. Elle est l’une des favorites de ce championnat. Championne d’Europe des +78kg et victorieuse l’an passé elle compte bien récidiver. « Combattre à Paris c’est un peu comme combattre à la maison. C’est tellement galvanisant que je vais tout donner pour gagner.» Trois caméras sont pointées sur elle. Lorsque le speaker énonce son nom et que la foule l’acclame elle réalise son entrée en lice. L’Ukrainienne déjà sur le tatami lui fait face. 97kg pour 1m 70 le regard sévère, elle est prête à en découdre. Kindzerska Iryna impose son bras droit et met sous pression la française qui ne trouvent pas de solution. Sanctionnée pour non-combativité Emilie perd le combat et est donc éliminée de la compétition. Coup de massue dans le clan français qui voit l’une de ses favorites éliminée au premier tour de la compétition.

C’est sous les huées que l’Ukrainienne quitte le tapis. Mais l’effroi est de courte durée. Un français, jusqu’alors méconnu du grand public, devient le nouveau chouchou du public de Bercy : Julian Kermarrec. Fixant un point que lui seul peut voir, il s’avance conquérant sur ce tapis numéro quatre situé à l’opposer de la salle d’appel.

Le temps de traverser la salle, il se « nourrit » des encouragements du public. Souvent dans l’ombre de Loic Pietri** il sait qu’il a tout à gagner de cette compétition. Les cris et les applaudissements le poussent en avant et le galvanisent. « C’est énorme d’entendre tout le monde crier son prénom. Ma famille et mes amis ont fait le déplacement. Ce dire que toutes les personnes qui comptent sont là c’est incroyable. On entend aussi des inconnus nous supporter et croire en nous c’est vraiment stimulant. » L’adrénaline grimpe, ses mains strappées sont moites et son kimono est impeccablement ajusté. Un dernier regard au coach et c’est parti. Comme porté par la foule qui scande son nom, il fait une entrée en compétition remarquée. Il se défait aisément du slovaque avec une magnifique technique de jambe. Une mise en confiance qui lui permet d’avancer dans la compétition. C’est en quart de finale que sa route sera freinée par le Russe, puis par le Hongrois en finale de repêchage. Peu importe, bien que la médaille ne soit pas au bout il a marqué les esprits.

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